I. Caractères macroscopiques
A. Épithélioma. — a. Cervical. —Vépithélioma cervical reconnaît cliniquement trois formes principales (fig. 119) :
La forme cancroîdale, la plus fréquente, prend naissance à l'extérieur du museau de tanche, se développe surtout en surface et a tendance à végéter sous forme de fongus, de choux-fleur. Elle peut apparaître en trois points différents : 1° le plus souvent, dans la continuité de l'une des lèvres et, dans ce cas, se développe surtout vers les culs-de-sac vaginaux et les tissus péri-utérins, n'envahissant qu'aune période avancée la cavité de l'utérus et l'épaisseur de
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son tissu; 2° à l'orifice du museau de tanche, et s'étend alors avec une égale rapidité vers la cavité utérine et le vagin (Cornil) ; 3° aux limites du vagin, pour, de là, gagner en tous sens et surtout vers la vulve.
La forme cavitaire, qui tire son origine du revêtement muqueux intra-cervical, envahit rapidement le corps utérin. Elle végète parfois, à la façon des polypes muqueux, mais, le plus souvent, évide insidieusement le col et peut avoir atteint le tissu cellulaire sans même pouvoir être soupçonnée de l'extérieur.
La forme nodulaire (parenchymateuse, carcinome du col), accompagne l'une des précédentes ou existe isolément. Elle naît, à l'état de noyaux circonscrits ou infiltrés, dans l'épaisseur même du col (ordinairement augmenté de volume et induré) et très prohablement dans le fond des culs-de-sac glandulaires dont l'épi thélium a été modifié, ou non, dans le sens pavimenteux, du fait de l'ectropion. Elle se développe rapidement en tout sens et ce n'est que tardivement, souvent lorsque l'utérus est déjà fixé, que les nodules viennent s'ouvrir du côté du vagin ou du canal cervical, déterminant une ulcération à bords calleux et infiltrés, à surface inégale, ordinairement non végétante.
Évidemment, ces trois formes principales de l'épithéHome cervical ne sont pas toujours absolument tranchées [ainsi, la forme dite superficielle, cancroïdale, peut s'accompagner, dès ses débuts, de traînées assez profondes dans l'épaisseur du parenchyme (fig. 120)] et si elles sont ordinairement distinctes à l'origine, elles peuvent se confondre plus ou moins entre elles, à une certaine période de leur évolution. Mais il existe ordinairement une ligne de démarcation assez nette entre le néoplasme envahissant du col, quelle que soit son origine, et le corps utérin qui le recouvre à la manière d'une calotte. Quant à la propagation du néoplasme à distance, du col vers le corps, sous forme de noyaux métastatiques, c'est un fait tout à fait exceptionnel : Pozzi n'a pu en réunir que six cas.
b. Épitiiélioma coRPORÉAL. — Jusqu'au mémoirc dc Simpson (1874), le cancer du corps utérin était généralement considéré comme toujours secondaire à celui du col. Depuis, grâce à l'intervention de l'histologie, il s'est montré de plus en plus fréquent, si bien que, dernièrement (Congrès de Dresde, 1891), Léopold, Klotzet Meinert ont pu, à eux seuls, en rapporter 46 cas tirés de leur pratique. 11 serait cependant prématuré de vouloir supputer la fréquence relative du début du néoplasme dans les deux segments de l'organe. Pichot (1873) eî^time qu'il existe 6 cancers primitifs du corps pour 100 du col; Schroder (1886), 3 p. 100; Wylie (1890), 10 p. 100.
Vépithéiioma corporcal se prcsenle ordinairemenL sous forme d'une bouillie fongueuse tapissant, sur une certaine épaisseur, la caviLé
Fig 120. — Cancroïde du col, limilé à la lûvre postérieure, avec traînée iutraparenclijniatcuse (enlevé par hystérectoraie vaginale totale) (Paul Petit et S. Bonnet).
de l'organe (fig. 121). Plus rarement il revêt les apparences d'un polype^ Cornil en a décrit un cas tout à fait analogue, comme origine et développement, à la forme nodulaire du cancer cervical. 11 s'étend rapidement à toute l'épaisseur de la paroi utérine, à l'état
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d'infiltration disséminée ou de noyaux indurés qui,, parfois, font nettement saillie sous le doigt, au cours de l'examen clinique. Il s'ar-
Fig. 121. — Épitbéliorao du corps de l'utérus (d'après Sclirôder).
rète volontiers, comme le cancer du col, de marche inverse, à l'orifice interne.
B. Sarcome. — a. Cervical. — Le sarcome localisé au col est très rare, et se présente ordinairement sous forme de tumeurs en grappes, très friables, appendues aux lèvres du museau de tanche (fig. 122).
h. Sarcomk COIIPORKA.L. — Le sarcome du corps doit être distingué en sarcome de la muqueuse et en fibro-sarcome, ou mieux, sarcome interstitiel, pour ne rien préjuger.
Fig. 122. — Myo-sarcome on grappe du col (Pernice).
Le sarcome de la muqueuse (fig. 123) se présente sous forme mamelonnée ou ulcéreuse, et s'accompagne d'une hypertrophie générale de l'organe, tout en respectant le col (Tci-rillon). D'après des faits de Léopold et de Kaltenhach, il semhle qu'il puisse lircr parfois son origine du myxome chorial lequel, du reste, pourrait perforer la
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paroi utérine, à la façon d'un néoplasme malin (Virchow). Nous n'avons pas à nous occuper ici du déciduome malin inéktstatique ou sarcome décidual (Sânger), qui naît au cours du pucrpérium et dont la cellule type est la cellule déciduale.
Fig. 123. — Sarcome de la muqueuse utérine (Doléris).
Le sarcome interstitiel se présente sous forme diffuse, polypeuse ou kystique. Dans le premier cas, il envahit, presque en même temps, toute l'épaisseur du muscle, de façon à donner à l'ensemble de l'organe un volume parfois énorme; quand la tumeur est polypeuse, elle pousse des racines tout autour de son pied. Les veines
périphériques sont toujours beaucoup plus volumineuses que dans le cas de fibrome (Terrillon).
Ces deux modalités, sarcome de la muqîieuse et sarcome inlerslitiel, peuvent, du reste, évoluer simultanément. É