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II. Caractères histologiques

A. Épithéliome. — Vépithéliome utérin est formé de cellules pavimenteuses ou cylindriques.

a. Épithéliome pavimenteux. — V épithéliome pavimenteux tire son origine de l'épithélium pavimenteux stratifié qui recouvre le museau de tanche et se présente sous forme luhulée, lobulée muqueuse et, plus rarement, cornée {globes épidermiques). Les cellules gardent, en général, assez bien leur forme originelle. Elles peuvent cependant se rapprocher de la forme cubique, par pression réciproque.

Le diagnostic histologique, même précoce, de Vépithéliome pavimenteux, est généralement facile. Sur des fragments d'un volume suffisant, enlevés par excision, la présence de masses épithéliales de revêtement au delà du niveau général des papilles, sur des coupes bien orientées, le défaut de netteté dans leurs contours qui se fondent, pour ainsi dire, avec le tissu embryonnaire périphérique, permettent de différencier Vépithéliome ; 1° du papillome ou condylome qui, du reste, est très rarement circonscrit au col; 2° des prc-ductions papillaires de Vectropion qu'il faut considérer, soit comme des néoformations de nature irritative, soit, plutôt, comme des végétations de l'arbre dévie ectopiées et modifiées, par suite, dans leur forme, leurs dimensions et leur revêtement. Il est possible, comme le veut Mangin, que ces couches anormales et parfois si épaisses d'épithélium puissent être le point de départ et comme l'amorce du cancer.

Quant aux bourgeons épithéliaux dont parlent Ruge et Veit, comme de glandes en formation, nous ne les avons jamais rencontrés.

b. Épithéliome cylindrique. — Vépilhéliome cylindrique {à cellules cylindriques) naît de l'endométrium, dans la profondeur des culsde-sac glandulaires. Dans le col, il peut aussi débuter à la surface même de la muqueuse, entre les plicatures de l'arbre de vie (fig. 124), et il est probable qu'il faut rattacher à cette origine, plus rare, la forme polypeuse du néoplasme cervical. • Vépilhéliome cylindrique commence par une phase de prolifération cpilhéliale, bien étudiée par Malassez, et à laquelle les Allemands ont donné cette qualification d'adénome malin ([ue nous avôns deja critiquée.

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Los (lilTéronls caractères auxquels on peut le rcconnaitre, au (durs de son développement, peuvent se ranger sous trois chefs principaux :

Fig. 124. — Début d'6pith('!lioma inlra-cervical. — AA, transformation atypique du revûlement épithélial do l'arbre de vie ; GG, glandes normales ; V V, vaisseaux.

1. Modifications de Véinthélium (fig. 124 et 12b). — Prolifération des, cellules sur plusieurs couches; absence de cils vibratiles ; évolution sous

forme métatypique ; altérations nucléaires; parfois dégénérescence muqueuse complète ; modifications qui, toutes, paraissent dépendre d'une désorientation de la cylodiérèse (Fabre).

2. Modifications du slroma conjonctif. — Disparition du revêtement périépithélial de cellules plates ; transformation des simples plicatures de la paroi glandulaire en papilles très vasculaires; dissémination irrégulière des cellules conjonctives autour des parois glandulaires au lieu d'une sériation régulière et concentrique.

Fig. 123. — Début d'épilhélioma du corps de l'utérus. — Glandes à revêtement normal G ; glandes à revêtement atypique incomplet G'G' ou complet G" (d'aprôs Sclirôdcr).

3. Modifications des rapports de V ôpithélium' avec les tissus ambiants. — La limitation du processus, au delà ou en deçà de la muqueuse propre, est d'un grand secours pour le diagnostic, dans toute autre muqueuse que la muqueuse utérine. Mais, pour celle-ci, étant donné le fusionnement insensible du cboiùon muqueux avec le corps musculaire, il ne peut en être question. Restent les modifications dans les rapports de l'épithélium avec l'élément conjonclif et qui se résument ainsi : quasi fusionnement des deux sortes d'éléments, par suite do la disparilioii des collules plates interposées; rc<mdjo« de répitliélium en voie de prolifération vers le centre du conduit glan-

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dulaire, d'où formation d'un espace vide entre le tube épithélial et la paroi de la glande.

Ces différents caractères ne se révèlent pas simultanément, mais suivant des phases successives qui correspondent à. l'évolution du néoplasme. Ils ont donc une valeur inégale, au point de vue de la

Fig. 126. — Èpithélioma du corps de l'utérus. — c, tissu conjonctif ; d, cul-de-sac glandulaire à peine modifié ; fgm, glandes dilatées et modifiées ; leur revêtement épithélial est formé de cellules cylindriques, mais leur cavité mg est remplie de cellules, la membrane glandulaire fait défaut; a, grande cavité au milieu d'un îlot d'épithélium ; la masse épithéliale b est pénétrée par des vaisseaux qui partent du tissu conjonctif voisin, comme on le voit on v ; m, sections obliques ou en divers sens de ces mômes vaisseaux (Cornil).

précocité du diagnostic. D'autre part, il en est qui sont encore en litige ou dont l'appréciation expose beaucoup à l'erreur. Ainsi, Fraipont soutient avoir constaté l'absence de cils vibratiles dans la simple hyperplasie glandulaire; ainsi, d'après Landau, l'bypergenèse de l'épithélium sur plusieurs couches pourrait être simulée, aussi bien que le polymorphisme naissant, par certains hasards de la coupe.

Lorsque les parois des acini glandulaires sont rompues, les bourgeons de l'épilhélium cylindrique se présentent sous forme tabulée ou lobulée. Les cellules, assez nettemeuL cylindriques à leur surface d'implantation, évoluent vers la lumién; du tube ou le centre du lobule, sous forme métatypique, en se raj)prochant toujours, plus ou moins, de la cellule pavimenteuse (Iig.125 et 126). Les cellules les plus centrales sont en dégénérescence hyaline ou granuleuse.

A. Sarcome. — a. Cervical. — Le sarcome du col se présente sous le type embryonnaire ou mixte, myo-surcome strio-cellulaire (Pernice), myxo-sarcome (Mundé), myxome enchondromatode (Rein), etc.

Fig. 127. — Sarcome embryonnaire de la niuqucuso utérine (Doléris).

b. Sarcome corporéal. — Le fibro-sarcome semble résulter souvent, sinon toujours, de la greffe du sarcome sur le fibro-myome. Un certain nombre d'auteurs (Simpson, Chrobak, etc.) disent avoir suivi ce processus, analogue à l'envahissement du fibro-myome par VépUhélioma. Il est certain, d'autre part, que le libro-sarcome renferme ordinairement des fibres musculaires.

Le sarcome endométrilique répond au type embryonnaire {Cig. 127). D'après Heitzmann, l'un des meilleurs éléments de diagnostic, tout au début du processus, consiste dans la transformation sarcomateuse de l'épilhélium glandulaire. Cette destruction des glandes pourrait commencer, d'après Keller, par la couche profonde de la

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muqueuse, si bien qu'à un moment donné, la couche superficielle en serait seule pourvue. Keller insiste sur la variété des éléments cellulaires inter-glandulaires et les dimensions de leurs noyaux qui arrivent parfois à remplir le corps de la cellule.

Nous ne croyons pas qu'il soit aussi facile qu'on l'a écrit de confondre le sarcome de la muqueuse utérine avec des débris adhérents de la caduque. Les cellules du sarcome n'ont ni la forme, ni les dimensions des cellules de la caduque.

Étant donnée la rapidité de l'évolution du sarcome, si les fragments enlevés par le curettage explorateur semblent correspondre, comme volume, à l'endométrite, toutes les probabilités sont en faveur de cette affection (Diihrssen).

Nous avons déjà signalé (livre VIII) la nature des lésions juxtacancéreuses de l'endométrium du corps, dans le cas de cancer du col. 11 ne s'agit pas là de sarcome, comme le veulent Abel et Landau, mais à'hyperplasie simple.

Entre le néoplasme et les tissus hyperplasiés court une zone étroite de prolifération embryonnaire au niveau de laquelle ont lieu les thromboses vasculaires, causes de la mortification de la tumeur.

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