‹ Traité pratique de gynécologieChapitre 160 sur 242 · Diagnostic différentiel · texte numérisé non relu

Diagnostic différentiel

A. Cancer du corps. — En dehors du critérium fourni par l'examen histologique et auquel il faudra toujours recourir en cas de doute, le diagnostic différentiel repose sur les caractères suivants :

Le sarcome du corps se distingue de Vépithéiiome à localisation similaire : par la rapidité de son développement, par l'apparition plus tardive des sécrétions et de la cachexie et par l'âge de la malade. De plus, le polype sarcomateux a une consistance générale plus ferme que Vépithéiiome de même aspect.

Rien n'est plus facile que de confondre, avec le cancer corporéal, la métritecasécuse des vieilks femmes qui détermine des écoulements purulents et fétides, avec accompagnement d'un mauvais état général. On sera cependant prévenu par le passé pathologique de la malade et l'absence de douleurs utérines paroxystiques.

De même, le corps fibreux sphacélé peut donner tous les symptômes subjectifs du cancer à la période de désintégration: le toucher intra-utérin peut, il est vrai, permettre de rencontrer des parties plus fermes, non ulcérées, qui excluent l'idée d'un pobn^e épithéliomateux, mais l'examen histologique permet seul d'établir sûrement la difl'érence avec le fibro-sur corne.

Il en est de même pour la tuberculose à début intra-utérin, par rapport à Vépithéiiome et au sarcome cndométritiques.

B. Cancer du col. — Au niveau du col, on se gardera de confondre iQpolijpe muqucux, de consistance toujours assez ferme, avec les végétations du cancer et surtout du cancer sarcomateux. De même le papillome, extrêmement rare en tant ([ue tumeur localisée au col, se distinguera par sa consistance et son aspect verruqueux.

Les fibromes intcrsliliels du col sont moins adhérents à la muqueuse que les nodosités de Vcpilhéliome parcnchymuteux, plus net- . tement limités, plus durs et entourés de tissu sain.

Enire la pseudo-ulcération de la métritc parenchymateuse, surtout quand elle a été modiliée par des caustiques, et Vukcration cancc-

CANCER

reuse non végétante, 11 pcuL n'y avoir d'autre difTérenc.o notable que ce degré de friabilité sur lequel nous avons insisté.

Enfin l'ulcération cancéreuse du col devra encore être différenciée d'un chancre simple, d'un chancre syphilitique, d'une sijphilide (liv. V), d\nie ulcération tuberculeuse (liv. VI) ou herpétique (liv. VII).

Pronostic.

Uépithéliome utérin, d'un pronostic fatal et à brève échéance, lorsqu'il est abandonné à lui-môme, est une affection primitivement locale et curable pourvu qu'elle soit prise à temps : on compte, en effet, un bon nombre de survies, sans récidive, après hystérectomie totale ou partielle (voir plus loin).

Il faut tenir compte, dans son appréciation : de la localisation première du néoplasme qui commande, en grande partie, son évolution ultérieure ; de la constitution de la malade, et surtout de son âge (le cancer des femmes jeunes marche extrêmement vite; en quelques semaines ou moins encore, il peut devenir inopérable); enfin, de certaines conditions accidentelles, telles que la grossesse, qui se termine par l'avortement dans la proportion de 40 p. 100 (Lever) et qui, arrivée à terme, a causé 40 fois la mort sur 136 cas relevés par Hermann. De plus, les enfants naissent mort-nés ou ne survivent généralement que peu de temps.

Peut-être la syphilis ralentit-elle la marche du cancer.

L'épithéliome d'origine parenchymateuse aurait une évolution plus lente pour les uns, plus rapide pour d'autres. Ce qui est certain, c'est qu'il ne se révèle qu'assez tard, alors que les tissus périutérins sont déjà manifestement envahis.

Le cancroide paraît être la forme la plus facilement curable et avec le moins de frais, à ses débuts.

Pour Terrillon, le sarcome est d'un pronostic fatal, même si on opère dès le début. Dùhrssen, au contraire, le considère comme plus favorable que l'épithcliomo, en ce sens que les femmes viendraient consulter plus tôt.

Traitement.

l. Prophylaxie.

prophylaxie la plus rationnelle du cancer de l'utérus consiste à éviter la prolongation de la métrite, surtout chez les femmes à héridiié suspecte.

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