‹ Traité pratique de gynécologieChapitre 165 sur 242 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

TROUBLES NERVEUX

Sous le nom de troubles nerveux, nous étudierons des manifestations hyperesthésiques, douloureuses ou spasmodiques, le plus souvent en rapport avec des lésions manifestes, mais qui peuvent suffire, par elles-mêmes, à constituer des espèces cliniques.

* I. Prurit vulvaire.

Étiologie et pathogénie. — Le prurit vulvaire n'est ordinairement que l'expression symptomatique de lésions diverses de l'appareil génital : diabétides, herpès, leucoplasie, etc., de la vulve; écoulements liés à la vaginite, à la métrite, au cancer. On a même dit que les affections des ovaires et des trompes suffisaient, par ellesmêmes, aie produire. Lorsque l'appareil génital parait absolument indemne, on en est réduit à admettre l'hypothèse d'une origine centrale.

Symptômes. — Le prurit peut être continu ou intermittent. Le grattage qu'il suscite dénature plus ou moins les lésions causales et détermine l'onanisme, la nymphomanie, des troubles nerveux divers.

Traitement. — 11 faut s'etTorcerde modifier l'état général, quand il y a lieu (diabète, arthritisme, hystérie).

Localement, on aura recours aux badigeonnages avec la solution de nitrate d'argent à 1 /20 ; aux lotions très chaudes avec la solution phéniquée à l,bO p. 100, avec des infusions ou décoctions astringentes (décoction d'écorce de chêne à 50 p. 1000, infusion de thé noir), ou calmantes (infusion de menthe). En cas d'insuccès, recourir à la solution recommandée par Tarnier chez les femmes en^ ceintes :

Bichlorure de mercure 2 gr.

Alcool 10

Hydrolat de roses 40

Eau distillée 450

TROUBLES NERVEUX

Ce liquide s'emploie pur, on lotions répétées matin et soir. Les premières, causant toujours une cuisson vive, seront suivies d'un lavage àl'eaU fraiclie. Dans l'intervalle, nous app]i{[uons de préférence, soit des tampons imbibés de glycérine tannicjue à 3/dO, soit de la pommade pbéniquée à 3/100, soit de la poudi-e d'iodoi'orme.

La cocaïne n'a qu'une action éphémère.

Avaiittouttraitement, on ferabien de conseiller un bain savonneux et même un nettoyage àl'éther quand il y a des dépôts de smegma.

Si les topiques sont impuissants, on aura recours au courant continu (Campi, ChlomogoroiT) à la dose de 20 milliampères environ, ou mieux, d'après Leloir, à l'effluve électrique de 10 à 115 minutes de durée.

En dernier ressort, on peut être autorisé, par l'intensité delatTection et les troubles nerveux qu'elle engendre, à pratiquer l'ablation des tissus atteints de prurit, c'est-à-dire, suivant les cas, l'ablation du clitoins seul, du clitoris avec une portion des grandes lèvres ou des nymphes.

Un certain nombre de succès dus à cette méthode, dans des cas absolument rebelles, ont été enregistrés par Schroder et Lôhlein (5 cas), Kûstner(3 cas), Carrard(l cas d'ablation isolée du clitoris), Welster, d'Edimbourg.

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