II. — ANESTHÉSIE LOCALE
L'anesthésie locale par réfrigération, à l'aide de pulvérisations d'éther, de chlorure ou de bromure d'éthyle, n'est guère usitée en gynécologie.
On a eu recours à la solution de cocaïne pour la périnéorrhaphie immédiate, ou même tardive, la colporrhaphie, l'amputation du col, voire même le raccourcissement des ligaments ronds (Ilamilton). Mais son emploi nous parait devoir être réservé à des opérations de courte durée et portant sur un champ opératoire restreint en surface et en profondeur : ablation de tumeurs circonscrites de la vulve, du vagin ou du col, débridement de l'hymen, dilatation intra-utérine, injection intra-utérine de teinture d'iode (Lediberdei ), cureltage de l'utérus en l'absence de nervasisme et de lésions annexielles (Schwartz), etc.
(1) P.-Duplessy, Archiv. de méd. navale, 1837.— Soc. d'obslétr.et de gyncc. Avril 1802.
ANESTHÉSIE
La solution de cocaïne s'emploie en badigeonnages ou en applications prolongées sur les muqueuses, et en injections interstitielles dans la peau ou dans les tissus profonds.
Les accidents auxquels elle expose (Dudley, Ilallopeau, etc.) surviennent plutôt à la suite des injections interstitielles qu'après les badigeonnages ; ils consistent en vertiges, hallucinations, vomissements, anxiété précordiale et respiratoire, adynamie, syncope. Ces accidents, généralement passagers, ont été quelquefois suivis de mort ou peuvent se prolonger durant plusieurs semaines. Ils ne sont pas toujours en rapport avec la quantité de médicament employée et le degré de concentration de la solution.
Pour les injections interstitielles, il est prudent de ne pas dépasser le titre de 2 p. 100 et la quantité absolue de 10 à 15 centigrammes (Reclus). Pour les badigeonnages, on peut élever le titre à 5 et même 10 p. 100 et faire des applications réitérées. La solution doit être fraîchement préparée à l'eau bouillie ou stérilisée par addition, soit d'acide phénique pur (0,35 p. 100 Hamilton), soit de quelques gouttes de liqueur de Van Swieten. 11 est probable, en effet, que si la cocaïne compromet parfois la réunion primitive (Hancks), le fait est dû non pas tant à ses qualités anémiantes qu'à l'impureté de son véhicule.
Pour le curettage de V utérus, Schwartz procède ainsi : l'utérus étant dilaté, il porte dans sa cavité un applicateur garni d'ouate imprégnée d'une solution de cocaïne à 5 p. 100. 11 le laisse en place pendant deux minutes et demie et il recommence la même manœuvre trois fois, c'est-à-dire, de manière à laisser la solution en contact avec la muqueuse pendant une durée de sept à dix minutes. Des tampons imprégnés de la même solution sont en même temps appliqués sur le col et dans les culs-de-sac. D'autres opérateurs injectent une certaine quantité de la solution dans la cavité utérine au moyen de la seringue de Braun.
Pour anesthésier la muqueuse du vagin et de la vulve, .on y appliquera, pendant cinq à dix minutes, des tampons imprégnés de la solution.
Pour la trachélorrfiaphie, on fera, au sommet de l'angle de la déchirure et dans l'épaisseur des lèvres, des injections interstitielles, très doucement poussées, en ne dépassant pas un total de 5 à 6 centigrammes de cocaïne. On pourra, au besoin, prolonger son action au cours de l'opération, à l'aide de badigeonnages.
S'il s'agit d'inciser la peau, c'est dans l'épaisseur même du derme, et non dans le tissu cellulaire sous-cutané, que doit pénétrer la solution (Reclus). L'injection, pratiquée au moyen d"uno seringue de
RÉUNION
RÉUNION
1° Instruments. — A. Aiguilles. — Les aiguilles employées en gynécologie sont les aiguilles dites chirurgi-
Pravaz, à longue aiguille, doit circonscrire l'aire opératoire : son trajet dessine un bourrelet blanchâtre qui sert de guide pour l'incision. Celle-ci peut môme être faite au
thermo-cautère, à condition de procé-
der rapidement.