OPÉRATIONS SUR LES LÈVRES DE LA VULVE
lièrcmeiit de sectionner FarLère transverse du périnée, à l'angle inférieur de la plaie, et le bulbe.
Les manœuvres de décortication exigent beaucoup de patience et de soin, étant donnés les adhérences et les diverticules de la glande qui, parfois, vont jusqu'à contourner l'ischion et qu'il faut absolu^ment enlever en entier, sans crever la poche, autant que possible. Pour les faciliter, Pozzi conseille d'injecter dans le kyste, après en avoir évacué le contenu, du spermaceti liquéfié au bain-marie, à une température relativement basse, et solidifié ensuite par la glace pilée.
Quand on est arrivé sur le pédicule vasculaire, on le sectionne après y avoir placé une ligature au catgut. Cette ligature constitue le point de départ d'un surjet à étages à l'aide duquel on ferme les parties profondes de la plaie. La réunion est complétée superfî-. ciellement à l'aide de points séparés au crin de Florence.
Pour assurer l'asepsie de la plaie, nous conseillons de la recouvrir, après l'avoir cimentée d'iodoforme, avec une bande étroite et épaisse de gaze iodoformée que l'on fixe à l'aide de deux ou trois crins intermédiaires aux crins de la suture, passés en même temps, que ceux-ci, mais qu'on aura évité de nouer en même temps qu'eux.
Ce procédé est d'ailleurs appficable à toutes les plaies de la même région. Le vagin est tamponné à l'iodoforme et la réunion doit être obtenue, par première intention et sans drainage, sous une compression légère avec un bandage en ï.
3° Sections et résections diverses.
A. Pour soudure des lèvres. — La soudure congénitale des petites lèvres, observée parfois chez les petites filles, cède générale- .ment à une traction divergente. Si Vadhérence est plus intime, ou acquise et cicatricielle, on incise au bistouri ou aux ciseaux, en se guidant sur une sonde cannelée introduite dans le plan médian.
Les grandes lèvres peuvent être également soudées à leur partie postérieure sur une hauteur plus ou moins grande ; on les sépare de la même façon.
B. Pour hypertrophie des petites lèvres. — L'eœcisiow des petites lèvres hypertrophiées se fait de préférence aux ciseaux ou au bistouri et l'on ferme les surfaces cruentées avec une suture en surjet, en ayant soin de ne pas trop la sernîr.
C. Pour le vaginisme.— a. PnociiDÉ dk Sims. — Après avoir excisé l'hymen ou ses débris, ou tout autre point hyperesthésique du pourtour vulvaire, Sims fait, de chaque côté de la ligne médiane,
une double incision en V aboutissant, par chacune de ses branches, au raphé périnéal et se continuant, par une petite incision longil tudinale qui la transforme en Y, jusqu' à 1 centimètre 1 /2 du sphincter anal. Dans son tiers inférieur, cette incision en Y comprend le tissu vaginal, le sphincter du vagin et une partie du transverse du périnée. Dans la suite, Sims dilate la vulve au moyen d'une grosse bougie de verre appliquée pendant deux heures, matin et soir, et durant plusieurs semaines.
h. Procédé de Tillaux. — Tillaux (1) sectionne les filets nerveux de la vulve au moyen d'une incision en V parallèle au bord de l'orifice et dont les deux moitiés viennent aboutir à la commissure postérieure. L'opération est précédée, comme dans celle de Sims, de l'excision de l'hymen et suivie de la dilatation forcée.
c. Procédé dk Simpson, — Simpson a conseillé, dans le même but, la névrotomie du honteux interne.
4° Dilatation de la vulve.
La dilatation de la vulve, qui s'adresse, comme les opérations précédentes, au vaginisme, est lente et graduelle ou forcée.
A. Dilatation graduelle. — Elle se fait avec des bougies de calibre progressif que la malade peut s'appliquer elle-même , après les avoir enduites ou non d'une pommade à la cocaïne, ou encore, avec des ballons dilatateurs, des éponges préparées.
B. Dilatation forcée. — La malade étant dans le décubilus dorsosacré anesthésiée et d'une façon complète par crainte de la syncope, on introduit dos à dos, dans l'oiifice vulvaire, les deux pouces ou l'index et le médius de chaque main et on les maintient écartés, au maximum pendant deux ou trois minutes, en évitant de produire des fissures. On peut remplacer les doigts par deux valves qu'on fait agir sur tout le pourtour de l'orifice et en particulier, comme le conseille Verneuil, sur le plancher périnéal.
Il est bon de tei'miner par un tamponnement assez serré du vagin avec la gaze iodoformée.
S'il y a synergie spasmodi(iue du sphincter anal, on ne manquera pas d'en pratiquer aussi la dilatation.