I. — INJECTIONS VAGINALES
1" Douche vaginale. — La douche vaginale, employée dans les sUiUons Ihennales, consiste en un jet liquide, projeté sur le col pendant une demi-minute à une minute.
■2° Bain vaginal. — La malade, étant plongée dans un bain général ou dans un bain de siège, fait pénétrer l'eau du bain dans le vagin en déprimant la fourchette avec un ou deux doigts ou en
Fig. 104. — Spûculum grillagé pour bain vaginal.
introduisant dans le vagin un spéculum grillagé, dit spéculum à bains (fig. 194).
3° Injection vaginale proprement dite. — L'injection vaginale proprement dite est d'un usage courant, ce qui ne veut pas dire qu"elle soit toujours bien prise.
A. AppAKiaLs. — Les injecteurs à ressort (irrigateur Éguisier), à voire aspirante et foulante (injecteur de Davidson ou d'Iiigginson), sont à rejeter, car ils sont difficiles à nettoyer, se dérangent facilement et donnent un jet interrompu et trop violent. On doit leur préférei- les appareils agissant par le mécanisme du siphon ou sous l'action de la pesanteur et qui se composent simplement d'un réservoir, d'un tube en caoutchouc et d'une canule. Tels sont : les injecteurs on tùie émaillée (iig. m), en verre (bock de Pinard' laveur de Tarnier (fig. 1 96), le sac en caoulcbouc de Doléris (fig. 197)' notre sac en toile gommée ; les vide-bouteilles de Cudin (fig. 198)^
OPÉRATIONS SUR LE VAGIN
Lefour, etc.; le siphon, composé d'un simple tube en caoutchouc muni d'un poids en plomb à son extrémité immerfîée (fig. 190), ou mieux, l'injccteur-siphon de Michel, qui s'amorce à l'aide d'un compresseur à roulettes courant sur le tube en l'étranglant, etc.
Le rései'voir doit être inattaquable par les antisepticjues usuels et contenir au moins 21itres de liquide; il est bon qu'il soit muni d'un
Fig. 195. — Injecleur vaginal en lôle Fig. 196. — Laveur de Tarnier.
éniaillée.
2 mètres de long, porte sur sa longueur une pince presse-tube, ou un robinet ordinaire si l'on désire régler le débit du liquidé.
On choisira, pour la malade, une canule droite, en verre trempé, de 15 centimèti-es de long, à bout olivaire et perforé en pomme d ar-. rosoir. Les canules coudées butent contre la paroi antérieure du, vagin, d'où obturation partielle des orifices d'écoulement.
Les canules perforées d'un seul trou dans l'axe de rinstrument exposent la malade à porter l'injection dans l'utéi'us; mais elles sont préférables pour l'opérateur qui se mettra facilement à l'abri de ce petit accident, car elles permettent de mieux diriger le liquide au fond des culs-de-sac et à l'extérieur de la vulve. Les canules en vulcanite, en caoutchouc et surtout en toile gommée se
INJECTIONS VAGINALES, b8o
crevassent, se coudent dans le vagin et l'on ne peut être assuré de leur propreté.
La canule, chaque fois qu'elle aura servi, doit être lavée intus
et extra et conservée aseptiquement,
Fig. 197. — Sac en caoulcliouc de Fig. 198. — Vide-bouteilles de Budiu.
Doléris,
B. TKf.iiMQi'K, — Nous avons déjà indiqué de quelle façon le médecin doit procéder à l'injection vaginale.
La malade peut la prendre elle-même dans la position accroupie, assise, ou sacro-dorsale.
îj86 OPÉRATIONS SUR LE VAGIN.
La position genu-peclorale serait ccrtainemont la meilleure, mais comporte trop de diriicultés pratiques.
Dans laposition accroupie, sur une cuvette, ou assise, sur un bidet, l'utérus s'abaisse, le vagin est raccourci et plissé, el le liquide ne peut pénétrer jusqu'au fond des culs-de-sac; une injection, prise ainsi, suffit à peine comme mesure de propi-eté. La position sacro-dorsale est de beaucoup préférable. La malade
est allongée sur son lit, la tète basse et le. siège appuyé sur un bassin en forme de ])iseau muni d'un tulje d'écoulement; ou bien, elle se couche en travers du lit, le siège débordant légèrement et un peu soulevé par un coussin, les jambes écartées et fléchies à angle droit, les pieds reposant chacun, à plat, sur une chaise.
Une toile cirée fixée sur le coussin conduit dans un seau le liquide qui ressort de la vulve.
L'appareil laveur est fixé à proximité et à une hauteur de 1 mètre au plus au-dessus du plan du lit. La malade laisse d'abord écouler au dehors l'eau contenue dans le tuyau, qui est toujours plus froide que le reste, s'il s'agit d'une injection l'ig. lyn. — Injccleiir siplioii. chaude ; l'air est en même
temps expulsé, puis elle introduit la canule, en déprimant la fourchette et en suivant la cloison recto-vaginale, jusqu'au cul-de-sac postérieur, c'est-à-dire à 8 ou 10 centimètres de profondeur.
Elle la maintient d'une main et l'appuie sur la fourchelle, pour assurer le retour du liquide, tandis que, de l'autre main, elle suspend de temps en temps l'injection en pinçant le tuyau et en obtu- * rant la vulve, de façon à prolonger l'action thérapeutique.
Avant de retirer la canule, elle se redresse et tousse ou fait effort à plusieurs reprises, pour vider complètement le vagin, surtout s'il s'agit d'une injection au sublimé.