RÉDUCTION DES DÉPLACEMENTS UTÉRINS
A. Réduction manuelle.
a. Rétrodéviation mobile. — Pkockdk dk Sciiultze. — Avec deux doigts introduits dans le rectum ou le vagin, on soulève l'utérus, sous le contrôle de l'autre main placée sur l'abdomen (fig. 215). Lorsque le corps de l'organe a été remonté jusqu'au détroit supé-
Fig. 216. — Réduction manuelle de la rétrodéviation mobile. Procédé de Schultze :
2° temps.
rieur, manœuvre qui peut être facilitée par l'un des doigts vaginaux repoussant le col en arrière, le fond est saisi par la main hypogastrique qui l'amène doucement en avant (fig. 216).
Procédé di!: Kustner. — La manœuvre précédente exige, pour réussir, une grande souplesse de la paroi abdominale ou l'anesthésie chloroformique. Kûstner conseille d'y joindre rabaissenicnl préalable du col qui commence la réduction.
b. Rétrodéviation adhérente. — S'il y a des adhérences péritonéales, Schullze les décolle indireclerruiiit, sous 1(î rhloroforme, à l'aide des doigts introduits, d'une part, dans le rectum, de l'autre, dans le vagin ou le col et agissant les uns à la rencontre des autres.
Nous avons déjà dit ce qu'il faut penser de ce procédé (voir : 1" partie, liv. VIII, chap. ni).
B. Réduction instrumentale.
Nous préférons, dans la plupart des cas, la réduction instrumentale à la réduction manuelle.
On a imaginé un grand nombre d'ingénieux redresseurs dont les plus connus sont ceux de Sims, de Jennison, d'EUiot, d'Emmet, de Trélat, de Miller. Le plus simple est une sonde épaisse et arrondie à son extrémité, inflexible, mais courbe, comme celle de Peaslee, ou très peu malléable, comme celle de Simon.
Nous nous servons aussi volontiers, dans les utérus dilatés, de la sonde de Doléris, qui ofTre une large surface d'action.
On introduit l'instrument sur les doigts, la courbure dirigée en ariMère, jusqu'au fond de l'utérus ; puis on abaisse le manche en exécutant une sorte de tour de maître qui ramène la courbure de la tige en avant. On facilite, au besoin, ce mouvement, en appuyant sur le fond de l'utérus avec deux doigts introduits dans le vagin. Puis on continue à abaisser le manche, prudemment et sans violence, en tenant. compte du degré de résistance des ligaments ou des adhérences et du chemin parcouru. Lorsque le fond de l'organe a été amené au niveau du détroit supérieur, la main qui suivait le mouvement à travers le cul-de-sac vaginal postérieur vient se placer sur l'abdomen pour achever la réduction.
Si l'on opère dans la position genu-pectorale, après avoir appliqué la valve de Sims et abaissé le col, on introduit la sonde avec sa courbure dirigée en arrière, puis on retourne doucement l'instrument en poussant l'utérus hors du bassin suivant la voie la plus facile. On retire alors l'instrument et on achève la réduction dans le décubitus dorsal (Schultze).
3° Réduction de l'iuversiou
Comme nous l'avons déjà exposé, la réduction de l'inversion peut se faire à l'aide du taons manuel^ du taxis instrwnenlal, d'ap-
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pareils ou de pansements agissant par pression continue, ou enfin, par pression continue associée au taxis.
Nous n'avons à revenir ici que sur la première et la dernière de ces méthodes.
A. — Taxis manuel.
Il y a lieu de distinguer dans le taxis manuel, qui se fait a'^'ec ou sans l'aide du chloroforme, les manœuvres de refoulement, de contre-pression et de libération.
A. Refoulement. — Le refoulement central (Viardel) se fait avec une main disposée en cône et agissant sur le fond de l'organe.
Pour pratiquer le refoulement latéral (Denucé), on saisit à pleine main le globe utérin, de telle sorte que les quatre derniers doigts pressant à sa surface, au voisinage de l'une des cornes, le pouce puisse faire glisser la paroi de bas en haut, au point diamétralement opposé, grâce à la membrane séreuse qui la double.
Liisk a imaginé un procédé intermédiaire aux deux précédents : le refoulement central ayant été exercé jusqu'à production de plis qui s'opposent à sa continuation, on maintient la main en place pendant dix minutes, dans le but d'obtenir un relâchement, puis on retire le pouce de la cupule et l'on refoule les plis avec la fourche comprise entre le pouce et l'index.
Le reîoulement périphérique, on mieux pédiculaire, est absolument semblable à la manœuvre utilisée pour les hernies intestinales et consiste à faire rentrer, les premiers, les segments de paroi utérine sortis les derniers.
B. Contre-pression. — Tandis que l'une des mains exerce le refoulement, l'autre pratique la contre-pression, soit en s'appuyant sur l'hypogastre, ce qui est le plus simple, soit en accrochant le col par l'intermédiaire de la paroi rectale ou vésicale (Tait), soit en le saisissant avec des pinces à griffes.
C. Libération. — Les manœuvres de hbération, qui ont pour but de vaincre la résistance des fibres circulaires du col, consistent, soit en dilatation instrumentale de sa cavité, soit en incisions portant sur sa longueur (Courty, Barnes, Browne).
B. — Pression continue associée au taxis.
La pression continue associée au taxis a été pratiquée avec la bande d'Esmarch (Morey, de Boston).
Chassagny a eu l'idée ingénieuse de remplacer cet appareil par
Bonnet et Petit. — Gynécologie. 40
trois ligatures indépendantes, formées de bandes ou de tubes en caoutchouc, placées à une certaine distance les unes des autres et se terminant pai' une boucle qui se défait facilement. Sous la pression de ces anses élastiques, l'utérus se réduit en une tige rigide qui se laisse repousser dans le col. Dès que la première ligature y est engagée, on la défait et l'on ])ousse la seconde, puis la troisième, que l'on défait de même, l'une après l'autre, à leur entrée dans le museau de tanche.