ACCIDENTS DE RÉTENTION DUS AUX ATRÉSIES
dents peuvent encore s'observer ici. Cependant le pronostic e!?t meilleur, grâce à deux conditions qui se réalisent assez souvent :1a rupture se fait fréquemment à l'extérieur, aux dépens de la cloison qui sépare les deux moitiés du vagin ou do l'utérus; c'est là une terminaison favorable, pourvu que l'évacuation se fasse librement et qu'on prévienne l'infection de la poche. Ou bien, l'exhalation sanguine se fait tout entière du côté perméable après avoir cessé dans la corne rudimentairc ; la tumeur reste alors stationnaire ou finit par se résorber.
Le diagnostic est en général facile, en cas d'hématocolpos latéral, pour peu que l'on songe au vice de conformation qui enestle point de départ. Le siège de la tumeur, ses caractères spéciaux, sonmodii de développement, sont assez caractéristiques. Une cystocèle se reconnaîtrait par le cathétérisme vésical ; un kyste du vagin, par ses dimensions moindres; un kyste de la glande de Bartholin, remontant très haut, par le dédoublement de la grande lèvre. Un thrombus vaginal est moins bien limité et se développe surtout après l'accouchement; VentéroGèle a une consistarce molle, non fluctuante, toute spéciale, etc.
En cas d'hématométrie unilatérale, avec vagin unique, la tumeur liquide est nettement circonscrite, accolée à l'utérus ou même courbée en sens inverse : le cul-de-sac vaginal correspondant est complètement efl'acé et l'orifice externe du col peut affecter la forme d'un fer à cheval ouvert du côté de la tumeur (Schrùder).
Si la rétention se produit dans une corne rudimentaire, le diagnostic peut être très difficile et exige une exploration des plus soigneuses; souvent on ne pourra la distinguer, que par exclusion, d'un fibrome pédiculé ou inclus dans le ligament large, d'une collection tubaire, d'un ovaire kystique et adhérent, etc. Une grossesse peut coexister dans la cavité utérine perméable et augmenter encore les difficultés.
Traitement. — Exclusivement chirurgical, il doit être appliqué le plus tôt possible et tendre, tout à la fois, à l'évacuation de la tumeur et à la suppression de l'obstacle.
Lorsque l'imperforation est hyménéale, vulvaire, ou rétrovul-vaire, que la dilatation occupe le vagin seul ou gagne l'ulérus, . lorsque la tumeur, en un mot, fait saillie à la vulve, elle doit être • ponctionnée d'abord, avec un bistouri ou un gros trocart, demanière que l'évacuation se fasse lentement, puis on agrandirai l'ouverture et on assurera sa perméabilité.
Le traitement est le môme, si la membrane obturatrice siège pluçî haut, pourvu qu'elle soit mince.
RÉTENTION DE MUCUS. 131
Lorsque le vagin manque, en lotaliLé ou en partie, FopéraLion, beaucoup plus délicate, consiste à créer un vagin artificiel et à atteindre la tumeur par la voie périnéale.
La ponction par le reclvm (Baker Brown, Boyer, Dubois, Scanzoni) doit être rejetée. La ponction par la vessie (Simon, Spiegelbcrg), pratiquée au-dessous du cul-de-sac péritonéal, peut être employée comme pis aller, mais expose aussi à l'infection. Pozzi conseille de préférence la voie para-sacrée ou para-rectale.
En cas (Vhématométrie, lorsque l'oblitération siège à l'orifice externe, ponctionner au niveau de la dépression ostiale, si elle est indiquée, sinon, un peu en arrière du centre du col ; on agrandira ensuite rorifice.
Si c'est l'oriFice interne qui est obturé : dilater préalablement le trajet cervical et, si l'ouverture ne se fait pas spontanément, la pratiquer au moyen d'une sonde ou d'un trocart.
Dans tous les cas, on laissera la tumeur se vider lentement, sans exercer de pressions sur le ventre ; on assurera le drainage de la cavité et on pratiquera ensuite le curettage. Il sera bon de maintenir la perméabilité du trajet, soit par des séries de dilatations, soit au moyen d'une tige de verre ou d'ébonite qu'on maintiendra quelques jours en place.
Vhématosalpinx, s'il est facilement accessible par le vagin, sera traité par la salpingotomie vaginale. Dans le cas contraire, on aura recours à la laparalomie : en cas de rupture, celle-ci s'impose sans délai.
C'est encore la laparatomie qui est la méthode de choix (Pozzi) pour le traitement de la rétention dans une corne rudimentaire de l'utérus : on pratiquera alors, soit l'ablation de la tumeur, soit la suture de la poche à la paroi abdominale. L'hystérectomie est justifiée, dans certains cas d'utérus bicorne, lorsque le contenu de la tumeur, de consistance trop solide, ne peut être évacué par le vagin.
Enfin, en cas à! hématocolpos latéral, on préférera à l'incision parcimonieuse, conseillée par Schrôder, la résection, aussi complète que possible, de la cloison, afin de transformer le vagin double en un canal unique (Pozzi).