II. Causes physiologiques
Il faut tenir le plus grand compte des modifications apportées par les crises physiologiques, menstruation, coït, état puerpéral, ménopause.
1° Menstruation,
La menstruation n'agit pas seulement en déterminant la congestion, Veffraction du revêtement muqueux, la confluence et la stagnation des liquides, mais aussi, et surtout peut-être, en créant un bon milieu de culture. Le fait est surtout probable pour le gonocoque^ lequel ne se cultive bien, on le sait, que dans le sérum du sang humain ; Reymond a en effet constaté, comme nous lavons ditj chez plu^ sieurs femmes, que les gonocoques se multipliaient beaucoup au moment des règles, alors que, dans la période intermenstruelle, il était impossible de les déceler. Cette constatation exphque, mieux qnela. congestion, la contagion intermittente par une même femme, les poussées de pelvi-péritonite au moment des règles {pelvi-périto^ nite menstruelle de Bernutz), et les récidives, à leur suite, d'écoule* ments franchement blennorrhagiques ou leucorrhéiques.
2° État puerpéral. *
L'épithète de puerpérale donnée à l'infection, n'est actuellement admissible qu'à cette condition expresse: qu'elle n'implique nullement la spécificité des agents en cause par rapport à la circonstance et à Yorgane attaqué. Ainsi le streptocoque produit-il tout aussi bien l'érysipèle que l'infection puerpérale (érysipèle des nouveau^ nés) et peut-il s'attaquer primitivement à l'utérus en dehors de la
PÂTUOGÉNIE.
puerpéralité (Chantemesse). Ce qui est spécifique, c'est l'ensemble des conditions favorables créées par la puerpéralité : dépouillement de la muqueuse, phénomènes involutifs, traumatismes, état des humeurs.
3° Ménopause.
La ménopause détermine, dans les organes génitaux, des métamorphoses qui, d'elles-mêmes, en s'exagérant, peuvent devenir pathologiques et, dans tous les cas, favorisent le travail des microorganismes, surtout dans les voies inférieures, en lui donnant des allures toutes spéciales.
4° Coït.
Le coït en lui-même ne peut nuire que par sa violence et sa ré= pétition exagérée.
in. Causes pathologiques.
C'est surtout par l'intermédiaire de la congestion ou de la sta^ gnation des liquides qu'agissent la plupart des causes prédispo^ santés locales d'ordre pathologique : tumeurs, déviations^ sténosesj modifications passagères ou permanentes (varicocèle pelvien) du système vasculaire, refroidissement. Les traumatismes favorisent le passage des germes, soit en ouvi'ant les Vaisseaux, soit en déchirant des sphincters qui rétrécissent au point voulu le canal génital (déchirures du périnée, déchirures du col, ruptures sous-musCulaires au niveau de l'isthme). La rétention de débris otulaires fournit un milieu de culture aux germes pathogènes et aux saprophytes;
Les diathèsesj si elles ne peuvent produire l'inflammation Véri= table, contribuent aussi à la favoriser et à l'entreteniri
bi Différents niodes de contagion.
L Contagion en général.
1° llétéro^nfëction.
Vliétéro-infeclion, c'est-à-dire Tinfection pai^ des ger-mës directe^ hiént Venus du dehors, est beaucoup plus fréquente que Vautoinfeclion.
Lë terrain étant préparé; les microorganisinés i^ont introduits
dans les voies génitales par le coït, la masturbation, une interv(Mi- .tion septique (cathétérisme, doigt de l'accoucheur, etc.) ou par quelque circonstance accessoire, telle que l'emploi de l'éponge ou d'une eau impure, de linges souillés, pour la toilette génitale.
L'infection vénérienne ne reconnaît pas comme seul agent le, gonocoque. 11 est avéré que le coït peut donner la tuberculose et on a trouvé, aussi bien dans l'urèthre de l'homme que dans celui de la femme, des microorganismes divers, microbes pyogèncs et autres (Giovannini, Legrain, Jullien), qui pourraient bien s.; . transmettre de cette façon. Ainsi Legrain a rencontré, comme seul élément spécifique d'une uréthrite masculine, le Micrococcm pijogencs aureus, alors que la femme soupçonnée venait d'avoir un phlegmon (?) péri-utérin.
2° Auto-infection.
Vauto-infeclion se fait par l'intermédiaire du sang ou par des saprophytes, c'est-à-dire, comme nous l'avons dit, des germes qui, après avoir vécu un certain temps sur la muqueuse génitale sans lui nuire, deviennent agressifs par l'intervention de causes prédisposantes. Il faut distinguer : i° les saprophytes vrais, qui ne peuvent nuire que s'ils rencontrent des tissus déjà malades ou caducs (débris placentaires, fibreux, spliacélés, etc.). Ces bacillesou coccus déterminent, sur les milieux nutritifs, tantôt de la putréfaction, tantôt des ptomaïnes non fétides dont la résorption donne cependant lieu à de la fièvre et à d'autres accidents d'intoxication ; 2» les saprophytes d'occasion, ou germes pathogènes à virulence atténuée.
Des recherches de Winter, Gœnner, Péraire, il ressort qu a 1 état normal, le col utérin elle vagin renferment, en grand nombre, ces deux sortes de microorganismes. Cette notion a une grande importance et doit nous engager à soigner minutieusement l'asepsie vagino-cervicale avant toute manœuvre sur le corps de 1 utérus.