HISTORIQUE
On peut dire que la phase vraiment scientifique de la question ne remonte pas au delà des travaux de Bernutz et Goupil qui, se ba-^ant, les premiers, sur des preuves anatomiques irréfutables, démontrèrent l'existence delà pelvi-péritonite (1857), alors qu'avec Nonat et ses continuateurs (Gallard, Bennet, etc.), . on ne croyait qu'au phlegmon. Mais Bernutz et Goupil eurent le tort de mer la paramétrite et ne surent pas attribuer aux lésions annexielles la part qui leur revient. Assurément Aran (d8S9) a émis l'idée que l'inflammation débute par les annexes et, bien avant lui, Ruysch connaissait la stérilité due à l'occlusion des trompes de Fallope ; mais il a fallu qu'avec Lawson Tait on en vint à extirper les annexes enflammées pour en bien connaître les lésions. De nombreux et importants travaux ont déjà signalé cette ère nouvelle, qui date d'une vingtaine d'années, et chaque jour en voit apparaître de nouveaux; citons ceux de Gornil, Terrillon, Montproflt, Conzette, Delbet, etc., en France; Orthmann, Nagel, Bulius, Slavjansky, Landau, etc., à l'étranger.
ÉTIOLOGIE
Le traitement chirurgical étant généralement appliqué à une époque assez éloignée du début de l'inflammation, on comprend qu'il soit relativement rare de constater la présence des microbes qui l'ont engendrée, d'où les grandes incertitudes qui régnent encore sur leur nature et leur rcMe.
• Le Ureptocoque a été rencontré partout : dans les abcès de l'ovaire, à la suite de l'infection puerpérale (Wertheim), de la rougeole (Gallard); dans la trompe (Menge) ; dans le péritoine et les vaisseaux péri-utérins (Doléris,Widal). On est d'accord pour lui attribuer les formes les plus virulentes et les plus rapidement extensives de l'inflammation péri-utérine, sans nier pourtant qu'il puisse se
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borner à des processus subaigus el purement plastiques, suscepti bles, comme lerysipèle, de disparaître sans laisser de traces.
Les autres microbes pyogènes, staphylocoque blanc, doré, etc., ont été rencontrés dans le pus de la salpingite (Menge), du phlegmon, de la péritonite putride et puerpéi^ale. '
Westermark, Orthmann, Menge, etc., ont constaté le gonocoque dans la pyosalpingite. Wertheim l'y a trouvé à l'état de culture pure. Il l'a également rencontré dans deux cas d'abcès de l'ovaire. Enfin, contrairement aux assertions premières de Bumm, il semble, d'après les travaux de Wertheim, Touton, Dinkler, que le gonocoque puisse pénétrer les revêtements pavimenteux et suffise, par suite, à produire la péritonite.
Quoi qu'il en soit, si le rôle de la blennorrhagie, dans les atTeclions inflammatoires des annexes, a été quelque peu exagéré par Nôggerath, il paraît établi qu'il faut lui rapporter la plupart des pelvi-péritonitcs à début subaigu, aboutissant à des lésions limitées et surtout plastiques.
L'association louerpéro-gonorrhéique semble assez fréquente.
La tuberculose des annexes et du péritoine pelvien n'est pas rare. Les trompes sont aft'ectées beaucoup plus souvent que les ovaires, et il est prouvé qu'elles peuvent l'être primitivement. Mais généralement la recherche des bacilles de Koch est infructueuse et, quand on en trouve, ils sont en petit nombre.
Zweifel, Frommel, Doyen, ont trouvé le pneumocoque dans le pus de la salpingite. Le cas de Frommel était dune virulence extrême, démontrée par les inoculations et par la mort rapide de l'opérée, malgré une antisepsie soigneuse du péritoine dans lequel s'étaient écoulées quelques gouttes de pus.
Les microbes, venus de l'intestin et de la vessie par rupture de ces réservoirs, et en particulier le Bacterium coli commune, engendrent la péritonite putride à laquelle nous ne nous arrêterons pas.
Doléris et Bourges ont signalé, dans un cas de paramétrite purulente, l'association du streptocoque pyogène et ànProteus vulgaris.
Un grand nombre de maladies infectieuses, autres que la syphilis (Liw) : fièvres éruptives, notamment scarlatine et variole (Tait), fièvre typhoïde, typhus exanthématique, choléra (Slavjansky), provoqueraient l'ovarite folliculaire. L'action du rhumatisme (Tait, Gallard) et de certaines formes d'angine, sur l'ovaire, est très discutable. Quant à la fluxion ourlienne, étant donnée la rapidité avec laquelle elle évolue vers la résolution et son alternance avec la parotidite, elle offre sans doute beaucoup d'analogie avec ce dernier processus.
PATHOGËNIE.