PAR DISSOLUTION
tante ne devienne pas trop notable. Quand on juge la proportion de gaz recueilli suffisante, on sépare ce récipient (muni de son robinet que l’on clôt).
On peut alors soit le porter sur la cuve à mercure, où on le rouvre;
Soit extraire le gaz purifié qu’il contient, à l’aide de la trompe à mercure, qui sert d’intermédiaire pour le transférer sur la cuve à mercure.
En tout cas, il faut ensuite se débarrasser de la vapeur du dissolvant par des agents convenables.
(IV). Au 1 ieu de faire bouillir le liquide qui joue le rôle de dissolvant, en ayant recours à la chaleur ou au vide, il est souvent plus commode de déplacer à froid le gaz dissous, au moyen d’un autre gaz.
Cet artifice est utile, par exemple, pour déplacer l’azote et l’oxygène dissous dans le vin, sans altérer ce liquide par l’action de la chaleur. De même l’oxygène dissous dans l’essence de térébenthine : l’intervention de la chaleur risquerait de le faire entrer en combinaison avec ce carbure d’hydrogène. De même l’oxygène contenu dans burine, etc. A cet effet on se sert d’ordinaire du gaz acide carbonique.
On en prépare un certain volume, et sur une portion de ce volume on en vérifie la pureté absolue; c’est-à-dire l’absorption totale au moyen de quelques gouttes de potasse très concentrée.
Cela fait, on introduit un certain volume du liquide qui renferme le gaz dissous, 2oocm3 par exemple, dans un flacon d’un demi-litre, complètement rempli, retourné sur la cuve à mercure; sans agiter ledit liquide au contact de l’air ambiant et en évitant autant que possible le contact.
D'autre part, on introduit dans un autre flacon 4oocm3 environ de gaz carbonique pur et l’on fait passer dans ce flacon le liquide précédent, par parties successives. On agile vivement pendant quelques instants, après chaque addition; le système étant ramené chaque fois au voisinage de la pression atmosphérique. Il reste finalement dans le dernier flacon la moitié environ du gaz carbonique non dissous. Or ce volume renferme sensiblement la totalité de l’air ou de l’azote ou de l’oxygène, dissous primitivement dans le liquide étudié.
On sépare la partie gazeuse de la partie liquide, à l’aide de tours de main et d’appareils convenables : pipettes ou systèmes de transvasement {voir plus loin ).
Puis l’on traite ce gaz par quelques gouttes de potasse concentrée. L'acide carbonique est dissous; tandis que l’azote, ou l’oxygène dégagé du vin (ou de I essence de térébenthine) subsiste à l’état libre.
RÉCOLTE DES GAZ
En opérant ainsi, il ne reste plus dissoute dans le liquide primitif qu’une très petite fraclion du gaz qui y était contenu à l’origine : ce que l’on peut vérifier, en réitérant les mêmes épreuves sur le liquide résiduel.
Celte méthode de déplacement, appliquée à la récolle des gaz peu solubles, est plus sure que l’ébullition; laquelle, je le répèle, risque souvent d’altérer la composition des gaz dissous, surtout s’ils conlienneni de l’oxygène en présence d’une matière organique.
(V). On peut appliquer la même méthode en sens inverse à la récolte des gaz plus solubles, contenus dans un liquide, pourvu que cette solubilité ne soit pas excessive : tel, par exemple, l'acide carbonique dissous dans l’eau. On opère au début comme il vient d’être dit.
Mais, cette fois, on fait agir sur la dissolution aqueuse son volume d’azote (ou d'air), c’est-à-dire, et plus exactement, une proportion telle que le volume final des gaz restant non dissous soit à peu près égal au volume du liquide coexistant à ce moment.
Dans ces conditions, d’après les lois connues relatives à la solubilité des gaz, la moitié environ de l’acide carbonique dissous primitivement sera dégagée dans l’espace resté libre; une petite quantité d’air étant entrée en dissolution. Le rapport exact entre les quantités respectives de chaque gaz dissous peut être calculé, comme il sera dit plus loin, d’après la connaissance de leurs coefficients de solubilité à ce moment (à la température à laquelle on opère). Sans faire ce calcul d’ailleurs, le résultat qualitatif de la séparation sera sensiblement celui qui vient d’ètre signalé.
Toutes les fois que les coefficients de solubilité du gaz dissous et du gaz employé pour le déplacer sont fort différents, la méthode qui vient d’ètre décrite peut être appliquée à la reconnaissance et à la séparation approximative des gaz neutres; les gaz les plus solubles étant isolés d’un côté et les gaz moins solubles de l’autre. 11 serait trop long d’entrer ici dans ce détail : mais on trouvera cette méthode exposée longuement, comme théorie et comme pratique, dans mon Ouvrage sur Le. s carbures cl’ hydrogène, t. 111, p. 5g à 79.
§2. — Accumulation d’un gaz contenu en petite quantité