‹ Traité pratique de l'analyse des gazChapitre 21 sur 197 · REM PLISSAGE · texte numérisé non relu

REM PLISSAGE

Si Ton opère par aspiration, le col sera pourvu d’un bouchon muni de deux tubes, dont l’un s'ouvrira immédiatement au-dessous de l’oritice et l’autre au fond du flacon. Celui-ci sera tenu verticalement, le col en haut, toutes les fois que le gaz est plus dense que l’air.

Au contraire, le col est tenu en bas, dans le cas plus rare où le gaz, l’hydrogène par exemple, est moins dense que l’air.

Lorsque l’on juge l’expulsion de l’air initial accomplie, on enlève les tubes qui amènent le gaz et l’on bouche vivement le flacon avec son bouchon. Les bouchons à l’émeri sont les meilleurs; mais il convient de les garnir à leur partie la plus élevée d’une trace de matière grasse, de vaseline par exemple, afin d’en rendre la clôture hermétique.

On dispose dix ou douze flacons de ce genre, ou davantage, suivant les cas. Une fois refermés ou bouchés, la conservation des gaz qu’ils renferment est indéfinie; à moins que ces gaz ne soient altérables spontanément, ou bien que la vaseline ne soit rendue trop lluide par une élévation excessive de la température ambiante.

On vérifie avec soin que la couche de matière grasse interposée forme un parfait miroir, sans fissure, ni interposition de fil, cheveux, poussière quelconque, susceptibles de laisser un passage aux gaz lors des variations de pression extérieure. — La matière grasse doit être également déposée en dehors en excès, de façon à remplir la rainure entre le col et le bouchon. Au contraire, sa proportion interposée à l’intérieur doit être minime et réglée de façon à ne pas y constituer un bourrelet, susceptible d’être attaqué notablement par des gaz, tels que le chlore, ou le gaz iodhydrique.

Dans tous les cas, on place ensuite les flacons remplis à l’abri de la lumière solaire directe, et de préférence dans une armoire close, et dans un lieu où la température n’éprouve que de lentes variations; par conséquent loin des espaces insolés et des foyers calorifiques de toute espèce.

On peut ainsi conserver les gaz indéfiniment; à moins qu’ils ne soient altérables spontanément (hvdrogène arsénié, sélénié, etc.); ou bien susceptibles d’attaquer lentement le verre, en formant de l’eau aux dépens des oxydes alcalins et métalliques qui le constituent : ce qui arrive notamment avec le gaz fluorhydrique, le gaz bromhydrique,

les fluorures acides, etc.

On constitue ainsi des collections gazeuses. Ces llacons devront être pourvus d’étiquettes écrites à la mine de plomb, ou à l’encre de Chine, substances moins altérables que l’encre ordinaire dans l’atmosphère des laboratoires. On prend soin d’y inscrire la date de la préparation et un numéro, indiquant l’ordre suivant lequel ils ont été

RÉCIPIENTS

recueillis. En effet, les premiers flacons récoltés contiennent souvent quelque trace d’air; tandis que les derniers peuvent être souillés par les produits secondaires, qui se développent parfois à la lin des préparations pyrogénées.

Malgré tous ces soins, l’altération progressive du papier sous l’inlluence de l’humidité et des vapeurs de laboratoire finit à la longue par rendre ces étiquettes illisibles.

§ 2. — Récipients contenant des liquides. — Eau.

Le plus souvent on recueille les gaz, en déplaçant un liquide contenu dans un récipient, eau ou mercure.

Le récipient étant alors clos d’un côté par le liquide, sa forme n’est plus limitée à celle des ballons, flacons et analogues.

Quand le volume du gaz est restreint, on emploie des éprouvettes , dont la capacité varie depuis quelques centimètres cubes jusqu’à un demi-litre. Au delà, on se sert de cloches de verre, épaisses, pourvues ou non de robinets, et susceptibles dans l’occasion d’être closes par une plaque épaisse de verre dépoli, avec interposition de suif ou de vaseline.

Si le volume du gaz destiné aux expériences est trop considérable, on se sert de gazomètres métalliques {fig. 19).

Le gazomètre représenté, d’une capacité de 301 à 5o‘, est d’un usage très répandu dans les laboratoires. C’est un vase cylindrique de cuivre, surmonté d’un autre vase servant de cuvette : cette cuvette communique avec le cylindre par deux tubes à robinets, l’un plongeant presque jusqu’au fond du cylindre, l’autre t réunissant simplement le cylindre et la cuvette. Un tube de verre latéral cl indiquant le niveau de l’eau à l’intérieur. Le robinet latéral a sert pour le dégagement du gaz. Enfin vers le bas se trouve une ouverture plus large, qu’on ferme hermétiquement par un bouchon à vis, muni d’un cuir gras.

Pour remplir d’eau tout l’appareil, on ouvre tous les robinets, le bouchon inférieur étant vissé, et l’on verse de l’eau dans la cuvette; cette eau s’écoule à l’intérieur, par le robinet du tube vertical situé sur le côté, en déplaçant l’air du cylindre; lequel s’échappe d’abord par les robinets a et t. Quand tout est plein, on ferme les trois robinets, en commençant par a. Pour introduire le gaz, on dévisse le gros bouchon de l’ouverture latérale inférieure, et l’on y fait pénétrer le tube à dégagement de l’appareil producteur. Le gaz, se dégageant ainsi sous une couche d’eau, gagne la partie supérieure du cylindre et déplace

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