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Quant à X oxygène combiné, on peut le mettre en liberté, dans certains cas, par l’action prolongée d’une série d’étincelles électriques, agissant par exemple :
Sur l’acide carbonique, qui se décompose en partie en oxyde de carbone et oxygène libre;
Sur la vapeur d’eau, qui se décompose en partie en hydrogène et oxygène libre;
Sur le protoxyde d’azote, qui se décompose en partie en azote libre et oxygène, etc.
L’analyse des mélanges ainsi obtenus par l’étincelle peut être faite ensuite par différentes méthodes, de façon à isoler, ou à manifester l’oxygène libre qu’ils renferment.
2. Hydr ogène. — L’étincelle est sans action sur l’hydrogène libre. Elle fait détoner son mélange avec l’oxygène.
L’ hydrogène combiné est mis à nu, en tout ou partie, de ses combinaisons, par une série prolongée d’étincelles, et l’on peut le retrouver à l’aide d’une analyse ultérieure.
Les composés hydrocarbonés en particulier fournissent ainsi de l’acétylène; quelques gouttes de chlorure cuivreux ammoniacal introduites dans l’éprouvette, après transvasement, y font naître alors un composé rouge caractéristique.
3. Azote. — L’étincelle électrique est sans action sur ce gaz pur. Mais son mélange avec d’autres gaz est susceptible de produire des corps caractéristiques, tels que le gaz hypoazotique, ou l’acide cyanhydrique.
Si l’on ajoute de l’oxygène, une série d’étincelles développe en peu de minutes la vapeur nitreuse, que l’on caractérise par le sulfate ferreux, comme il a été dit plus haut.
L'azote peut être aussi caractérisé, nettement et aisément, par la formation de l’acide cyanhydrique, puis du bleu de Prusse.
Soit, en effet, l’azote mélangé avec un carbure d’hydrogène, tel que l’acétylène ou l’éthylène, ou bien avec la vapeur d’éther, avec addition d’un excès d’hydrogène : le tout traversé par une série d’étincelles électriques fournit en un quart d’heure une dose considérable d’acide cyanhydrique
Az2-b C2H2 = 2CHAz.
L’odeur accuse déjà cette formation.
Mais, pour mieux la caractériser, il est préférable de former du bleu
ANALYSE QUALITATIVE
de Prusse. A cette fin, ou introduit dans l’éprouvette un quart de centimètre cube de potasse concentrée, et l’on agite : la vapeur cyanhydrique est absorbée et changée en cyanure de potassium. On sépare l’excès du gaz. On ajoute 4cm3 à 5cra3 d’eau pure dans l’éprouvette; puis on enlève le liquide aqueux, à l’aide d’un tube effilé, et on le place dans un petit verre à pied.
D’autre part, on mélange une dissolution de sulfate ou de chlorure ferreux avec une dissolution de sulfate ou de chlorure ferrique, ces dissolutions renfermant chacune 5 à io pour ioo de sel. On opère le mélange sur 2cm3 à 3cm* de chaque liqueur.
Cela fait, on verse un centimètre cube de ce mélange, goutte à goutte, dans la solution de cyanure préparée plus haut, jusqu’à formation d’un abondant précipité verdâtre, mélange des deux oxydes ferrique (jaune) et ferreux (vert). Si la potasse faisait défaut, on n’obtiendrait que le premier oxyde, ce qui est insuffisant. On agite; puis on ajoute dans le dernier mélange de l’acide chlorhydrique, étendu préalablement de io à 20 parties d’eau : on le verse goutte à goutte, jusqu’à ce que la liqueur olfre une réaction acide bien prononcée. On observe alors la formation très nette du bleu de Prusse. On caractérise ainsi sans difficulté im» et même ^ de milligramme d’azote libre.
L’azote combiné peut être reconnu par les mêmes artifices.
En effet, l’action prolongée des étincelles met en liberté l’azote dans tous les composés gazeux qui en renferment et 011 le retrouve comme résidu à la fin des analyses, après absorption des autres gaz par l’action de la combustion, de la potasse, des acides, du brome, etc.
Les composés l^drocarbonés renfermant de l’azote sont en général changés directement par l’étincelle en acide cyanhydrique. Seulement, dans ces essais, il convient de se tenir en garde contre les petites quantités d’azote libre, provenant des traces d’air qui sont fréquemment mélangées avec les gaz dans le cours de leur récolte.
k et 5. Argon et hélium. — Ces gaz résistent à l’action de l’étincelle, même en présence de l’oxygène: ce qui permet de les séparer de l’azote, changé en composés acides, absorbables par la potasse.
6. Chlore , fluor, vapeur de brome , d' iode. — Rien de spécial par l'action des étincelles électriques.
Le brome ne colore pas en rose le sulfate ferreux mêlé d’acide sulfurique : ce qui le distingue de la vapeur nitreuse.
Ces gaz et vapeurs attaquent d’ailleurs le mercure.
ANALYSE ÉLECTRIQUE
Eléments unis à l'oxygène.
7. Vapeur d'eau. — L’eau offre les propriétés d’un gaz : soit à la température ordinaire dans le vide barométrique; soit à ioo°, dans un tube autour duquel circule un courant de vapeur d’eau {fig. 54). Ce
gaz, traversé par une série d’étincelles électriques, pendant une heure par exemple, est décomposé en partie, avec production d’une certaine dose d’hydrogène et d’oxygène libres,
En cessant le flux d’étincelles et laissant refroidir, l’eau non décomposée se condense et il reste quelques centièmes d’un mélange de ses éléments.
Ce mélange se distingue parce qu’il détone sous l’influence d'une seule étincelle.
On peut y absorber auparavant l’oxvgène libre par un agent convenable, ce qui laisse l’hydrogène.
8. Protoxyde d'azote. — Quelques étincelles le décomposent en grande partie en azote et oxygène libres. En même temps il se forme du bioxyde, que l’excès d’oxygène présent change en gaz hypoazotique. On peut absorber ce dernier par la potasse, puis le bioxyde d’azote
ANALYSE QUALITATIVE
s’il y a lieu, par le sulfate ferreux, et il reste un mélange d’azote et d’oxygène libre, que l’on caractérise par d’autres méthodes.
Si l’on prolonge l’action des étincelles, il se forme en abondance, par suite de la recombinaison de l’azote et de l’oxygène, des vapeurs nitreuses, que l’on caractérise comme plus haut. Leur formation indique la présence simultanée de l’azote et de l’oxygène.
9. Bioxyde d'azote. — Décomposition rapide par l’étincelle, avec formation de vapeur nitreuse, et mise en liberté finale d’azote et d’oxygène, que l’on isole en absorbant d’abord celte vapeur par la potasse.
10. Vapeur nitreuse (mélange variable de gaz hypoazotique et de gaz azoteux). — Attaque le mercure. Une série d’étincelles met en liberté de l’azote et de l’oxygène, que l’on retrouve, après avoir fait absorber par la potasse la vapeur nitreuse excédente.
11. Composés oxygénés du chlore. — Ces composés attaquent le mercure. Ils détonent par l’action des étincelles, en produisant du chlore et de l’oxygène, lequel subsiste seul après absorption du chlore par les alcalis.
12. Acide sulfureux. — Une série d’étincelles le décompose partiellement en soufre et anhydride sulfurique, lequel attaque le mercure