CHAPITRE XI
ACTION DES ALCALIS SUR LES GAZ
Les alcalis peuvent être employés dans l’analyse des gaz sous trois formes :
1 0 État gazeux.
L’ammoniaque et les amines hydrocarbonées réagissent sur les gaz acides en formant des sels cristallisés : ce qui a été dit plus haut; et elles agissent aussi sur ies chlorures acides, en formant des amides (oxychlorure de carbone) et des acides amidés.
20 Etat solide.
La chaux et la baryte anhydres éliminent rapidement les hydracides gazeux et corps analogues. Elles sont aussi employées comme agents dessiccateurs. Mais ces alcalis sont peu usités sous cette forme dans l’analyse des gaz, parce que ce sont des corps poreux, contenant de l’air qui souille les produits consécutifs;
E hydrate de potasse solide, KOH, préparé par fusion est un agent dessiccateur et absorbant des gaz acides. Il sert surtout (après humectation) à l’absorption de l’acide carbonique.
La potasse absorbe aussi les gaz suivants : chlore et composés oxygénés du chlore, vapeur de brome, acide hypoazotique, acide sulfureux, oxychlorure de carbone, chlorure de cyanogène, acide chlorhydrique, acide bromhydrique, acide iodhydrique, fluorure de bore, fluorure de silicium, hydrogène sulfuré, hydrogène teliuré, cyanogène et vapeurs d’acide cyanhydrique, oxysulfure de carbone (absorption très lente), etc.
On emploie la potasse solide sous forme de pastilles ou de cylindres, coulés dans des moules et que l’on débite au besoin en petits fragments.
S’il s’agit d’absorber des gaz acides, on trempe la potasse un instant
dans l’eau, avant de l’introduire dans L’éprouvette sur le mercure, opération qui a pour effet de revêtir le fragment d’une couche de solution saturée, dense et visqueuse, très apte à absorber les gaz rapidement, sans introduire de bulles d’air dans les éprouvettes. On emploie aussi les solutions très concentrées et sirupeuses de potasse, lesquelles offrent cet avantage de ne tenir en dissolution que des traces d’air négligeables et de n’émettre de vapeur d’eau qu’en vertu d'une tension de vapeur également négligeable. C’est là une circonstance essentielle à connaître, dans les mesures eudiométriques, au cours desquelles on a coutume de tenir compte de la tension normale de la vapeur d’eau, au lieu de la tension beaucoup plus faible et mal connue des solutions de potasse.
Il convient de ne pas oublier que les solutions étendues de potasse absorbent également les gaz très solubles dans l’eau : gaz ammoniac, oxyde de méthyle, etc.
Dans l’analyse des gaz, on se sert parfois de la chaux sodée, mat ière solide, qui peut produire une dessiccation et une absorption de l’acide carbonique beaucoup plus efficace que la potasse solide et la chaux anhydre. Mais il faut alors se tenir en garde contre l’air retenu, en vertu de la porosité, dans la chaux sodée.
3° Etat dissous.
La potasse est souvent employée sous celte forme. Elle dissout alors aisément tous les gaz et chlorures acides. Elle détruit l’hydrogène silicé, en produisant 4 fois son volume d’hydrogène.
L’eau de chaux et l’eau de baryte absorbent également les gaz acides. L’eau de chaux est même un réactif très sensible de l’acide carbonique et aussi de la formation du carbonate de chaux insoluble. N’oublions pas que ce carbonate se dissout dans un excès d’acide carbonique, excès qu’il convient d’éviter.
ANALYSE QUALITATIVE