OXYGÈNE
6° Dosage.
La réaction de l’hydrogène sur l’oxygène peut être utilisée pour doser l’oxygène très exactement dans l’air et dans divers mélanges gazeux.
On dose l’oxygène à froid : à l’aide du phosphore (p. 1 55 ) ;
Ou bien à l’aide du chlorure cuivreux ammoniacal (p. 194);
Ou du sulfate chromeux dissous, peu usité;
Ou de rhydrosnlfite de soude;
Ou du pyrogallol additionné de potasse (p. 1 85 ).
Les conditions de ces dosages et les causes d’erreurs ont été indiquées aux endroits cités.
§ 1 bis. — Ozone.
Oxygène polymérisé.
Poids moléculaire : Oz = 03 = 48.
Poids du litre . 2s, 14
Point d’ébullition . — 1190
Gaz presque incolore, sous une faible épaisseur; coloré en bleu sous une épaisseur considérable (p. 84 , fig* 38); avec bandes d’absorption spéciales.
Odeur propre, irritante, extrêmement sensible dans l’air à la dose d’un millionième et même au-dessous.
Très peu soluble dans l’eau, l’ozone se dissout dans l’éther anhydre en formant du peroxyde d’éthyle, corps explosif, mais décomposable à son tour par l’eau en alcool et eau oxygénée. Cette dernière donne lieu à une réaction très sensible, par la belle coloration bleue qu’elle communique à une solution étendue d’acide chromique libre.
L’ozone se décompose spontanément, d’autant plus vite que la température est plus élevée. Cette destruction est subite à 25o°; elle l’est aussi par une compression brusque.
L’ozone oxyde à froid une multitude de corps. Dans la plupart des cas, il se décompose ainsi, en cédant à la matière oxydable la moitié de son volume d’oxygène et en en mettant en liberté son propre volume.
L’ozone humide oxyde à froid l’argent, en formant un peroxyde noir. Il attaque le mercure, le phosphore, etc.
MONOGRAPHIES
Il enflamme l’hydrogène phosphoré, l’éthylène et divers autres gaz hydrocarbonés.
Il oxyde l’ammoniaque, avec formation de fumées blanches d’azotite et d’azotate. Il décolore l’indigo, attaque et perce le caoutchouc. Il met en liberté l’iode de l’iodure de potassium, peroxyde le protoxyde de thallium, les solutions de sels manganeux, etc., etc.
Dosage.
On dose l’ozone au moyen d’une solution titrée d’acide arsénieux, employée en excès.
A cet effet on prépare une liqueur titrée arsénieuse, soit 2^,470 As2 O3 dans un litre renfermant 5cm3 d’une solution chlor hydrique concentrée.
On vérifie ce titre, en versant dans un volume déterminé de la liqueur arsénieuse un excès notable de permanganate de potasse étendu, préalablement titré et additionné d’un grand excès d’acide sulfurique. On complète ensuite la décoloration, à l’aide d’une solution titrée d’acide oxalique étendu. Ces opérations se font à froid, ou dans une liqueur tiède. On dépasse un peu la limite avec l’acide oxalique; puis on revient en versant goutte à goutte le permanganate, jusqu’à réapparition permanente de la teinte rose.
Les dosages ont lieu dans ces conditions à ^ de milligramme.
Après titrage préalable de la liqueur arsénieuse, on fait agir sur iocm3 de cette liqueur le gaz contenant de l’ozone; ce qui s’effectue par agitation, durant quelques minutes, dans un petit flacon de capacité connue, renfermant le gaz ozoné; puis on titre comme il vient d’être dit le permanganate restant. La différence des deux résultats indique le poids de l’oxygène absorbé : le poids de l’ozone est triple. (Ann. de Chim. et de Phys., 5e série, t. X, p. 162.)