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CHAPITRE TX

SOINS RELATIFS A LA GROSSESSE

La femme enceinte est plus excitable, plus sensible que celle qui est dans l'état de vacuité. Elle doit donc être soustraite aux variations atmosphériques qui pourraient déterminer chez elle les affections aiguës des poumons : la toux, comme je l'ai dit, est d'ailleurs une cause fréquente d'avortement.

Elle devra faire usage d'un corset sans baleine pour soutenir les seins et l'abdomen, sans les comprimer.

Si elle doit nourrir, il sera bon (fe lui conseiller de porter de bonne heure des bouts de sein de buis ou de caoutchouc, dans lesquels le mamelon puisse se loger (fig. 101) : c'est un moyen d'éviter l'aplatissement des mamelons, de favoriser leur saillie. L'enfîmt éprouvera beaucoup moins de peine à saisir le sein ainsi disposé par avance. Elle devra aussi, un mois avant d'accoucher, mettre sur le bout des seins un peu de coton imbibé de rhum ou d'eau-de-vie, pour endurcir le mamelon et prévenir les crevasses.

Elle doit éviter la course, cesser de danser, et il va sans dire qu'elle ne doit ni faire de gymnastique, ni monter à cheval.

Dans les soins de propreté, elle devra éviter les bains, les ablutions et les lavements trop chauds.

Les bains ne devront avoir que 20 à 30 minutes de durée. La femme enceinte ne doit jamais se mettre au bain sans être accompagnée, son état la disposant plus qu'à l'ordinaire aux syncopes. Elle devra être recouverte de linges chauds à sa sortie pour éviter d'être prise d'une toux qui peut, par les secousses qu'elle détermine, amener des contractions prématurées.

Jamais elle ne devra mettre ses pieds à l'eau : cette toilette des pieds ne doit être faite qu'à l'aide d'ablutions tièdes.

Si la constipation ne cédait pas aux lavements simples, les laxatifs légers doivent être seuls employés, l'huile de ricin, la limonade gazeuse purgative.

SOINS RELATIFS A LA GROSSESSE. 335

Enfin, elle évitera l'usage des voitures, surtout dans les premiers temps, et pour le cas où elle serait obligée d'y aller, elle devra faire usage d'un coussin élastique à air ; elle fuira les réunions nombreuses, les secousses physiques et morales. On devra lui recommander un exercice modéré, sans fatigue. Les bains de mer peuvent être permis; ceux de rivière seront d'un bon usage, mais la femme ne devra pas nager.

Ce qu'il y a de plus raisonnable à faire pour une femme enceinte, c'est de ne pas voyager : les voyages entraînent après eux une foule de causes de fatigue, d'accidents, qui peuvent être très-préjudiciables ; cependant, la femme dont la santé exigera un changement d'air, ou qui par nécessité s'éloignera de chez elle, devra 1° ne pas s'étendre en voiture, avoir un coussin élastique comme je l'ai dit, et si en chemin de fer, elle éprouvait ce mouvement appelé de lacet, mouvement de va-et-vient de droite à gauche , qui disloque les reins suivant l'expression, si significative, employée par quelques femmes pour exprimer le malaise qu'elles éprouvent, elle devra se placer de côté, alors le mouvement n'agira plus latéralement, mais d'avant en arrière et il sera sans inconvénient. Pour monter et descendre des voitures, la femme devra être soutenue convenablement.

Les voyages en mer devront être interdits, à cause du mal de mer, qui est tant à craindre en pareil cas.

L'alimentation de la femme sera saine et abondante ; on ne lui permettra pas de faire un usage exclusif des aliments peu nutritifs que son goût la porte à choisir; mais cependant il ne faut pas l'en priver tout à fait.

Ainsi, on peut lui permettre de manger de la salade, des fruits, de prendre un peu de café. Mais on devra lui interdire formellement l'usage trop répété des liquides spiritueux.

Et il ne faut pas croire que cette précaution doive être prise seulement avec les femmes du peuple. J'ai connu des femmes appartenant à la classe la plus élevée de la société qui, dans l'état de vacuité, ne buvaient que de l'eau, et auxquelles on était obligé de faire cette recommandation dans leur grossesse.

Quant aux rapports conjugaux, il y aurait inconvénient à les interdire comme l'ont fait quelques médecins. D'abord ce conseil serait bienrarementsûivi, même s'il était nécessaire de s'y conformer, il est démontré, d'ailleurs, que des rapports modérés avec réserve sont sans nul inconvénient et que l'abstinence au contraire pourrait en avoir.

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