‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 119 sur 287 · INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR LES MALADIES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR LES MALADIES

Plusieurs maladies surviennent, se suspendent ou disparaissent pendant la grossesse : telles sont la céphalalgie, l'odontalgie, les névralgies faciales, dont je me suis occupé. J'ai vu à la Clinique, chez une nommée Aglaé Masson, un goitre, développé sous l'influence de la grossesse, augmenter pendant l'accouchement, et disparaître petit à petit après la couche.

D'autres maladies existantes avant la conception, et qui n'avaient jusqiv'alors présenté que peu de gravité, deviennent souvent trèsfàcheuses sous l'influence de la grossesse; quelques-unes, légères, disparaissent complètement. J'ai vu souvent, quoi qu'on ait dit, la phthisie se modifier pendant le cours de la gestation, et faire place, en apparence, à la santé la plus parfaite ; mais cet effet, le plus souvent, n'est que momentané. Après l'accouchement les symptômes marchent de nouveau, avec une rapidité effrayante, vers une terminaison funeste.

M. Ch. Dubreuilh, de Bordeaux, a présenté à l'Académie un mémoire sur l'influence de la grossesse sur la phthisie le 2 octobre 1849.

Dans les observations réunies par M. Dubreuilh, on voit que la phthisie s'est déclarée, ou du moins qu'elle s'est caractérisée dans les trois premiers mois de la gestation. Quatre femmes paraissaient jouir d'une excellente santé au moment de la conception, tandis que les huit autres (le mémoire renferme treize observations) présentaient déjà depuis un temps plus ou moins long quelques symptômes plus ou moins suspects. Contrairement aux prévisions qu'on devait avoir, d'après les idées reçues, on vit dans tous les cas les accidents, loin de s'amender, se caractériser davantage et la phthisie se confirmer. Dans aucun des faits présentés par M. Dubreuilh, comme dans aucun de ceux que M. le rapporteur a recueillis luimême, on n'a vu la grossesse exercer sur la marche de la phthisie pulmonaire le pouvoir suspensif qu'on lui a si généralement attribué. Loin de là, elle a plutôt joué le rôle tantôt d'une cause déterminante, tantôt celui d'une circonstance aggravante.

Page 1