‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 121 sur 287 · ACCOUCHEMENT EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ACCOUCHEMENT EN GÉNÉRAL

qui lui permettent de se contracter et d'expulser un fœtus dont le développement est prématuré, ou bien, au contraire, de n'atteindre ces modifications qu'après le terme, afin que l'organisation du produit puisse se perfectionner. C'est ce que la raison ne peut s'empêcher d'admettre, et c'est aussi ce que prouvent les expériences faites sur les animaux. Ne voit-on pas, en effet, les femelles d'animaux domestiques, chez lesquelles il est toujours facile de constater l'époque de l'imprégnation, mettre au monde des petits, forts et volumineux, quelques jours avant terme, et sans qu'une autre cause que la perfection du produit ait pu déterminer cette expulsion. Ne voit-on pas aussi des petits êtres expulsés bien après le terme, parce qu'ils n'avaient pas atteint le degré de perfection nécessaire. Chez les vaches, par exemple, qui portent neuf mois comme la femme, ces variations sont extrêmement sensibles : quelques-unes ont vêlé trente et quelques jours avant terme; d'autres, trente jours après *. Pourquoi l'espèce humaine ne serait-elle pas soumise aux mêmes irrégularités ?

On objecterait en vain les difficultés qui s'opposent, chezla femme, à la constatation de ces faits que l'analogie suffirait à faire admettre; car ils sont prouvés par les exemples nombreux qu'on en trouve dans les auteurs, et, entre autres, par celui quia été cité par Désormeaux, d'une femme folle et gardée à vue, qui n'accoucha qu'à neuf mois et quinze jours.

Quand l'enfant est né faible, on peut croire que la femme a eu un retard ou deux avant de devenir enceinte. Mais quand les enfants sont forts, comme je l'ai observé souvent quand la grossesse a paru dépasser le terme de 270 jours, on peut raisonnablement admettre que ce terme a été dépassé.

Le docteur Rob^ a aussi rapporté plusieurs de ces faits, intéressants à d'autres titres ; en voici l'extrait :

Une femme qui avait eu un commencement de travail prématuré se trouvait sur un bâtiment qui fit naufrage ; elle fut tant tourmentée p&r la crainte de voir périr un de ses enfants, qu'elle courut de tous côtés et fit tous ses efforts pour le sauver; les douleurs utérines se calmèrent sur-le-champ et la femme n'accoucha que 332 jours après la dernière époque menstruelle. — Une femme âgée de 34 ans, mère de plusieurs enfants, croyait, d'après ses calculs, accoucher le 5 juin 1851 : vers la fin du septième mois, elle assista à une soirée de magnétisme et rentra chez elle dans un tel état de malaise et

1 Pour de plus amples détails, voyez Velpeau, Traité d'accouchements, 2^ édition. Paris, 1835, t. I, p. 382.

2 Union médicale, 8 juin 1858.

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