PREMIÈRE ÉPOQUE DU TRAVAIL
Le travail de l'accouchement se compose d'une succession de phénomènes qui varient sous l'influence d'une multitude de circonstances.
Ainsi le travail offre des dissemblances chez les femmes primipares et chez celles qui ont eu des enfants; il est aussi influencé par l'énergie physique et morale, par l'état physiologique et pathologique de la femme. Mais cependant, malgré ces variétés, l'esquisse rapide que je vais tracer représentera, aussi exactement que possible, les diverses phases du travail chez une femme primipare.
Au début du travail, la femme éprouve une espèce de constriction intérieure qui la trouble, et qu'elle a peine à exprimer; tout son corps frémit, la respiration est gênée, le pouls se ralentit, toutes les forces vitales semblent se concentrer sur l'organe destiné à accomplir le grand acte de la naissance de l'homme, en abandonnant tous les autres ; ainsi l'estomac cesse ses fonctions, il survient des nausées, quelquefois une soif ardente; le visage pâlit et s'altère, la peau se couvre d'une sueur visqueuse. Les femmes éprouvent un sentiment de lassitude; souvent alors elles sont tourmentées par des idées sinistres, pleurent, s'agitent ou restent immobiles. Pendant ce temps, d'autres phénomènes intimes s'accomplissent. Aux douleurs éloignées et peu vives que la femme avait éprouvées jusque-là, succèdent des contractions utérines plus manifestes, plus douloureuses. Le col commence à s'entr'ouvrir, des mucosités mêlées de stries sanguinolentes s'écoulent; pendant la contraction, à travers les bords de l'orifice tendu et résistant, on sent les membranes qui s'engagent sous forme de poche sphérique, dont les dimensions augmentent à mesure que la dilatation s'accroît, et dont la forme varie en raison de diverses circonstances que je signalerai plus tard; les