PRÉSENTATIONS ET POSITIONS DU FOETUS
même ligne que celles dans lesquelles elles viennent se fondre. Aussi M. P. Dubois a-t-il appelé celles qui persistent pendant toute la durée de l'accouchement, des présentations franches, et les autres des variétés de ces présentations franches.
Pour cela, il a divisé le produit en trois régions principales, qui peuvent se présenter au détroit supérieur, l'extrémité céphalique, l'extrémité pelvienne et le tronc.
Mais la tête peut se présenter fléchie ou défléchie; il faut donc distinguer, pour cette tête, une présentation du sommet et une présentation de la face.
Le sommet ne se présente pas toujours d'aplomb au détroit supérieur, il peut être incliné ; une bosse pariétale, môme la partie voisine de l'oreille (rare), peut occuper le détroit supérieur : variété de présentation pariétale, droite ou gauche.
Le sommet peut être très-fléchi, variété occipitale; il peut être non fléchi, variété frontale.
Il y a donc une présentation franche pour le sommet et quatre variétés de présentations.
Il en est de môme pour la face, qui compte, une variété frontale, quand c'est le front qui se présente ; deux variétés malaires, quand l'une ou l'autre joue occupe le détroit; une variété mento-cervicale^ quand c'est le menton et une petite partie du cou de l'enfant qui se présente.
Lorsque l'extrémité pelvienne se présente, les jambes sont habituellement fléchies sur les cuisses, les cuisses sur l'abdomen, mais il peut arriver que ces parties soient séparées : ainsi les fesses seules, les pieds seuls, les genoux seuls peuvent se présenter; mais comme ces diverses circonstances n'apportent dans l'expulsion que de bien légères modifications, on ne doit pas les considérer comme des présentations distinctes, mais com.me des manières d'être, des modes différents d'une seule et même présentation, et l'on n'admet alors qu'une présentation pour l'extrémité pelvienne.
De plus, l'extrémité pelvienne, qu'elle se présente complète ou décomplétée, ne s'offre pas toujours franchement au détroit supérieur ; elle peut, comme le sommet, comme la face, être inclinée en quatre sens différents: deux variétés iliaques, quand c'est l'une ou Tautre hanche qui se présente; une variété sacrée, quand c'est le sacrum; une variété antérieure, quand l'extrémité pelvienne se présente par le devant des tibias, si elle est complète, ou par la partie postérieure des cuisses, si ce sont les fesses seules qui s'engagent.
Bien entendu que ces variétés de présentation ne sont rcconnaissables que dans la présentation complète et dans celle des fesses,
les genoux et les pieds étant beaucoup trop mobiles pour qu'on puisse, par leur direction, apprécier les inclinaisons du bassin de l'enfant.
Enfin, madame Lachapelle avait, depuis longtemps, remarqué dans les présentations du tronc, que les côtés seuls du tronc occupaient le détroit supérieur : aussi, à son exemple, on a divisé le tronc en deux moitiés latérales, ce qui donne deux présentations : une pour la région latérale droite; l'autre, pour la région latérale gauche. Dans la présentation franche, c'est l'épaule, l'acromion, qui occupent le centre du détroit supérieur. Ce qui fait qu'on a l'habitude de nommer les présentations du tronc, des présentations de l'épaule, droite ou gauche; mais ces présentations peuvent être, comme les autres, franches ou irrégulières. Ainsi une petite portion du dos peut être sentie à l'orifice en môme temps que l'épaule, variété dorsale ; une petite portion de la poitrine, variété sternale; une petite portion de la partie inférieure du cou de l'enfant, variété cervicale ; la partie du côté sur laquelle repose le coude l'enfant, variété cubitale; présentations irrégulières qui, comme les correspondantes du sommet de la face et de l'extrémité pelvienne, viennent se fondre dans la présentation de l'épaule droite ou gauche.
En résumé, M. P. Dubois a admis cinq présentations franches, et quatre variétés de présentations pour chaque présentation franche. Mais il n'a pas rangé ces dernières dans la même classe que les présentations franches : 1° parce qu'elles n'existent qu'au début du travail, et viennent se fondre dans la présentation mère; 2° parce qu'elles ne modifient que très-peu le mécanisme de l'accouchement spontané; 3° parce qu'elles nej changent presque rien aux manœuvres principales. Mais il a dû en tenir compte dans la pratique, seulement, parce qu'elles sont quelquefois senties à l'orifice, et parce que, dans quelques circonstances, très-rares il est vrai, elles mettent dans l'obligation d'agir par leur persistance, leur nonréduction en présentation franche.
C'est ce que le mécanisme de l'accouchement naturel fera mieux comprendre.
§ 2. — Des positionfs.
Les anciens accoucheurs, comme je l'ai déjà dit, se fondant sur ce que les présentations pouvaient être en rapport avec tous les points du contour du détroit supérieur, avaient admis un grand nombre de positions, dans chacune desquelles le mécanisme de l'accouchement variait.
Nsegelé, M. Stoltz et M. P. Dubois, se fondant sur ce que l'accou-