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ASPHYXIE DES NOUVEAU -NÉS

Il est rare que l'asphyxie se manifeste seule. Cependant cette circonstance peut se rencontrer chez l'enfant né faible ou avant terme à la suite des accouchements manuels. Cet état se reconnaît à la pâleur de la peau, à la flaccidité, à la mollesse des chairs, au refroidissement, et surtout à l'absence complète de respiration.

Dans ce cas on se garde bien de laisser écouler une goutte de sang par le cordon; on y fait pratiquer rapidement une ligature provisoire, pendant qu'on comprime l'extrémité du cordon coupé. Quant aux autres soins, ils sont les mêmes que dans l'état d'apoplexie et d'asphyxie; seulement l'air extérieur ne doit être reçu que sur la face et la poitrine de l'enfant, tandis que toutes les autres parties de son corps seront recouvertes de linges très-chauds et à chaque instant renouvelés.

ARTICLE III

FAIBLESSE CONGENIALE.

Les enfants nés avant terme ou à la suite de maladies graves de la mère demandent des soins tout particuliers : ils doivent être enveloppés de coton cardé et exposés à une température assez élevée; le meilleur moyen d'y parvenir est de les entourer de bouteilles d'eau chaude^ et mieux encore de les placer dans un berceau de métal^ en forme de bain-marie. On cite des enfants nés très-faibles et à peine parvenus au terme de la viabilité, qui ont pu être conservés à la vie au moyen de cette espèce d'incubation. Je vois souvent une grande et belle fille aujourd'hui âgée de vingt-deux ans, que j'ai mise au

monde au terme de sept mois, qui était d'une petitesse extrême : c'est un exemple remarquable de ce que peuvent produire ces soins.

Avant de vêtir l'enfant, et après s'être assuré qu'il n'a aucun vice de conformation, on doit enlever la matière cérumineusê qui recouvre ordinairement sa peau. Pour y parvenir facilement, on délaie cette matière avec de l'huile tiède, du cérat, et on l'essuie ensuite avec un linge; mais, pour ne laisser aucune impureté, il faut plonger l'enfant dans une eau tiède, légèrement savonneuse, dans laquelle on le lave avec soin.

Cela fait, on le place sur des linges chauds disposés sur les genoux de la garde, qui l'essuie rapidement et Phabille.

Elle place d'abord sur la tête un petit bonnet de toile fine, dit béguin, puis un de flanelle; enfin, un bonnet d'étoffe légère, si l'on est en été, et d'un tissu chaud, si l'on est en hiver. Elle recouvre les bras et la poitrine d'une petite ch'emisette de toile fine, ouverte par derrière, puis d'une seconde et d'une troisième d'un tissu plus ou moins chaud, suivant la température : elles doivent être fixées à l'aide de cordons. En général, à moins que ce ne soit pour le maillot supérieur, on doit proscrire les épingles, parce qu'elles peuvent piquer l'enfant. M. Capuron rapporte, d'après de Haën et Underwood, que cette cause a suffi pour déterminer chez quelques enfants des convulsions et la mort. D'ailleurs, quand l'enfant pousse des cris, dont on ignore presque toujours la cause, on est sans cesse tenté d'attribuer son chagrin à une épingle mal placée, et, pour s'assurer du fait, on se voit contraint de le déshabiller à chaque instant.

Avant d'achever la toilette de l'enfant, il faut placer le cordon orabihcal dans une compresse de linge fin, double, carrée, et percée d'un trou dans lequel on engage le cordon; on relève le tout audessus de l'ombilic. Une seconde compresse est placée sur la première, puis on met sur cet appareil une ceinture préparée à l'avance avec des cordons; si cette bande n'avait pas été préparée, on ferait deux ou trois tours de bande que l'on fixe avec une aiguillée de fil. Cela fait, on enveloppe le siège et les extrémités inférieures dans un premier lange appelé couche; celui-ci est de toile, celui qui le recouvre sera de laine ou de coton, suivant la saison; mais ce maillot ne devra jamais être serré, il devra simplement être replié par le bas, afin que les extrémités inférieures puissent se mouvoir librement sans se refroidir. La méthode anglo-américaine, qui consiste à placer la couche de l'enfant en culotte, en la recouvrant d'un morceau de tafli'etas gommé, à lui mettre des bas de laine et des chaussons, puis des jupons de laine, est généralement adoptée à Paris : elle permet de maintenir les enfants bien plus sèchement et

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