DELIVRANCE NATURELLE
bien plus proprement. Si la température est froide, si l'enlant a besoin de chaleur, on place sur le cou et les épaules un fichu de mousseline, qui enveloppe aussi les mains, el que l'on fixe par derrière. Enfin, on le couche sur le côté dans son berceau, et jamais on ne le dépose provisoirement sur un siège, tel que fauteuil ou canapé, sur lequel quelqu'un, par inadvertance, pourrait s'asseoir. Des enfants ont souvent été victimes d'une pareille négligence : aussi on ne saurait trop insister sur cette précaution.
Tout le temps que l'accoucheur a été obligé de s'occuper de l'enfant, il a dû surveiller l'état de la mère ; mais aussitôt qu'il a pu confier l'enfant à la garde pour l'habiller, il doit retourner immédiatement auprès de l'accouchée. Dans le cas de grossesse simple, il procédera à la délivrance; mais s'il existe un second enfant dans l'utérus, il attendra son expulsion avant de délivrer.
ARTICLE IV
Immédiatement après l'expulsion du produit, l'utérus, en vertu de sa contractilité organique de tissu (rétraction), revient sur lui-même; les attaches celluleuses qui l'unissent au placenta se rompent, et cet organe décollé vient se présenter à l'orifice de l'utérus. Le col, qui s'est déjà reconstitué en partie, est court, large, mou, inégal; on pénètre facilement dans l'orifice interne, mais l'orifice externe résiste davantage. Cependant le col n'a pas besoin de s'efîacer de nouveau pour livrer passage au placenta, il s'entr'ouvre facilement, et le délivre le franchit en totalité ou en partie et pénètre dans le vagin; rarement on le trouve expulsé hors de la vulve ; on exerce quelques légères tractions sur le cordon et la délivrance est opérée ; le col prend alors plus de consistance et de longueur, mais il est encore obligé de s'entr'ouvrir à plusieurs reprises pour laisser passer les caillots. Ce n'est, enfin, qu'à trente jours qu'il a repris ses dimensions normales : cependant il reste souvent un peu plus court.
La délivrance doit-elle être livrée aux efforts spontanés, ou doitelle être toujours aidée? Des expériences faites par M. P. Dubois à la Clinique, me permettront de trancher nettement la question. Si on livre l'expulsion du placenta à la contraction utérine et vaginale chez un certain nombre de femmes accouchées, on voit d'abord que, chez un très-petit nombre, le placenta est expulsé spontanément avec rapidité; mais que chez les autres femmes, oia cette expulsion aura lieu, elle se fera attendre plus ou moins longtemps : une, deux et même cinq ou six heures après la naissance de l'enfant ; que chez
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quelques-unes, la délivrance ne s'effectuera pas du tout; et qu'enfin, chez ces dernières, la délivrance artificielle, devenue nécessaire, sera d'autant plus difficile, qu'on aura plus attendu, la rétraction de l'orifice interne devenant de plus en plus énergique.
Il résulte de ces faits, que la délivrance doit toujours être aidée. L'accoucheur doit s'assurer, un quart d'heure, vingt minutes après l'accouchement, que la femme a ressenti de petites tranchées qui annoncent la séparation du placenta; alors il pratique le toucher pour s'assurer que cet organe est engagé dans le col de l'utérus, pendant que de l'autre main il constate, par le palper abdominal, que l^utérus forme un corps globuleux, dur, dans la région hypogastrique droite.
Si le décollement a eu lieu, il procède immédiatement à l'extraction du placenta. Il enveloppe le cordon avec un linge, afin d'éviter qu'il ne glisse entre les doigts; puis, il l'entortille autour de l'index, et exerce alors des tractions dans le sens de l'axe du détroit supérieur; puis, à mesure que le placenta s'engage, il tire dans le sens de l'axe du détroit inférieur, et pendant ce temps il doit avoir la précaution de placer l'autre main sur le fond de l'utérus, pour s'assurer qu'il ne l'entraîne pas, ce qui pourrait avoir lieu, si le placenta n'était pas décollé complètement.
A mesure que le placenta se présente à la vulve, l'accoucheur devra le rouler entre les deux mains huit ou dix fois sur lui-même, afin de former une corde avec les membranes, pour leur donner ainsi plus de consistance. Sans cette précaution, quelques parties pourraient rester dans l'utérus et déterminer des accidents dont nous nous occuperons plus tard.
Si le décollement ne s'est pas effectué, on attendra encore ; on fera des frictions sur l'utérus; on exercera quelques légères tractions. Enfin, si, après une heure écoulée, la séparation du placenta ne s'était pas opérée, il ne serait pas prudent d'attendre davantage, tant dans l'intérêt de la femme que dans la crainte que la délivrance ne devienne de plus en plus difficile. On devra donc porter la main dans la cavité utérine pour opérer la délivrance artificielle. (Voyez Délivrance artificielle.)
Immédiatement après l'extraction du placenta, il faut s'assurer qu'il est bien entier, et que quelques cotylédons ou quelques débris de membranes ne sont pas restés dans l'utérus. Si cet accident avait eu lieu, il faudrait aller à la recherche de ces parties et les extraire.
§ 1. — Délivrance dan!!$ le cas de jumeaux.
Comme je l'ai déjà dit, dans le cas de fœtus double, il faut bien se garder d'opérer la délivrance du premier enfant avant la sortie