‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 160 sur 287 · PROCIDEKGE DU CORDON OMBILICAL · texte numérisé non relu

PROCIDEKGE DU CORDON OMBILICAL

court quelques dangers, il sera facile de l'extraire à laide du forceps. On voit par là que les circonstances où l'expeclalion est permise avant la rupture des membranes sont extrêmement bornées^ et qu'elles se réduisent aux suivantes : intégrité des membranes, quand V auscultation ne signale aucune souffrance du produit, bassin large, tète petite, contractions énergiques, procidence du cordon postérieur, en ayant toujours soin d'exercer une surveillance active et de se tenir tout prêt à agir, dans les cas oîi le toucher médiat sur le cordon, ou à son défaut l'auscultation, annoncerait un état de gêne dans la circulation fœtale.

b. Après la rupture des membranes.

On ne doit jamais rester inactif après que les membranes sont rompues, à moins cependant que la tête ne soit profondément engagée, et que toutes les conditions qui font espérer un accouchement rapide ne se réunissent, telles que : bassin large, fœtus petit, parties externes extensibles, contractions énergiques ; encore faudra-t-il surveiller attentivement l'état du cordon et se disposer à appliquer immédiatement le forceps, dans le cas où la vie de l'enfant courrait le moindre danger. Si, par suite de l'engagement profond de la tête, le cordon ne pouvait plus être senti immédiatement, l'accoucheur devrait apprécier avec soin, par l'auscultation, l'état sanitaire du produit ; si, enfin, l'agitation de la maladie rendait cette exploration impossible, si surtout les eaux amniotiques s'écoulaient teintes de méconium, il faudrait opérer immédiatement l'extraction de l'enfant ; mais quand aucune des circonstances qui permettent l'expectation ne se présente, l'accoucheur doit tout tenter pour opérer la réduction du cordon, et dans le cas d'insuccès, il doit terminer l'accouchement par la version ou le forceps, suivant l'époque du travail.

La réduction du cordon n'est pas une opération très-difficile, mais elle n'est pas toujours couronnée de succès, et, de plus, elle n'est soumise à aucune règle bien fixe ; on a conseillé, pour l'opérer, une foule d'instruments, dont l'usage est plus ou moins incommode, plus ou moins inefficace. La main devra toujours leur être préférée ; elle agit avec bien plus de sûreté et d'intelligence, et présente, pendant qu'elle opère, le grand avantage de faire apprécier par le toucher l'état sanitaire du produit.

Quoiqu'on ne puisse pas tracer une règle de conduite bien certaine , on peut dire cependant que cette réduction devra être tentée de la main gauche si le cordon est à droite, et vice versa.

et autant que possible, vers l'une des deux symphyses sacroiliaques oi!i l'on trouve en général plus de place pour agir ; mais il est important d'insister, pour produire une réduction complète. En effet, il ne suffit pas de repousser le cordon dans l'utérus, il faut encore s'assurer qu'il est remonté assez haut pour être soustrait à toute compression , et de plus, il faut le maintenir réduit à l'aide de la main, jusqu'à ce que la tête, poussée par les contractions utérines, vienne boucher le détroit supérieur. On a conseillé à ce sujet, pour remplacer la main, de pousser une éponge fine par-dessus le cordon réduit, afin de combler le vide par lequel la procidence s'est effectuée : c'est un moyen qui a été souvent mis en pratique ; j'avoue que, pour moi, je lui préférerais la main, toujours à cause de l'intelligence et du tact dont elle est douée.

Quelques auteurs, dans la vue d'éviter la récidive de la procidence du cordon , ont aussi recommandé d'aller l'accrocher à l'un des membres du fœtus, à l'aide de la main qui aurait été introduite en enlier dans Futérus ; mais cette manœuvre ne serait excusable que dans le cas oii il existerait un vice de conformation du bassin qui rendrait la version pelvienne impossible et qui obligerait à appliquer le forceps, encgre sera-t-elle d'une exécution difficile et douloureuse. Je n'ai jamais mis ce conseil à exécution.

Si l'état de l'orifice utérin et l'étroitesse des parties externes rendaient impossible l'introduction de la main entière, et par suite la réduction , on pourrait se servir avec avantage di'une sonde de

Fig. 127. Fig. 128.

gomme élastique armée de son mandrin et d'un ruban de fil étroit.

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