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PROGIDENCE DU COUDON OMBILICAL. 4 4T

Ce procédé a souvent été mis en pratique avec succès par Champion (de Bar-le-Duc).

Voici la manière dont il faut procéder. On forme d'abord autour du cordon une ligature très-lâche avec un petit ruban, puis on engage la partie (I) du ruban dans l'œil ;(0) de la sonde, où l'on aperçoit l'extrémité du mandrin, et l'on pousse ensuite jusqu'au bout de la sonde le mandrin qui s'engage alors dans la partie (0) du ruban et maintient ainsi le cordon ombilical à l'extrémité de la sonde.

Cette sonde , guidée par deux doigts , est introduite jusque dans le col de l'utérus, et poussée aussi haut que possible dans l'organe même. Une fois que la réduction est bien complète , que la tête s'est engagée dans le détroit supérieur, on retire d'abord le mandrin, de cette manière le cordon et l'anse du ruban se trouvent abandonnés dans l'utérus, puis on retire la sonde.

Cette réduction, comme je l'ai déjà dit, est souvent infructueuse ,^ soit qu'on ne puisse rentrer aucune partie du cordon (rare), soit qu'on ait opéré cette réduction incomplètement, soit enfin que le cordon ne puisse être maintenu réduit. La conduite de l'accoucheur varie dans chacune de ces circonstances.

1° La réduction n'a pu être opérée, ou le cordon na pu être maintenu réduit. — Cette circonstance ne pouvant guère se présenter que lorsque la dilatation est complète, il sera possible alors d'intervenir utilement. Si la tête est au-dessus du détroit supérieur et si la vie de l'enfant court quelques dangers, l'accoucheur devra l'extraire par la version pelvienne, et dans ce cas il aurait soin de remonter le cordon jusque dans l'utérus, pour qu'il ne soit pas comprimé par les parties fœtales, à mesure qu'elles seront engagées dans le bassin. Si la vie de l'enfant ne paraît pas menacée, si les pulsations du; cordon conservent leur intégrité, si toutes les circonstances qui peuvent faire espérer un engagement rapide se trouvent réunies, on pourra attendre que l'engagement se soit effectué pour agir, en se tenant tout prêt à appliquer le forceps en cas de besoin. Enfin, si la tête était arrivée dans l'excavation, il ne serait pas sage de confier la dernière expulsion aux efforts spontanés, surtout chez une primipare : le forceps devrait toujours être appliqué. En effet , à cette époque du travail, il n'est plus possible d'apprécier directement sur le cordon, l'état sanitaire de l'enfant, par suite de l'impossibilité oîi l'on est d'atteindre l'anse ombilicale, et de plus, l'auscultation ne pourra être d'aucun secours, à cause des cris et de l'agitation de la femme.

2° La réduction a été ojjérée, le cordon est hors de la portée du doigt.

— L'auscultation et l'issue des eaux teintes de méconium peuvent seules faire reconnaître, dans ce cas , si la réduction est complète ou incomplète, s'il y a ou non compression du cordon ; s'il faut par conséquent rester inactif ou agir.

Telles sont les seules règles générales qu'il soit permis de tracer dans une circonstance aussi grave , aussi difficile. Il n'est pas possible de préciser davantage les indications : leur appréciation doit être laissée à la sagacité de l'accoucheur.

Aussi l'auscultation est-elle dans ce cas une ressource précieuse. Si les pulsations du cœur sont faibles, ralenties, après être devenues excessivement fréquentes; si surtout leur rhythme est irrégulier, intermittent, nul doute que l'existence du produit ne soit en danger, et que l'accoucheur ne doive intervenir. Mais cette intervention s'effectuera-t-elle toujours à temps? et l'expérience n'oblige-t-elle pas à admettre qu'un fœtus , dont les battements ont conservé quelque force et quelque régularité, qui vit de la vie intra-utérine , peut très-bien, par suite des lésions inappréciables , n'être pas apte à vivre de la vie extérieure, et expirer en venant au monde? Comment préciser alors le moment où l'on devra intervenir? C'est ce que personne ne peut décider par avance. Je le répète, c'est dans l'auscultation et dans toutes les circonstances réunies de l'accouchement , que l'auteur doit puiser ses inspirations. Dieu fera le reste.

Une dame de Châteaudun avait perdu successivement deux enfants à terme. Par suite de cet accident, la procidence était déterm.inée chez cette dame par l'obliquité du bassin ; parfaitement renseigné par M. le docteur Rembert, je pus, au début du travail , m'opposer à la chute du cordon , en soutenant incessamment, au moyen de deux doigts, cet organe au-dessus de la tête et jusqu'à ce que cette dernière, s'étant montrée et fortement appuyée sur le détroit supérieur, ait rendu le passage du cordon difficile.

En effet, cet accident n'arriva pas, mais par une bien regrettable fatalité , le fœtus était d'un volume si considérable , sa tête était si fortement ossifiée , que les contractions énergiques et longtemps continuées, que le forceps appliqué au détroit supérieur furent inutiles, et qu'il fallut en venir à la perforation du crâne et à la céphalolripsie que je fis avec l'aide de mes deux confrères et amis, MM. Belin et Carpentier.

Les suites de couches furent parfaitement normales , et la patiente retourna à Châteaudun parfaitement rétablie.

Dans la crainte de voir se reproduire une semblable complication, il sera indispensable, s'il survenait une nouvelle grossesse, de pratiquer l'accouchement prématuré à huit mois , car bien que les

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