‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 162 sur 287 · ÉCOULEMENT DES EAUX TEINTES DE MÉCONIUM · texte numérisé non relu

ÉCOULEMENT DES EAUX TEINTES DE MÉCONIUM

deux premiers enfants fussent Tenus à terme, ils étaient petits et réductibles.

ARTICLE n.

DE l'Écoulement des eaux telntes de méconium.

L'écoulement des eaux teintes de méconium dans les présentations de la tête est un signe certain que le produit souffre ou a souffert; il doit donc éveiller la sollicitude de l'accoucheur. En effet, toutes les fois que , par la compression du cordon^, les rapports circulatoires qui unissent le fœtus sont interrompus, le produit tend à accomplir les actes de la vie extra-utérine. Ainsi, il expulse son urine, et ce fait passe inaperçu, par suite de l'impossibilité où Ton est de distinguer au moment du travail l'urine de l'eau de l'amnios ; il rend son méconium, qui vient donner à l'eau cette teinte verdâtre caractéristique. Il ne faut pas confondre ce fait avec l'issue du méconium dans la présentation pelvienne : ici c'est en vertu de la compression mécanique des parties que cette matière excrémentielle est expulsée ; cette circonstance ne prouve pas que la vie du produit soit en danger, c'est un signe caractéristique de la présentation. Quelle sera donc la conduite de l'accoucheur, quand dans une présentation de la tête les eaux s'écouleront teintes de méconium ? D'abord, il devra rechercher si une anse du cordon ne se serait pas échappée en dessous de la tête ; si cet accident ne s'est pas manifesté, il devra constater, par l'auscultation, si la compression du cordon, qu'elle dépendît d'un engagement du cordon entre les parties fœtales et les parties maternelles, de circulaires autour des parties fœtales, de nœuds de cordon, du caillot formé dans lagaîne de cet organe et comprimant ses vaisseaux, toutes circonstances qu'on ne peut différencier, et dont on ne constate l'existence que par leurs effets, ne serait pas la cause de ce phénomène. Si les battements ont conservé leur intégrité, il n'y a rien à faire ; car si l'issue du méconium a été déterminée par la gêne de la circulation, cette compression n'a été que momentanée et n'existe plus. Il faut s'en tenir à surveiller le travail.

Si le rhythme des pulsations est altéré, si elles s'affaiblissent après un temps d'accélération bien marqué , c'est qu'une compression s'exerce sur le cordon, dans un point qu'il est impossible d'atteindre , ou par le fait d'une cause à laquelle on ne peut remédier, alors il faut intervenir, soit à l'aide du forceps, soit à l'aide de la version.

J'ai cité à cette occasion, à la page 321, un fait extrêmement remarquable, où j'avais pu constater pendant la grossesse la né-

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cessilé d'agir par raccouchement prématuré artificiel, pour sauver l'enfant; l'opération me fut refusée^ l'enfant succomba , et fut expulsé huit jours après sa mort ; il portait un nœud du cordon.

ARTICLE m.

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