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DE LA BRIEVETE DU CORDON

ment? Ne doit-on pas, dans ce cas, quand il y a des contractions, attribuer la lenteur bien plutôt à la résistance des membranes qu'à une autre cause, d'ailleurs fort rare ? Les effets de cette brièveté peuvent être si facilement attribués à tant d'autres causes, qu'il est extrêmement difficile de préciser le diagnostic de cet accident. Les auteurs ont cependant cherché à établir des signes à l'aide desquels on peut constater cette circonstance à toutes les époques de l'accouchement ; mais quel praticien ne verra pas, dans la plupart de ces caractères, le résultat de l'étude théorique des effets que peut produire cet accident, bien plutôt que l'observation faite au lit de travail?

Ainsi ils disent : Avant la rupture des membranes, il sera facile de reconnaître, dans le cas de brièveté, que l'élévation de la tête, après la contraction, ne ressemble pas à son élévation habituelle pendant la douleur, quand le cordon n'est pas tiraillé, etc., etc. Puis, après cette rupture, l'abaissement du fond de l'utérus pendant la contraction, son élévation après la douleur, qui peuvent être constatés par l'application de la main sur l'abdomen, peuvent servir à caractériser cet accident, etc., etc.

Certes, dans quelques cas, très-rares cependant, il sera possible, à l'aide d'une grande habitude, de reconnaître que le retard dans l'accouchement dépend de la brièveté du cordon; mais, il faut bien le dire, dans la plupart des cas la cause de ce retard restera complètement méconnue, surtout dans la première période du travail, en admettant, toutefois, que cette brièveté puisse, à cette époque, déterminer quelque accident apparent. Ainsi, avant la rupture de la poche, à qui viendra-t-il à l'esprit d'attribuer la lenteur du travail plutôt à la brièveté du cordon qu'à la résistance de membranes, surtout quand chacun sait que cette résistance des membranes est un accident bien plus fréquent que la brièveté du cordon? Ce serait tout au plus après la rupture de la poche, soit spontanée, soit artificielle, que la tête pourrait être retenue au détroit supérieur par la brièveté du cordon, et encore cette circonstance ne se présenterat-elle que bien rarement, et ne serait-on pas même, dans ce cas, encore bien plus disposé à attribuer le retard de la tête à l'excès de volume de celle-ci (circonstance qu'il n'est guère possible d'apprécier non plus), ou à toute autre cause bien plus fréquente qu'à la brièveté du cordon.

Enfin, lorsque la tête est dans l'excavation, lorsqu'elle est au détroit inférieur, alors que les signes qui caractérisent cet accident seront aussi évidents qu'ils peuvent l'être, alors même, dis-je, les anomalies dans la rotation de la tête, la résistance du périnée, l'in-

suffisance des contractions utérines, se présenteront bien plutôt encore à l'esprit de l'accoucheur, pour expliquer le retard dans l'accouchement, que la véritable cause elle-même.

En résumé, ce n'est qu'après la rupture des membranes que la brièveté du cordon peut exercer quelque influence sur la marche du travail, et celte cause ne pourra être appréciée que lorsque la tête sera arrivée dans l'excavation; encore le diagnostic sera-t-il trèsincertain. Cependant, si l'accoucheur, ayant apprécié à l'aide du doigt la petitesse et la mobilité de la tête, ou jugeant qu'elle a exécuté son mouvement de rotation, que le périnée est très-extensible, que la tête ne repose pas sur lui pendant la douleur, et si ce doigt sent qu'à chaque contraction utérine cette tête s'abaisse, puis que la contraction une fois terminée, elle remonte aussi haut qu'auparavant; si enfin, à chaque douleur, ce phénomène se reproduit sans que la tête fasse de progrès, il sera en droit de penser que ce retard peut tenir h la brièveté du cordon. Ajoutons que la douleur que la femme ressent dans un point fixe correspondant au lieu d'insertion du placenta peut aussi servir d'indice. Enfin, l'hémorrhagie qui se déclare après un engagement brusque de la tête, laquelle jusque-là était restée stationnaire, les progrès rapides que fait alors cette tête, sous l'influence de chaque contraction, quand auparavant ces contractions étaient inefficaces, rendent manifeste, mieux que tout autre signe, la cause du retard qu'éprouvait la tête. L'accoucheur ne doit pas douter, dans ce cas, que la nature n'ait usé d'une de ses ressources (la rupture du cordon, ou le décollement prématuré-du placenta) pour surmonter l'obstacle.

Comme on le voit, c'est le plus souvent alors au moment où un autre accident, l'hémorrhagie, requiert Tintervention, que l'on reconnaît la véritable cause de la lenteur du travail. Remarquons, toutefois, que, dans l'impossibilité oii l'on se trouve de bien préciser le diagnostic, les moyens que l'on devrait employer pour remédier à la brièveté du cordon ne différeront pas, dans la plupart des cas, de ceux que l'on devra mettre en usage pour combattre l'accident que Ton croit par erreur être la cause du retard. En un mot, quelle que soit la cause du retard, le mode d'action sera heureusement à peu près le même *.

1 C'est ce qui eut lieu dans le fait observé par M. le docteur Selafer, de Sarregueraines [Union médicale, 6 octobre 1855). Dans ce cas, le cordon manquait complètement : la séparation du placenta et de l'abdomen du produit s'effectua brusquement sous l'influence des efforts exercés par le forceps sur la tête de l'enfant ; et on put alors seulement reconnaître la cause qui avait empêché la tête de s'engager. L'enfant avait succombé à l'hémorrhagie.

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