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RUPTURE DU VAGIN

La rupture du vagin est un accident moins souvent et moins immédiatement mortel que le précédent. Cependant, si celte rupture s'effectue à la partie supérieure, au voisinage de l'insertion utérine, elle peut donner lieu à des accidents aussi fâcheux que ceux qui sont déterminés par la rupture de l'utérus : au contraire, les déchirures qui intéressent la partie moyenne et inférieure de ce canal, les fistules ou perforations vésico et recto-vaginales, ne sont pas, en général, de nature à compromettre Texistence physique de la malade, mais elles détruisent toute sa vie morale. Je m'occuperai de ces accidents, qui ne réclament pas une intervention immédiate pendant le travail, au chapitre des Suites de couches.

Déchirures de la partie supérieure du vagin, ou désunion des rapports naturels qui l'unissent à l'utérus.

A. Causes. — Le passage des parties fœtales, dans des cas de disproportion du produit avec le bassin, l'application du forceps, dont les branches ont été mal guidées et qui ont perforé le cul-de-sac du vagin et du péritoine, la répulsion ^ trop brusque, trop énergique des parties de l'enfant au moment où l'on pénètre dans l'utérus pour pratiquer la version, quand, surtout, on n'a pas eu la précaution de maintenir le fond de l'organe avec l'autre main appliquée extérieurement.

J'ai plusieurs fois constaté de semblables désordres dans les autopsies faites dans le service de M. Honoré, à l'Hôtel-Dieu, après des applications de forceps et de céphalotribe. Les observations ont été conservées dans les notes laissées par ce praticien si distingué ^.

B. La rupture de la partie supérieure du vagin est signalée par les

1 Cette répulsion ne doit jamais être faite qu'avec lenteur et ménagement. Dans la plupart des cas même, surtout dans les présentations de l'épaule, la main pourra pénétrer dans l'utérus, entre le détroit supérieur et les parties qui s'y engagent, sans opérer cette répulsion.

2 Voyez aussi les faits recueillis à la Maternité, par MM. Pereira et Lasserre {Archives générales de médecine, 4« série, 1. 1, janvier 1843.)

mêmes phénomènes que ceux qui permettent de constater une rupture de l'utérus ; seulement ces accidents sont moins intenses, quelquefois même la douleur produite par la déchirure est si peu vive, qu'elle se confond avec celle que détermine la contraction de l'organe.

Si la rupture a lieu à la partie postérieure et supérieure du vagin, le produit peut aussi passer en partie dans la cavité péritonéale; le péritoine descendant, dans cet endroit, plus bas que l'insertion du col, l'organe remonte, et abandonne les parties fœtales. Ainsi, quand la tête est engagée dans l'excavation, et maintient la partie inférieure du vagin, si une rupture s'effectue à la partie supérieure, les extrémités inférieures du produit peuvent s'échapper par la rupture et pénétrer dans le péritoine. Il pourrait en être de môme de la tête quand c'est le siège qui est engagé dans l'excavation; enfin la tête ou les pieds pourraient s'y engager quand c'est l'épaule qui se présente. Le toucher ne pourra guère faire reconnaître cet accident avant l'extraction du produit si la rupture a lieu quand une des parties fœtales occupe la partie inférieure du vagin ; il ne serait possible de le constater que dans les cas oii la rupture serait déterminée par des violences mécaniques avant l'engagement de l'enfant.

C. Le pronostic est beaucoup moins grave que dans le cas précédent, parce que les liquides épanchés dans la cavité du péritoine trouvent une issue facile parla rupture elle-même, qui est placée à la portion la plus déclive de la cavité péritonéale.

D. Le traitement consiste à extraire le produit par les voies naturelles ; jamais la gastrotomie ne pourra être nécessaire dans ce cas, car jamais le produit ne passera en entier dans le péritoine. Le traitement consistera aussi à combattre les complications.

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