APPLICATION DU FORCEPS DANS L'EXCAVATION
arrière et à gauche, vers la symphyse sacro-iliaque ; de ce côté, elle embrassa la face par le nez, la joue et la bosse frontale droite.
L'impression de la cuiller resta marquée pendant quelques jours sur les parties de l'enfant; il en résulta même une paralysie momentanée du nerf facial.
La branche à mortaise fut placée en avant et un peu à droite, près de la cavité cotyloïde droite, et s'appliqua sur le côté du cou et sur la bosse occipitale gauche .
Une fois le forceps articulé, la concavité des branches regardait à gauche et un peu en avant, et le menton était bien plus en arrière (fig. 337); aussi le mouvement de rotation que j'imprimai à l'in-
Fig. 237.
strument, lorsqu'il fut complet pour le forceps, ne ramena-t-il le menton que derrière la cavité cotyloïde gauche (fig. 238), et je fus obligé, pour le ramener tout à fait sous le pubis, afin de le dégager, d'exagérer le mouvement de rotation de gauche à droite.
Au moment de la dernière extraction, je redoublai de lenteur, et, assisté par M. Vanier, qui soutint avec soin le périnée, j'ai extrait la face le menton répondant au-dessous des pubis, et le forceps diagonal, sa concavité regardant à droite (fig. :239), sans que l'intégrité des parties maternelles ait eu à souffrir, et l'enfant étant plein de vie .
Si les parties maternelles étaient par trop résistantes, daus la crainte de les compromettre, il faudrait, après avoir ramené le menton par une première application, retirer l'instrument pour ressaisir la tête plus favorablement.
Enfin, si le menton, auJieu d'être en arrière, à gauche ou à droite du bassin, répondait en arrière directement, il faudrait d'abord tenter une application directe pour le cas où la tête petite et le bassin
large permettraient un dégagement direct, et après quelques tractions faites avec mesure, si la tête ne cédait pas, ramener encore le
menton en avant, à l'aide d'une application semblable à la précédente; mais alors deux applications successives seraient nécessaires.
Déplus, quoique le menton répondît directement en arrière, il ne serait pas indifférent de le ramener d'un côté ou d'un autre; on devrait faire exécuter cette rotation du menton du côté vers lequel le menton était dirigé avant son engagement, parce qu'on est fondé à penser que le dos est encore dirigé en partie de ce côté, et qu'alors il aura plus de tendance à suivre la rotation imprimée à la tête dans ce sens que dans l'autre.
L'application du forceps dans ces circonstances ne doit pas présenter de difficultés sérieuses, pourvu que le bassin soit bien conformé. Je l'ai tro uvée même très-facile ; c'est du moins ce que j 'ai pu remarquer dans les cas soumis à mon observation. Telle est aussi l'opinion de M. Cbampion, auquel une pratique nombreuse, qui comprend quatre ou cinq départements, et certainement aussi le hasard, ont permis d'expérimenter à ce sujet plus souvent qu'on n'en trouve ordinairement l'occasion.
En résumé, je me crois en droit de conclure de nouveau de tout
i Le forceps, dans la figure 238, est représenté perpendiculaire ; cependant, en réalité, il est horizontal. Cette imperfection disparaîtrait en figurant l'instrument en raccourci ; mais cette disposition n'a pas été adoptée, parce qu'elle nuirait à l'intelligence du fait.