CONTRACTIONS SPASMODIQUES DE L UTERUS
avant ce temps, si quelque accident s'était manifesté, il faudrait agir. Le laudanum à la dose de dix, quinze, vingt gouttes, sera d'abord administré dans un huitième de lavement, les embrocations narcotiques sur le ventre, la saignée s'il y a pléthore; enfin, dans le cas où ces moyens ne réussiraient pas, on introduirait la main bien graissée avec la pommade de belladone (un cinquième d'extrait pour quatre cinquièmes d'axonge), en engageant petit à petit chacun des doigts, en forçant avec ménagement cette résistance du col, et en n'oubliant pas, surtout, de comprimer l'organe avec l'autre main placée à l'extérieur; puis, ensuite, on entraînerait le placenta.
§ 2. — Contractions irrégulières ou spasinoditiues du corps de l'utérus.
Le décollement du placenta et son expulsion sont opérés par un resserrement de la totalité de Tutérus; mais, comme je l'ai dit, certaines parties de l'utérus peuvent rester dans le relâchement, tandis que d'autres se contractent ; et alors, si c'est la partie où le placenta est inséré qui reste inerte, tandis que toutes les autres parties de l'organe sont contractées spasmodiquement et revenues sur ellesmêmes, le placenta reste enfermé dans cette partie non contractée ; il y a ce qu'on nomme encbatonnement. L'enchatonnement peut aussi se produire d'une autre manière, par la rétraction d'une seule partie de l'utérus qui étranglerait l'organe dans son milieu. La disposition des fibres utérines explique très-bien ce fait. On voit sur cette figure 'iQA, de chaque côté de l'organe, un faisceau de fibres circulaires concentriques à l'orifice de la trompe.
Fis. 264.
Fis. 265.
Supposons maintenant que le placenta soit inséré sur un de ces muscles, ce qui est assez ordinaire, et que les fibres circulaires les plus éloignées de l'orifice de la trompe [viennent à se contracter
spasmodiquement, le placenta sera enfermé dans cette espèce de loge, comme une pierre dans le chaton d'une bague (fig. 265).
Il se peut très-bien que, dans ce cas, cet anneau circulaire soit la seule partie de l'organe qui se contracte, tandis que toutes les autres sont dans le relâchement.
La conduite à tenir est encore la même que dans le cas précédent : seulement, si l'état spasmodique résiste aux opiacés, etc., et que l'usage de la main soit nécessaire, il ne faudra pas, autant que possible, forcer la résistance du chaton avec toute la main ; un ou deux doigts doivent être seuls introduits dans ce resserrement anormal, dans le but de dégager le placenta.
Cet accident se complique souvent d'adhérence du placenta ; et, dans ce cas, il est nécessaire d'introduire la main dans l'anneau formé par la partie étranglée, pour opérer le décollement du placenta avec l'extrémité des doigts .
ARTICLE IV