MALADIES DE LA PEAU
fanl aura eu à supporter quelque compression un peu forte, il conviendra d'examiner les yeux; et si Ton y remarque quelque commencement d'infiltration sanguine, on parviendra probablement, par une compression préventive, à éviter la réalisation d'un accident semblable à celui qui fait l'objet de cette observation *. »
Maladies de la peau chez les nouveau-nés '.
Parmi les maladies de la peau qui affectent principalement les enfants nouveau-nés, nous mentionnerons les suivantes :
Vérythème, qui peut être produit par toute espèce d'irritants appliqués sur la peau, par le contact de matières fécales, etc. C'est, en général, une inflammation très-superflcielle, rarement accompagnée d'un trouble général de l'économie, et qui disparaît trèsfacilement à l'aide de soins de propreté et de lotions émollientes.
L'érysipèle est une des affections qui atteignent le plus souvent les nouveau-nés, ce qui s'explique par l'état habituel de congestion sanguine des téguments qui a lieu chez eux. Cette éruption a plus ordinairement son siège à l'abdomen, au thorax et aux membres qu'à la face et à la tête, et peut se terminer, soit par résolution, soit par desquamation, soit aussi par suppuration du tissu cellulaire sous-cutané, et même par gangrène ; elle est, beaucoup moins souvent que chez les adultes, accompagnée de symptômes gastriques, mais assez souvent d'entérite; enfin elle détermine presque toujours l'accélération du pouls, la chaleur et la sécheresse de la peau, ainsi que la douleur et l'insomnie. Sa durée varie entre six à douze jours. Le traitement consiste en applications émollientes, surtout lorsque l'érysipèle tend à devenir phlegmoneux; en évacuations sanguines locales très-modérées et ménagées si l'inflammation persiste à un degré trop intense ; sinon la diète et les boissons adoucissantes seules doivent suffire. Il faut enfin combattre les symptômes de gastro-entérite, et éloigner les causes capables de produire ou d'entretenir l'irritation de la peau.
L'érysipèle, qui se développe autour de l'ombilic des nouveaunés et qui reconnaît pour cause l'irritation que détermine souvent le travail de séparation du cordon ombilical, exige le même traitement.
Pemphigus. — Une éruption huileuse s'observe quelquefois, sur différentes parties du corps des enfants nouveau-nés, avec des caractères qui la rapprochent du pemphigus des adultes . M. P. Dubois
1 Journal de médecine de Bruxelles.
2 On lira avec intérêt une monographie récemment publiée sur ce sujet, par M. le docteur Caillault, ancien interne des hôpitaux de Paris : Traité pratique des maladies de la peau chez les enfants. Paris, 1869, in-12.
a cru observer qu'elle se rencontrait chez les nouveau-nés qui offraient aussi différents symptômes d'affection syphilitique, ou provenaient de parents syphilitiques. D'après ce professeur, le pemphigus serait toujours, chez les nouveau-nés, un indice d'affection vénérienne qui obligerait à soumettre les parents à un traitement syphilitique.
Telle n'est pas l'opinion de l'homme remarquable auquel le monde savant et l'humanité doivent de si précieuses découvertes. M. Ricord n'admet pas l'opinion exclusive de M. Dubois ^ : il pense que si le pemphigus des nouveau-nés est souvent syphilitique, il peut être aussi indépendant de la syphilis, reconnaître les mêmes causes et se manifester dans les mêmes circonstances que le pemphigus vulgaire des adultes. En dehors de l'origine présumée, c'est-à-dire de l'hérédité, M. Ricord ne trouve pas de signe pouvant servir au diagnostic différentiel du pemphigus spécifique et du pemphigus vulgaire ; il croit que si M. Dubois a trouvé autre chose, c'est qu'il y a eu une erreur de diagnostic et qu'on a pris pour des pemphigus des variétés d'ecthyma dans lesquelles, alors, le derme est plus ou moins ulcéré, etc.; cela paraît évident d'après les dessins qu'a fait faire M. Dubois. M. Ricord a publié un beau type de pemphigus des nouveau-nés.
M. Ricord blâme, du reste, avec raison, la pratique qui veut que par cela seul qu'un enfant naît avec un pemphigus les parents subissent im traitement antisyphilitique. Il faut, pour prescrire rationnellement un pareil traitement, d'autres preuves de syphilis chez les parents.
Les enfants nés de parents syphilitiques peuvent présenter encore au moment de la naissance et plus généralement plus tard, c'est-àdire dans le cours du premier au sixième mois, ou même à des époques plus reculées, des accidents dont la gravité soit en rapport avec l'étatdes parents au moment de la conception, quand lamaladie dépend du père et de la mère, ou relative à l'état de la mère, quand celle-ci contracte la syphilis pendant lagrossesse et qu'elle la transmet à l'enfant pendant la gestation.
Ces accidents sont des éruptions exanthématiques (érythème, roséole), des éruptions papuleuses, des plaques muqueuses surtout, ayant pour siège de préférence le pourtour de l'anus, les organes génitaux, les lèvres, la cavité buccale, etc. ; des éruptions pustuleuses, ecthymateuses, plates, superficielles, quelquefois même pro-
1 Clinique iconographique de l'hôpital des FenereeK^. Paris, 1851, in-4.
2 Bulletin de r Académie de médecine. 1851, t. XVI, p. 971.