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GANGRENE DES NOUVEAU-NES

fondes, siégeant sur différentes parties de la peau ; des ulcérations, succédant à ces différentes éruptions, et présentant tous les caractères des ulcérations vénériennes. Leur siège se rencontre surtout aux fesses, aux talons, au pourtour des malléoles et dans les joints qui subissent des pressions, des frottements.

En général, les enfants nés dans les conditions les plus graves présentent un aspect cachectique et décrépit qui les fait ressembler à de petits vieillards; la peau est flasque, molle, ridée et terreuse.

Les accidents de la syphilis héréditaire commencent souvent chez eux par les fosses nasales, par lapituitaire; on les croirait affectés de coryza. La respiration nasale est difficile, impossible même. Les narines laissent souvent échapper du muco-pus, des sécrétions sérosanieuses, sanguinolentes, produites par des altérations de la membrane muqueuse, ou encore par des altérations plus profondes du système osseux.

Variole. — Rare à la naissance, cette maladie s'observe cependant dans des cas peu communs sur le corps d'enfants nouveau-nés, qui en ont été atteints dans le sein de leur mère, malade elle-même de cette éruption. Quelque singulier que paraisse ce fait, il n'en a pas moins été observé plusieurs fois par des méd ecins instruits et dignes de toute confiance. Du reste, les enfants qui ont apporté, en sortant du sein de leur mère, des traces de la variole, ont cessé d'exister avant leur naissance, ou souvent peu de jours après.

Ichthyose, — C'est une affection congéniale de l'épiderme qui se présente sous forme de plaques un peu épaisses, séparées les unes des autres par des lignes irrégulières et peu profondes. Elles sont d'un gris sale, se détachent et laissent au-dessous d'elles l'épiderme épaissi et rugueux. Cette maladie, qui peut avoir son siège sur une seule ou sur toutes les parties du corps à la fois, persiste souvent plusieurs années, et ainsi ne peut pas être confondue avec l'exfoliation de l'épiderme, qui a lieu dans les premiers jours de la naissance. Le traitement consiste en bains tièdes et émoUients, en frictions légères avec l'huile d'olive ou d'amandes douces, en boissons acidulées et surtout en soins de propreté .

Gangrène des nouveau-nés.

Cette espèce de gangrène se remarque particulièrement dans les premiers instants de la vie, chez les enfants dont les appareils circulatoire et respiratoire exécutent mal leurs fonctions. Il s'opère alors une congestion, un engouement sanguin aux extrémités, qui, par suite de la stase du sang, deviennent violacées, froides, se décomposent, se sphacèlent jusqu'à ce qu'un cercle inflammatoire vienne borner

les ravages de la maladie ou que la mort en soit le résultat. — Cette gangrène débute ordinairement par les doigts des pieds ou des mains ; la peau devient violacée, se tuméfie, se couvre de bulles séro-sanguinolentes qui s'excorient; et les téguments prennent un aspect brunâtre, emphysémateux, répandant une odeur de gangrène, tandis que l'enfant blême, immobile, respirant avec difficulté, ayant à peine la force de jeter un cri, s'éteint peu à peu, après avoir offert sur le corps des pétéchies scorbutiques et de l'emphysème. Il faut, dans cette maladie presque toujours rapidement mortelle, diminuer un peu la pléthore sanguine par l'application d'une sangsue à l'anus, exercer des frictions sèches ou aromatiques sur les parties, pour activer la circulation, et panser les escarres ou ulcères formés avec le vin ou la décoction de quinquina. Quant aux remèdes internes chez des enfants si jeunes et dont les voies digestives sont si délicates, ils doivent être employés avec une grande réserve. Le bouillon gras, une légère décoction de quinquina, pourront seulement être mis en usage.

Du sclérème, ou endurcissement du tissu cellulaire chez les nouveau-nés i.

L'endurcissement du tissu cellulaire chez les nouveau-nés n'est autre chose qu'un œdème simple, tout à fait analogue à celui qui survient chez les adultes et les vieillards; c'est enfin, une infiltration abondante de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire. — Cette maladie est caractérisée par une résistance très-grande d'une ou de plusieurs parties de la surface du corps de l'enfant; ses téguments semblent véritablement endurcis, gonflés, tendus, plus ou moins rouges, et les dépressions que produit avec peine l'application des doigts persistent pendant quelque temps.

On a considéré comme pouvant être cause de cette maladie : 1° la faiblesse naturelle de l'enfant ; 2° un état de pléthore générale ou congénitale ; 3° la surabondance du sang veineux dans les tissus ; 4° l'état de sécheresse de la peau avant l'exfoliation de l'épiderme; S° un obstacle au cours du sang, résultant de l'abondance même de ce liquide dans l'appareil circulatoire ; 6° son regorgement dans le tissu cellulaire, auquel il fournit trop de matériaux de sécrétion ; 7" l'action sur la peau d'agents extérieurs, tels que le froid, qui, en suspendant la transpiration cutanée, favorisent l'accumulation de la sérosité dans le tissu cellulaire. M. Charcellay (de Tours) ^ a

1 Voir le mémoire lu par Henri Roger à la Société des hôpitaux, 1 1 juillet 1 860 [Union médicale, 14 août 1860).

2 De lu néphrite albuniineuse chez les enfanls nouveau- nc's. Tours, 18il, in-8. ,

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