ENDURCISSEMENT DU TISSU CELLULAIRE
été conduit, à la suite d'un grand nombre d'observations, à admettre que cette affection reconnaissait souvent pour principale cause la we- 'phritealhumincuse^ qui elle-même serait toujours déterminée parle froid. Cette opinion se rapproche de celle de Billard et de Valleix ^, qui regardent le froid comme la principale cause de l'œdème. Quant à l'engorgement sanguin du foie, des poumons, du cœur, l'occlusion des ouvertures naturelles, ce ne sont pas des causes exclusives de cette affection, mais seulement des phénomènes concomitants.
Lorsque l'œdème est général et que la congestion séreuse est portée à un haut degré, toutes les parties où il existe du tissu cellulaire éprouvent un trouble dans les fonctions qu'elles ont à remplir : ainsi la glotte, devenue œdémateuse, rend le cri de l'enfant pénible, aigu, étouffé. Le ralentissement de la circulation explique aisément le refroidissement que subissent les membres et l'affaissement dans lequel tombe le malade.
Quant aux indications thérapeutiques qu'exige cet œdème symptomatique, elles consistent en quelques évacuations sanguines chez les enfants pléthoriques, cubains chauds, fréquents et prolongés, dont M. Charcellay a souvent obtenu de bons résultats ; à exciter la peau par des frictions irritantes : la laine très-chaude, appliquée directement sur la peau, est encore un des meilleurs moyens que l'on connaisse. Notre excellent collègue, M. Bouchut^, a préconisé dans ce cas les bains de vapeur ; M. Henri Boger, à l'exemple de M. Legroux, les bains de vapeur et le massage. Ces trois praticiens distingués citent des cas de guérison obtenus par ces moyens.
On s'est souvent bien trouvé de l'application de pommades résolutives de digitale et d'iode aux mains et aux pieds.
M. Charcellay a eu recours avec avantage, dans quelques cas, aux toniques tels que les ferrugineux et les préparations de quinquina. Les infusions sudorifiques et diurétiques chaudes devront sans cesse être administrées conjointement à ces moyens.
L'endurcissement du tissu adipeux se présente avec ou sans infiltration générale du tissu cellulaire sous-cutané ; les joues, les fesses, les mollets, le dos, en sont le siège le plus ordinaire. Il a lieu avec ou sans trouble de la circulation et delà respiration, et c'est ordinairement à l'instant de l'agonie des enfants qu'il survient. Le tissu adipeux, dans cette maladie, se trouve très-ferme et figé comme du suif; ce qui arrive vraisemblablement, parce que la chaleur animale a abandonné le corps de l'enfant.
1 Clinique des maladies des enfants nouveau-ne's. Paris, 1838, in-8.
2 Traité pratique des maladies des nouveau-nés et des enfants à la mamelle. 3e édition. Paris, 1865, in-8.
Ictère des nouveau-nés.
La teinte ictérique chez le nouveau-né peut ne pas être bornée aux téguments seuls, elle peut encore être partielle ou générale. Ainsi, on a vu le cerveau, la moelle épinière (et c'est cet état qui a été décrit par Lobstein, sous le nom de kirrhonose), les poumons, le cœur, le tube intestinal, les reins, le foie, les muscles, les tissus cellulaire et adipeux, offrir soit isolément, soit en même temps que la peau, la coloration jaune propre à l'ictère. Mais c'est l'enveloppe cutanée qui en est le siège le plus ordinaire, soit sur une partie, soit sur la totalité de sa surface ; et, ce qui est remarquable, c'est que la teinte jaune succède presque toujours à la coloration rouge que présente la peau des nouveau-nés. Il paraît donc probable que l'ictère, pouvant être local, ne peut dépendre d'une cause générale, comme, par exemple, d'une maladie du foie, qui, d'ailleurs, ne se rencontre presque jamais à cet âge, et que cette teinte est causée par le dépôt du sérum du sang fortement coloré en jaune, dans certains organes 011 il se trouve placé dans des conditions particulières. Il faut cependant noter que l'ictère coïncide souvent avec une congestion sanguine du foie et des téguments. Dans tous les cas, cette espèce d'ictère n'est pas une maladie et n'exige aucun traitement particulier, si ce n'est celui des complications, lorsqu'il y en a, et la nature se charge seule du soin de dissiper en peu de temps la teinte ictérique.
Météorisme.
Il survient souvent, quelques jours après la naissance, un météorisme plus ou moins prononcé, qui s'accompagne de dégagement de gaz par l'anus et la bouche, de constipation et quelquefois de vomissements. Cet état reconnaît presque toujours pour cause les irrégularités, les écarts dans le régime de l'enfant. On devra donc mettre entre chaque repas, soit que l'enfant soit allaité au sein ou artificiellement, assez d'intervalle pour que la digestion puisse se faire convenablement : deux ou trois heures suffiront pour cela. Pendant ce temps, on pourra, pour apaiser les cris de l'enfant, lui donner avec avantage quelques gorgées d'eau sucrée, aromatisée avec l'eau de fleur d'oranger. Le ventre devra être recouvert de cataplasmes, deux bains chauds devront être donnés chaque jour; mais surtout on devra s'attacher à combattre la constipation, et par les suppositoires, et les petits lavements, enfin par l'usage de laxatifs doux administrés par la bouche, par exemple, le sirop de rhubarbe (dit de chicorée) ou l'huile de ricin, une ou deux cuillerées à café en vingt-quatre heures.