GANGRENE DELA VULVE
Gangrène de la vulve.
Une maladie des organes génitaux beaucoup plus grave et qui mérite de fixer l'attention, c'est la gangrène de la vulve. Elle coïncide presque toujours avec certaines phlegmasies cutanées, telle que la variole et la rougeole ; c'est une maladie très-rare et qui se complique toujours de symptômes gastriques ou cérébraux plus ou moins graves. Le traitement local est le môme que pour les autres espèces de gangrène, et consiste en applications de poudre de quinquina, de compresses trempées dans le chlorure de chaux, etc.
Leucorrhée et écoulement sanguin.
On remarque assez souvent chez les petites filles un écoulement puriforme, quelquefois assez abondant par la vulve. C'est, en général, un symptôme de fort peu d'importance et qui disparaît en quelques jours naturellement ou par des soins de propreté seulement et des loti«ns émollientes. Cependant cet écoulement persiste quelquefois ; dans ce cas, il faut employer les astringents en lotions et en bains; ne pas alimenter l'enfant exclusivement avec le sein, et lui donner de bonne heure du bouillon coupé. Ce n'est pas, en général, un symptôme de syphilis, comme on l'a cru pendant longtemps, et il ne faut l'attribuer à cette maladie que dans les cas où d'autres symptômes et des renseignements positifs du côté de la mère pourraient porter à le faire croire. L'écoulement dépend, en effet, d'une irritation de la muqueuse génito-urinaire analogue à celle de la conjonctive dans l'ophthalmie des nouveau-nés. M. Gendrin rapporte ^ le fait communiqué par Duverney, en 1708, d'une petite fille de huit jours qui était réglée.
Gonflement et flux lactescent des seins.
Les mamelles des enfants naissants sont assez souvent le siège d'une tuméfaction causée par l'accumulation, dans la glande ellemême, d'un fluide séro-lactescent parfois abondant, et qui donne môme lieu, dans certains cas rares, à l'inflammation, et par suite à l'abcès des mamelles. Mais cette turgescence n'est le plus souvent que passagère et sans danger ; cependant il est bon de couvrir les seins de cataplasmes pour éviter ces accidents.
jMaladie tachetée hémorrhagique, ou hémacélinose, et hémorrhagie des intestins.
J'ai confondu ces deux maladies, parce qu'elles sont presque tou-
1 Traité philosophique de médecine praliqw?. Paris, 1838, t. I, p. 63.
ChAILLY, 4^ ÉDIT. '5 3
jours réunies et proviennent de la même cause. Elles s'observent chez les enfants faibles, mal nourris, dont la circulation capillaire se trouve troublée, et se présentent sous forme de tâches d'un rouge violacé, circonscrites, arrondies, qui paraissent sur la surface du corps, et que l'on rencontre aussi quelquefois sur différents points ou dans toute la longueur du tube digestif. Dans ce dernier cas, il y a toujours hémorrhagie des gencives, de l'estomac, des intestins, de la vessie, etc. Cependant cette affection, ordinairement apyrétique, peut ne pas s'accompagner de ces symptômes effrayants et rester bornée à la peau. Quoi qu'il en soit, elle est assez souvent mortelle, et, si l'on en a le temps, il faut chercher à éloigner le danger en appliquant, par exemple, une ou deux sangsues au siège, pour diminuer la masse du sang, mais seulement lorsqu'on soupçonne que la maladie provient d'une congestion sanguine prononcée ; car si elle est simple ou si l'enfant est trop débile, il faut se contenter de bains, de lavements émollients, de boissons adoucissantes, et abandonner à la nature le soin de laFésolution.
Hémorrhagie par l'ombilic.
Elle peut avoir lieu chez un enfant qui vient de naître, soit par le défaut de ligature du cordon, soit parce que celle-ci s'est relâchée, soit enfin parce que des tractions violentes ont arraché le cordon tout près derombilic.
De toutes les hémorrhagies pouvant devenir le plus promptement fatales aux nouveau-nés, celle qui a lieu par les vaisseaux ombilicaux est certainement la plus grave et celle qui réclame les secours les plus prompts et les plus efficaces *.
Cette hémorrhagie a lieu à la suite de l'arrachement du cordon, quand on a négligé de relâcher cet organe; en faisant la version, elle peut se produire au moment ou peu de temps après la chute physiologique du cordon, et dans ce dernier cas l'époque à laquelle l'hémorrhagie ombilicale peut se déclarer est très-variable. Souvent rien ne semble devoir faire craindre l'apparition de cet accident; on doit cependant se tenir sur ses gardes quand on donne des soins à des enfants faibles, dont les parents présentent une disposition aux hémorrhagies. II y aurait peut-être, dans ces derniers cas, avantage à exercer immédiatement sur l'ombilic une compression bien faite. Quoi qu'il en soit, dès que l'hémorrhagie a lieu, il importe d'agir avec d'autant plus de promptitude et d'énergie, que les perles de sang sont plus violentes et plus redoutables chez le nouveau-né.
t Voyez Abeille médicale, 1847, p. 132.
HEMORRHAGIE PAR L OMBILIC. 99 5
On a commencé par se servir d'eau glacée, de poudre impalpable d'alun et de toute sorte d'astringents. L'expérience n'a pas tardé à montrer que ces moyens étaient complètement inefficaces.
Alors on a songé à la. compression ; on a même tenté de lui accorder une grande valeur, parce qu'on en avait obtenu des avantages dans les cas d'hémorrhagie consécutive à l'arrachement du cordon; mais on n'avait pas réfléchi que l'hémorrhagie qui succède à la chute naturelle du cordon est surtout le résultat d'un manque de plasticité du sang, parfois héréditaire. Du reste, les faits sont venus prouver que la compression peut arrêter momentanément l'hémorrhagie, mais que des caillots ne se forment pas dans l'intérieur des vaisseaux, et que l'écoulement du sang reparaît dès qu'on ne comprime plus, et même m.algré cette compression. Nous croyons cependant que si l'on trouvait le moyen d'assurer celte compression et de la rendre permanente, on finirait certainement par obtenir la formation d'un caillot. Le collodion pourrait être employé dans ce but. La cautérisation , praticable seulement dans les cas où l'on peut apercevoir le point de départ de l'hémorrhagie, deviendrait des plus dangereuses, si l'on voulait agir sur une large surface et trop profondément. Un stylet rougi à blanc, porté sur le point qui paraît fournir l'hémorrhagie, suffira souvent.
Si, malgré ces moyens, l'hémorrhagie continue, ou si le médecin ne peut rester auprès du petit malade pour surveiller les résultats du traitement^ il ne doit pas hésiter à pratiquer la ligature. Ici, il a à choisir entre trois méthodes : la ligature immédiate, c'est-à-dire pratiquée sur le trajet des vaisseaux ombilicaux, préalablement mis à nu par une incision; la ligature du tubercule ombilical; enfîn^ la ligature en masse : c'est évidemment à ce procédé que l'on doit avoir recours. Voici le procédé que suit M. le professeur Dubois : L'enfant étant placé convenablement sur un lit, de manière que l'abdomen proémine, l'opérateur commence par introduire horizontalement de gauche à droite une épingle à bec-de-lièvre, qui traverse les téguments à la base de l'ombilic. A l'aide d'une anse de fil passée audessous de cette épingle, il soulève les téguments; puis une autre épingle est introduite perpendiculairement à la première et au-dessous d'elle. Il fait ensuite plusieurs huit de chiffre autour de chaque épingle, et pour compléter la ligature il entoure également de fil ciré la base de l'ombilic.
L'hémorrhagie s'arrête immédiatement. Si, quelques heures après, on voit suinter un peu de sang par les angles de la plaie, le long des épingles, il suffit de faire deux nœuds sur la peau qui entoure l'épingle, pour voir le suintement s'arrêter. On peut enlever
les épingles vers le quatrième ou le cinquième jour; mais il faut attendre que l'escarre se détache d'elle-même, et ne rien faire pour en hâter la chute.
En résumé, dans le traitement des hémorrhagies ombilicales chez les nouveau-nés, on peut employer la compression et la cautérisation modifiées, et la ligature en masse ; la dernière surtout, qui offre sur les deux autres une supériorité réelle. Mais, quelle que soit la méthode qu'on emploie, il ne faut pas perdre de vue que le succès sera d'autant plus assuré, que l'on agira de meilleure heure et que l'on surveillera avec plus d'attention les effets du moyen employé. Il y a un exemple d'hémorrhagie six jours après la chute du cordon. M. P. Dubois fit la ligature, l'enfant guérit i. On cite 2 un autre fait, dans lequel l'hémorrhagie ne se produisit que treize jours après la naissance ; tout fut tenté, excepté la ligature : l'enfant succomba.
Suppuration de l'ombilic.
Il arrive quelquefois qu'après la dessiccation du cordon et sa chute, la cicatrice ombilicale suppure pendant quelque temps, et cet état se prolongerait fort longtemps, si Ton n'y remédiait.
La cautérisation avec le nitrate d'argent suffit souvent seule, je l'ai cependant vue manquer complètement son effet, et ce n'a été qu'à l'aide d'un peu de calomel (2 à 3 centigrammes par jour) saupoudré sur la petite plaie que j'ai pu amènera cicatrisation. L'eau végéto-minérale administrée en lotions réussit souvent très-bien; il en est de même du cérat saturné.
Inflammation de la cicatrice ombilicale.
Cet accident, si souvent mortel dans les hôpitaux à cause de l'érysipèle, qui en est presque la complication obligée, est bien moins grave en ville. Le premier soin à prendre dans ce cas consiste à appliquer sur la cicatrice un petit linge percé de petits trous trèsrapprochés, que l'on graissera très-légèrement avec un peu de cérat, de couvrir le ventre de cataplasmes émoUients, de donner à l'enfant deux bains tièdes par jour pour prévenir l'érysipèle. La médication serait la même, si cette dernière complication venait à se manifester, seulement on y adjoindrait l'usage des légers dérivatifs sur le canal intestinal (le calomel), et les révulsifs aux extrémités inférieures.
1 Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1er marg 1847.
2 Union médicale, 24 mars 1853.
Ol'HTIIAUIIE PURULENTE. 99 7
Ophthalmie purulente des nouveau-nés.
L'impression d'un air froid, le séjour et l'accumulation des enfants dans un lieu mal aéré, la malpropreté, la longueur et la difficulté de l'accouchement, ainsi que la compression de la tête de l'enfant, l'influence épidémique, si manifeste dans les hôpitaux, enfin une blennorrhagie syphilitique existant chez la mère, peuvent être les causes principales de l'ophthalmie chez les enfants nouveau-nés. — Cette maladie peut se montrer dès le deuxième ou le troisième jour de la naissance. — Au premier degré^ elle n'est caractérisée que par une légère rougeur et la tuméfaction peu considérable des paupières, qui cependant sont très-sensibles à la pression. L'enfant ne peut supporter la lumière, ferme les yeux et tourne la tête du côté opposé au jour.
Mais si l'irritation est abandonnée à elle-même, elle passe bientôt au second degré. Alors la rougeur, la douleur, la tuméfaction augmentent d'intensité, et la suppuration s'établit. La conjonctive oculaire s'enflamme^, se boursoufle, se couvre de granulations, et les replis qu'elle forme donnent lieu à un ectropion plus ou moins prononcé lorsque l'enfant crie. La suppuration, qui devient de plus en plus abondante, varie pour la couleur, du blanc jaunâtre au vert, et se trouve quelquefois mélangée avec du sang. Lorsque l'inflammation s'est étendue sur le globe de l'œil, elle y détermine plusieurs lésions qui peuvent même entraîner la perte totale de l'organe. La plus commune est l'inflammation de la cornée, ou kératite, qui peut produire : t" l'opacité de cette membrane^, opacité qui se dissipe assez ordinairement lorsque l'inflammation a cédé; 2° le ramollissement, beaucoup plus grave et encore assez fréquent. La cornée perd son poli, ordinairement vers son centre, offre dans un point une teinte grisâtre et un peu brune, se perfore et laisse écouler l'humeur aqueuse, le cristallin et l'humeur vitrée. Alors l'œil s'affaisse et la vision est perdue. 3° L'ulcération qui survient ordinairement au niveau des parties opaques de la cornée, présente des bords tuméfiés, un peu saillants et assez réguliers. Elle donne lieu, par suite, aux mêmes accidents.
L'ophthalmie présente donc un pronostic d'autant plus grave que l'inflammation s'étend davantage vers le globe de l'œil et intéresse un plus grand nombre de ses parties. A l'état simple, sa durée est de quelques jours seulement ; elle est très-longue lorsque la maladie est plus profonde. Dans le premier degré de l'ophthalmie, le lait seul de la nourrice, instillé entre les paupières de l'enfant, suffit. Mais, quand la suppuration s'est établie, le premier but qu'on doit
se proposer dans le traitement de cette maladie est de combattre l'inflammation par des lotions avec l'eau de guimauve et l'eau de rose. Il faut aussi faire usage d'un collyre avec le nitrate d'argent (10 à 20 centigrammes par 30 grammes d'eau), c'est le moyen le plus efficace pour faire avorter l'inflammation et pour s'opposer à ses fâcheuses conséquences. On doit faire pénétrer plusieurs gouttes du dernier collyre entre les paupières, deux ou trois fois par jour. Enfin, il est indispensable de soustraire les yeux de l'enfant à la lumière, surtout dans les ophthalmies graves, en lui couvrant le visage d'un voile, en le couchant du côté opposé au jour et en entourant son berceau de rideaux verts et épais.
Une dame qui habite mon quartier fit voir à M. P. Dubois un enfant aflecté d'une ophthalmie purulente, et chez lequel on s'était contenté de lotions avec l'eau de guimauve. Un œil était déjà entièrement perdu. M. Dubois me chargea de donner à ce pauvre enfant les soins convenables, et à l'aide du collyre au nitrate d'argent je fus assez heureux pour sauver l'autre œil.
En général, on ne porte pas en ville assez d'attention à combattre cette affection qui, abandonnée à elle-même, peut souvent avoir les plus funestes conséquences 1.
Stomatite avec altération de sécrétion, ou muguet ^.
Le muguet est caractérisé par la concrétion du mucus à la surface des membranes muqueuses enflammées, soit que ces membranes aient un épithéiium, soit qu'elles n'en aient pas. Cette concrétion peut s'observer dans la bouche, l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle et le gros intestin. Il ne sera question ici que du muguet de la bouche.
Le muguet se montre sous trois aspects différents: \° sous forme de points blancs très-petits, épars sur la langue et les parois de la bouche; 2° sous celle de lambeaux plus ou moins larges; 3" sous forme d'une membrane qui recouvre toute la langue ou s'étend sur d'autres parties de la cavité buccale.
Cette excrétion est ordinairement précédée d'une inflammation érythémateuse des mêmes parties, à la suite de laquelle surviennent de petits points blancs qui ont toujours leur siège à la surface de l'épithélium. Bientôt ces points blancs se réunissent pour s'é-
' Voyez Annalesde la chirurgie. 1814, t. XII, p. 106, 298.
^ Voyez, pour plus de détails, Valleix, Clinique des maladies des en fants nouveaunés. Paris, 1838, ln-8,p. 202. — E. Bouchut, Traité pratique des maladies des nouveau-nés et des enfants à la mamelle. 3^ édition. Paris, 1855, p. 465.
STOMATITE FOLLICULEDSE. 9 99
tendre sous forme d'une membrane qui s'exfolie peu à peu pour se reproduire encore. Le muguet pointillé occupe ordinairement la pointe de la langue ; par plaques, il se remarque» sur la face interne des lèvres et des joues; en membrane, il a pour siège de prédilection la base de la langue et le voile du palais.
Étiologie. — Les causes présumées du muguet sont : la première enfance, une mauvaise alimentation, le rassemblement de beaucoup d'enfants dans un même lieu, surtout la constitution particulière à chaque individu, qui le dispose aux inflammations des membranes muqueuses, la débilité, la qualité du lait delà nourrice, les efforts répétés de succion que l'enfant est obligé de faire quelquefois. Cette maladie n'est pas considérée comme contagieuse; elle ne s'accompagne que de fort peu de fièvre chez les très-jeunes enfants; la peau est cependant chaude et sèche, la soif ardente; mais elle se complique très-souvent de l'inflammation de l'appareil digestif, et c'est ce qui rend le muguet si souvent fatal aux enfants.
Traitement. — Lorsque le muguet est simple, il faut se contenter de laver la bouche de l'enfant plusieurs fois par jour avec un pinceau imbibé d'eau de guimauve et de miel rosat, à laquelle on peut ajouter plus tard un quart de la liqueur de Labarraque. Un gramme de sous-borate de soude uni au miel, dont on étend dans la bouche gros comme un pois deux ou trois fois par jour, suffit pour triompher de cette afîéction quand elle a résisté aux premiers moyens. Si la maladie est compliquée d'une phlegmasie du tube digestif ou de quelque autre organe important, il faut combattre celle-ci par des moyens appropriés. Il faut aussi changer l'enfant d'air, améliorer son alimentation et éloigner toutes les causes qui pourraient entretenir l'affection.
stomatite folliculeuse, ou aphthes.
Les aphthes ne sont autre chose qu'une inflammation des follicules mucipares de la membrane muqueuse, soit de la bouche, soit du reste du tube digestif.
Les follicules muqueux, d'abord engorgés, enflammés, laissent bientôt sortir une matière blanchâtre par une déchirure de leur point central, qui s'ulcère promptement. Ces petites ulcérations superficielles ont des bords tantôt arrondis, tantôt taillés à pic, et sécrètent une matière pultacée, blanche, qui finit par se détacher.
Les aphthes occupent ordinairement la face interne des lèvres, des joues, le sommet des gencives, le frein etles côtés de la langue. S'ils sont nombreux et rapprochés, leurs bords se confondent et
la matière roiiiie une couche plus ou moins large, assez analogue à celle du muguet, dont cependant on peut la distinguer en tenant compte du développement des follicules enflammés et des solutions de continuité qu'on y remarque, et qui n'existent pas dans le muguet.
Les aphthes s'observent particulièrement chez les enfants débiles^ pâles, lymphatiques, mal nourris, respirant un air vicié.
Les symptômes généraux sont presque nuls ; la peau est chaude et sèche, et la fièvre ne s'observe que chez les enfants un peu avancés en âge. Mais si les aphthes sont nombreux et s'ils se propagent dans l'œsophage et le reste du tube digestif, ce qui a lieu le plus fréquemment, on voit l'enfant pâlir, maigrir, être pris de vomissements, de diarrhée, enfin de tous les symptômes de la gastroentérite.
Le traitement ne diffère pas de celui qui a été conseillé pour le muguet.
Deux autres espèces de stomatites peuvent affecter les jeunes enfants : ce sont l'ulcéreuse et la gangreneuse. Nous ne les décrirons pas ici, car elles s'observent ordinairement à une époque beaucoup plus éloignée de la naissance.
Principaux symptômes des maladies des voies digestives chez le nouveau-né.
Vomissements. — Le vomissement, ou mieux la régurgitation d'une partie du lait, n'a en général rien de fâcheux ; l'estomac ne se débarrasse ainsi que d'un superflu. Mais des vomissements glaireux, et qui font rejeter la totalité des aliments, causent bientôt le dépérissement de l'enfant : ils peuvent dépendre d'une mauvaise nourriture, d'une œsophagite, d'une gastrite, d'une entérite ayant surtout pour siège la région iléo-cœcale, de l'interruption du cours des matières fécales, d'un ramollissement de la muqueuse, et exigent le traitement approprié à ces différentes maladies lorsqu'elles sont bien caractérisées ; mais le plus ordinairement, le changement seul de nourriture ou l'emploi d'un peu de magnésie, d'un léger laxatif, suffisent pour les dissiper.
Diarrhée. — Elle n'est pas un signe constant d'entérite ; elle peut être produite par une véritable indigestion intestinale, une mauvaise nourriture, un lait trop ancien, l'état de gestation ou les affections de la nourrice, un sevrage trop précipité et des aliments solides donnés prématurément, par un état d'irritation et une augmentation de sécrétion de l'appareil folliculeux, enfin par une colite ou une entérite. Elle varie sous le rapport de la couleur et de la consistance des matières : la diarrhée jaune, écumeuse et fluide, est très-souvent accom-