‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 246 sur 287 · I)U LAIT · texte numérisé non relu

I)U LAIT

«lies ne se présentent souvent avec cet avantage que parce qu'elles sont restées à dessein très-longtemps sans donnera teter.

Il peut arriver aussi qu'une excellente nourrice vienne se soumettre à cet examen après un voyage long, pendant lequel son enfant a épuisé son sein : enfin que le changement de climat, d'habitude, l'inquiétude, le regret de la famille, l'idée de se séparer de son enfant, lui aient fait momentanément perdre son lait. Un seul examen est donc insuffisant; il faut voir la nourrice à l'œuvre, comme ledit très-judicieusement M. Richard (de Nancy) i. Si l'enfant puise au sein souvent avec une quantité de lait qui le rassasie, si ce sein ne se vide jamais complètement, on peut croire que le lait sera suffisamment abondant.

Si, au contraire, on remarque que l'enfant est inquiet, s'agite au sein, le quitte et le reprend en donnant des signes visibles d'impatience, crie après avoir teté, au lieu de s'endormir ; s'il vide le sein en totalité, il faudra en conclure que la quantité de lait est insuffisante à la nourriture de l'enfant; mais, je le répète, un seul examen ne suffit pas pour arriver à cette conviction, car ces phénomènes peuvent n'être que momentanés.

Au reste, le plus sûr moyen d'arriver à un bon résultat, dans le choix d'une nourrice, serait de n'arrêter que conditionnellement celle qui conviendrait sous tous les autres rapports, afin de constater à loisir la quantité, j'ajouterai même les qualités de son lait.

Les qualités du lait sont encore bien plus difficiles à apprécier par avance; et je ne crois pas qu'à l'aide du microscope il soit possible de résoudre complètement la question . C'est un moyen d'investigation qu'ilne faut certainement pas négliger, mais il est loin de lever toutes les difficultés. Certains principes insaisissables qui font que tel lait convient à tel enfant et non à tel autre, la vie, si je puis m'exprimer ainsi, dont le lait n'est que le véhicule, échapperont toujours à l'analyse. J'ai vu souvent, à la Clinique, des femmes regardées comme bonnes nourrices, à la suite d'un examen microscopique, qui n'ont pu réussir à élever leurs propres enfants. J'ai vu le contraire arriver tout aussi souvent.

J'avoue que j'attache beaucoup plus d'importance, pour mon compte, et en cela je partage tout à fait l'opinion du docteur Maigne, à l'examen de l'enfant de la nourrice. Son état de santé, sa coloration, saviC;, l'état de son ventre, de sa tête et de ses membres inférieurs, me paraissent surtout propres à éclairer la question et à faire préjuger des qualités du lait de la nourrice.

' Traité sur l'éducation physique des enfants. Paris, 1860, in-8.

Néanmoins, je suis bien loin de rejeter l'analyse microscopique; si je ne la regarde pas comme suffisante à elle seule pour éclairer la question, si je crois qu'on lui a donné trop d'importance dans ces derniers temps, je la crois cependant fort utile dans bien des circonstances.

Composition du lait.

Le lait se compose de plusieurs substances distinctes, le caséum, qui fait la base des fromages, le sucre de lait et un grand nombre de sels. Toutes ces parties sont en dissolution, et elles tiennent en suspension une substance solide, la matière grasse ou butyreuse qui constitue le beurre.

Toutes ces parties ne présentent à l'œil nu qu'un liquide blanc,

plus ou moins consistant ; mais, examinées au microscope, elles

présentent une multitude de grains ronds,

ÇP<\ o jOhO''^ o transparents, nageant dans un liquide. Ces

(X ooo t^)"o£) o globules sont constitués par la matière grasse

=(*>&% du lait.

û O tv^o^>^c, Q °oÇ Telles sont les parties constituantes d'un

Fis 271 —Globules ^^^^ ^^^ '■> ^^ faudra donc, en partant de cet laiteux sans mélange. examen, se méfier d'un lait qui contiendrait d'autres corps que les globules laiteux : sa pureté est plus ou moins altérée par la présence de ces corps. Le lait qui présente cet aspect exige un examen particulier avant d'être accepté. Je m'occuperai plus tard de cette circonstance.

Des propriétés nutritives du lait, ou de sa richesse et de sa pauvreté.

Les globules du lait étant constitués par la partie grasse, nutritive du lait, on comprend que le nombre de ces globules doit représenter assez exactement la richesse du lait, d'autant plus qu'on est en droit de supposer que le caséum et le sucre sont dans les mêmes proportions que la partie butyreuse.

De plus, dans un lail riche, les globules sont assez volumineuxv tandis que, dans le lait pauvre, ils sont petits et disséminés.

Le lait qui se présente sous ce dernier aspect, est impropre à la nourriture de l'enfant; il ne lui fournit pas tous les éléments réparateurs, nécessaires à son développement.

L'enfant pâlit, ses chairs sont molles ; et si ce lait pauvre est trèsabondant (circonstance qui est assez propre à induire en erreur sur les qualités du lait), les digestions de l'enfant sont laborieuses, il est pris de diarrhée verdâtre, circonstance qui, comme on le sait, indique toujours un état de souffrance des voies digestives.

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