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DU LAIT

Un lait qui présente une trop grande quantité de globules, qui, en un mot, est trop riche, peut aussi être en disproportion avec les besoins de l'enfant auquel il est donné. Cette circonstance ne se présente pas ordinairement pour la mère qui nourrit son enfant; la nature, dans ce cas, a en général eu soin de mettre l'alimentation en rapport avec les besoins du nouvel être. Mais elle peut se présenter souvent pour les nourrices de campagne qui allaitent un enfant de 'la ville, dont la constitution, souvent délicate, n'est plus en rapport avec celle de sa nourrice, et cette circonstance se manifestera d'autant plus que le lait de la nourrice sera plus âgé.

La nature se charge, il est vrai, de parer en partie à cet inconvénient, en donnant à l'enfant la faculté de rejeter le surplus du lait qui n'est pas nécessaire à sa nutrition, et chacun sait que la plupart des enfants rejettent souvent d'assez grandes quantités de lait, sans en être incommodés. Bien rejetant, bien venant, disent les nourrices. Il y a beaucoup de vérité au fond de ce proverbe, puisque les enfants ne rejettent que dans les cas oîiils ont pris une trop grande quantité d'un lait riche; il reste dans l'estomac ce qui suffit amplement à leur alimentation.

Cependant quelques enfants en petit nombre ne sont pas doués (le la faculté de rejeter le trop de lait qu'ils ont pris. Dans ce cas, les digestions sont laborieuses, les enfants sont pris de coliques et rendent des garde-robes verdâtres.

Lorsqu'on suppose que c'est cette circonstance qui détermine le mauvais état de l'enfant, ou si l'analyse microscopique est venue éclairera cet égard, il faut régler les repas de l'enfant, éloigner les époques de l'allaitement, et ne laisser prendre à l'enfant que la quantité de lait qu'on croit lui être nécessaire. ^

Par ce moyen on arrivera à remédier aux effets de la trop grande richesse du lait. L'enfant aura tout le temps de digérer le lait qu^il aura pris ; mais, de plus, on diminuera la richesse du lait par son séjour plus prolongé dans les seins.

On pensait que le lait devenait d'autant plus épais, d'autant plus nutritif, qu'il séjournait plus longtemps dans les seins. M. Péligot a démontré tout le contraire, et il est facile de vérifier l'exactitude de ses recherches. En analysant le premier lait qui s'échappe du sein et celui qui est extrait le dernier, au moment où la nourrice le sent monter, on constatera que le lait devient d'autant moins épais qu'il a séjourné plus longtemps dans les seins.

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§ 9. — Des altératious du lait i .

Altération du lait par le colostrum.

Les qualités du lait constatées, il est important de s'assurer qu'il n'est altéré par aucun produit morbide, ni par la persistance des éléments du colostrum. A priori, le microscope permet de décider une question que l'état de l'enfant ne tarderait pas à éclairer.

Le lait n'est véritablement, définitivement constitué qu'après la

fièvre de lait. Avant cette époque, ce liquide ne contient que des

globules laiteux, plus ou moins bien formés,

^o^^ ^"^^^ entre eux par une matière visqueuse; il

contient aussi des corps granuleux.

Le premier lait, ainsi constitué, possède

ç^o 'o ^r)'^<3 une vertu purgative qui détermine chez le

^° nouveau-né l'évacuation du méconium.

Fis. 212. — Lait altéré ^ j j> i • i i •-

par les éléments du ^^ comprend des lors que si le lait, après

colostrum. avoir produit cet effet salutaire sur les or-

ganes digestifs de l'enfant, conserve, après la fièvre de lait, ses propriétés purgatives, la santé de l'enfant devra en être altérée.

Cette circonstance n'est pas cependant très-rare. Chez certaines femmes, le lait ne se dépouille jamais en totalité des éléments du colostrum ; aussi voit-on les enfants ydé périr à leur sein.

On devra donc rejeter la nourrice chez laquelle on rencontrerait ce genre d'altération, après la fièvre de lait. L'examen microscopique peut seul permettre dans ce cas d'éclairer la question im^nédiatement, car ce lait ne diffère en rien, K la vue, du lait le plus riche et le plus pur; en l'absence de microscope, l'état de l'enfant ne tarderait pas à révéler dans le lait cette persistance des éléments du colostrum. Il est sans cesse affecté de diarrhées séreuses et verdâtres, qui ne tarderaient pas à compromettre sa santé et sa vie même, si l'on ne se hâtait de substituer à ce lait altéré un lait de bonne nature.

Cette altération n'est quelquefois que passagère, elle peut être déterminée par un léger état de souffrance de la nourrice, et cesser au retour de la santé. Si l'on examine en effet le lait d'une trèsbonne nourrice, à différentes époques de sa nourriture, on trouvera souvent ce genre d'altération dans son lait, et l'on observera que cette circonstance se lie toujours avec une altération momentanée

t Voyez Chevallier et Henry, Mémoire sur le lait, sa composition, ses morlifications,. ses altérations. Paris, 1839, in-8.

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