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DES RAPPORTS DE L'ENFANT AVEC LA NOURRICE

l'heure de son repas est arrivée ; on attend qu'il se réveille, à moins cependant^ comme je l'ai dit, que le sommeil ne se prolonge trop, auquel cas il faut le réveiller pour le présenter au sein ; de même quand l'enfant est souffrant, on n'a souvent d'autre moyen de calmer ses cris que de lui donner à teter.

Les six premières semaines écoulées, on commence à étendre les intervalles des repas. L'enfant souvent de lui-même ne manifeste ses besoins que toutes les trois ou quatre heures, surtout quand il trouve à chaque repas une quantité suffisante d'un lait nourrissant.

La nourrice doit-elle allaiter pendant la nuit? La plupart des femmes du monde qui nourrissent leur enfant ne sont pas assez fortes pour résister aux fatigues de l'allaitement, pendant le jour et la nuit ; la privation de sommeil ne tarderait pas à altérer leur santé, et, par suite, à diminuer leur lait, et même à le faire perdre entièrement. Mais il n'en est pas de même de la nourrice : d'une constitution plus robuste, exempte des préoccupations de la vie, des soins domestiques, elle peut se reposer dans le jour bien plus facilement que la mère-nourrice. Aussi doit-elle, surtout dans les premiers jours qui suivent la naissance, allaiter l'enfant la nuit. Mais doit-elle au moindre cri de l'enfant lui présenter le sein? Non, sans doute; il faut exiger de la nourrice qu'elle ne donne à teter que deux ou trois fois par nuit; le difficile est d'être obéi : la nourrice, à demi éveillée, trouve bien plus commode d'apaiser l'enfant en lui présentant le sein, que de supporter ses cris jusqu'à ce qu'il se rendorme, et l'enfant alors se réveille incessamment tout exprès pour teter, reste pendu toute la nuit au sein, tandis qu'il eût pris la salutaire habitude d'un sommeil régulier, si l'on avait pu obtenir de la nourrice qu'elle ne lui présentât le sein qu'à certaines heures de la nuit.

Malheureusement la mère ne peut éviter cet écueil qu'en surveillant elle-même pendant les premières nuits, ou en fiiisant surveiller par une personne de confiance, l'organisation de la nuit. Cette précaution est d'autant plus importante que la nourrice qui laisse contracter à l'enfant l'habitude de teter toute la nuit, le couche presque toujours avec elle; et il ne s'agit plus là d'une habitude qu'on peut à la rigueur tolérer, car chacun sait combien d'enfants ont péri ainsi, étouffés par la nourrice.

Il faut donc exiger que l'enfant soit couché dans son berceau ; menacer la nourrice de la changer, si elle garde l'enfant avec elle, et ne pas hésiter à accomplir cette menace, si l'on n'est pas obéi.

§ H. — li'eufant jusfiu'ji cinq à fsix mois ne doit être nourri exclusivement que de lait.

Une bonne nourrice peut, en général, suffire k la nourriture d'un enfant jusqu'à cinq à six mois; celle qui sera moins abondante en lait devra y suppléer en donnant à l'enfant une certaine dose de lait de vache, coupé avec de l'eau pure, bien préférable, selon moi, à la décoction de gruau. Bien entendu que ce lait devra être d'autant moins coupé que l'enfant sera plus avancé en âge.

Les boissons peuvent être données à l'enfant en le faisant boire au verre ou à l'aide du biberon, que je préfère. Les plus faciles à entretenir propres doivent être préférés. Celui qui m'a paru jusqu'à ce jour le plus commode n'est autre qu'une espèce de bec de flageolet en ivoire, monté sur un bouchon, qui peut se placer sur toute espèce de flacon. Il

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se trouve chez tous les tabletiers et est inaltérable. On peut encore se servir avec avantage de ceux de Charrière (en ivoire ramolli), de Darbo (en liège), et enfin de madame Breton (en tétine de vache). A quelle époque V enfant doit -il commencer à manger? — Ce n'est que vers cinq à six mois qu'il convient de commencer à faire manger l'enfant. Cependant si le lait de la mère ou celui d'une nourrice à laquelle on devrait, sous tous les autres rapports, tenir beaucoup, était insuffisant pour alimenter l'enfant, malgré l'addition du lait de vache, on pourrait lui donner, dès l'âge de trois mois, des bouillies légères, préparées avec la farine cuite au four, etc., et données deux

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fois par jour. Quanta la quantité, elle peut être évaluée chaque fois à la contenance d'une petite soucoupe de tasse à café.

Vers cinq à six mois donc on peut commencer à faire manger les enfants, en y mettant une certaine réserve ; mais si avant cette époque, dans la vue de les rendre vigoureux et rebondis, on les empâte de soupes épaisses et copieuses, on les expose aux accidents les plus graves, les convulsions et la gastro-entérite.

Cette dernière affection, qui est la conséquence la plus immédiate de cet excès de nourriture, peut en peu de jours, en peu d'heures même, quand la diarrhée est abondante, amener la mort.

Quels doivent être la nature des aliments et l'ordre des repas? — Pour tracer à ce sujet une règle de conduite aussi exacte que possible, je vais prendre l'enfanta cinq k six mois, bien portant, et examiner successivement le régime alimentaire auquel il doit être soumis de mois en mois, jusqu'au sevrage, en modifiant ce régime suivant la force et la constitution du sujet et celles de ses parents.

De cinq à sept mois, deux petits potages au lait clairs doivent suffire. On emploiera pour ces potages alternativement la fleur de farine de froment cuite au four, la crème de riz, la fécule de pomme de terre^ l'arrow-root, le tapioka, la biscotte. Dans le cas où l'enfant serait trop relâché, on insistera sur la crème de riz; dans le cas contraire, sur la fécule; quand l'enfant, légèrement indisposé, pourra cependant prendre des aliments, l'arrow-root, plus léger, conviendra mieux à son estomac.

Si l'enfant, né de parents d'une constitution sanguine et bilieuse, participe lui-même à cette constitution, autant que cela se peut chez un enfant, oîi la prédominance lymphatique existe presque toujours, on s'en tiendra au régime lacté. Si, au contraire, l'enfant était issu de parents chez lesquels le tempérament serait lymphatique plus ou moins prononcé, il faudrait, dès cette époque même, introduire dans son alimentation l'usage du bouillon et des jus de viandes.

Mais les enfants de cet âge ont, en général, une très-grande répugnance pour ces sortes d'aliments, et presque toujours on se voit forcé, pour les y habituer, de mélanger au lait sucré une petite quantité de bouillon qu'on augmente chaque jour jusqu'à ce qu'on arrive au bouillon pur. Ce moyen m'a constamment réussi.

De sept moisjusques et après le sevrage on pourra faire aussi usage de la semoule, du vermicelle, et sur les trois petits potages que pourra prendre l'enfant, un ou deux, suivant les aptitudes de son estomac, devront être au bouillon. De la mie de pain trempée dans du jus de viandes rôties pourra remplacer avec avantage un de ces potages gras. Il en est de même de la gelée de viandes.

a 0 36 EDUCATION PHYSIQUE DES ENFANTS.

Un peu d'eau rougie sucrée, dans laquelle on fait tremper un peu de pain, constitue un aliment tonique qui ne peut qu'être utile à l'enfant. Cet aliment, qui peut très-bien remplacer le potage du milieu du jour, a cela d'avantageux aussi qu'il est facile à transporter à la promenade.

g 12. — Du régime de la nourrice-

Si le régime à faire suivre à l'enfant demande toute la sollicitude du médecin et toute celle des parents, celui de la nourrice n'est pas moins important pour l'enfant.

Du choix des aliments. — On attachait autrefois une très -grande importance à ce qu'une nourrice ne prît pas tel ou tel aliment : les crudités, la salade, les fruits, etc., et ces substances étaient tout à fait proscrites. Cet excès était aussi blâmable que celui tout contraire dans lequel sont tombés quelques auteurs modernes, qui, niant, contre l'évidence, l'influence de certaines substances sur le lait, et, par suite, sur l'état physique de l'enfant, en permettent indistinctement l'usage. Tout aliment, quel qu'il soit, bien digéré, disent-ils, convient à la nourrice; mais convient-il au nourrisson? Ne voit-on pas tous les jours l'enfant être pris de coliques toutes les fois que sa nourrice a pris tel ou tel aliment qu'elle digère cependant très-bien? C'est un fait si facile à observer, si commun, qu'il faut vraiment, pour avancer le coniraire, avoir eu bien peu l'occasion d'observer l'enfant au berceau.

J'acquiers chaque jour la conviction que le choix des aliments n'est pas indifférent; mais quelles substances doivent être préférées? Celles qui conviennent à l'enfant. Quelles autres doivent être proscrites? Celles qui lui causent du m.alaise. C'est une étude à faire. La mère ne doit s'en rapporter qu'à elle pour cette appréciation, et jusqu'à ce qu'elle soit faite, on pourra permettre à la nourrice de faire usage de tous les aliments qui constituent le régime habituel du pays où l'on se trouve, sans en excepter l'usage modéré de la salade et des fruits.

De même, en consultant les goûts ou les habitudes de la nourrice, on lui permettra l'usage du vin, de la bière, du cidre, de l'eau môme .

L'important est qu'elle ne fasse pas un usage exclusif de tel aliment qui ne se présente sur nos tables qu'exceptionnellement, et qu'elle mange avec modération. Aussi, à ce sujet, ou ne saurait trop s'élever contre l'habitude de certaines maisons opulentes, où, dans l'intention de donner aux nourrices un lait plus substantiel et plus nourrissant, on les soumet à un régime trop succulent, on excite leur appétit par la variété et l'excellence des mets. .

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