ACCIDENTS DANS LA SANTÉ DE LA NOURRICE
Les conséquences de ces perles pour l'enfant sont plus graves que celles des règles, à cause du retour fréquent de ces pertes, et surtout par suite de l'état permanent de souffrance de la nourrice: aussi est-il indispensable, si cet état persiste, de recourir à un lait étranger.
De la leucorrhée. — Les nourrices affectées de pertes blanches^ surtout quand ces perles sont abondantes^ fournissent rarement un lait abondant et de bonne qualité; cela dépend-il, comme le pense le vulgaire, de ce que le lait s'écoule en nature parcelle voie? Certainement non; mais au fond de cette pensée il y a, à mon sens, beaucoup de vrai.
Car on observe chez presque toutes les femmes affectées d'écoulements blancs, que le lait diminue en proportion de l'abondance de l'écoulement, ^i vice versa. Cet écoulement, s'il n'est pas constitué par le lait lui-même, n'est produit qu'aux dépens d'une portion des matériaux qui auraient dû servir à former le lait. Il y a donc là une espèce de dérivation nuisible aux fonctions de la glande mammaire, qui doit faire redouter ces écoulements blancs.
Mais ce n'est pas tout : la nourrice affectée de ces pertes ne jouit pas en général d'un état de santé favorable à l'enfant; cette raison, quand elle existerait seule, nécessiterait le changement de la nourrice.
Là encore ce sera la santé de l'enfant qui devra servir de guide.
De l'état de grossesse. — La femme qui nourrit est bien moins apte qu'une autre à devenir enceinte; cependant celte règle souffre de nombreuses exceptions. Aussi faut-il exercer sur la nourrice sur lieu une surveillance active, et doit-on aussi chercher à s'enquérir de Tétat de celle qui habite avec son mari.
En effet, l'état de grossesse est une contre-indication formelle à l'allaitement; et quoiqu'on ait vu des femmes continuer de nourrir avec succès à un terme avancé, ce ne sont là que des exceptions trèsrares. Le plus ordinairement, dès que la nourrice est enceinte, le lait tarit et acquiert des qualités nuisibles, inappréciables à l'analyse microscopique, mais qui se révèlent par les fâcheux effets qu'elles produisent sur la santé de l'enfant. Cette circonstance se manifeste trop souvent pour être révoquée en doute.
La nourrice devenue grosse devra donc cesser immédiatement l'allaitement.
ChAILLY, 4« ÉDIT.