‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 257 sur 287 · BAINS, TOILETTE, ETC · texte numérisé non relu

BAINS, TOILETTE, ETC

enfants forts, et encore pas toujours, mais elle est certainement pernicieuse pour les enfants nés faibles.

Tous les enfants soumis à ce régime sont forts, dit-on; sans doute il fallait qu'ils le fussent pour le supporter, et alors ce régime a fini par leur porter profit; mais on ne parle pas de ceux que cet usage a fait succomber.

L'usage fréquent des bains leur est aussi très-favorable ; il est bon de les y habituer dès les premières semaines, aussi bien à cause de l'influence favorable qu'ils exercent sur l'enfant, que pour les y accoutumer, ce qui est fort important. En effet, on se ménage ainsi une ressource précieuse en cas de maladie, ressource dont on est tout à fait privé si l'enfant craint l'eau; car ses cris, son agitation, neutralisent l'effet du bain, souvent même ils aggravent la maladie k laquelle on veut remédier par le bain.

Ici, bien plus encore que pour les lotions, je condamne l'eau froide, à moins que le bain ne soit pris à l'eau courante et lorsque l'enfant a dépassé quatre ou cinq ans. Le bain, dans ce cas, ne doit pas se prolonger au delà d'un quart d'heure. Mais, avant cette époque, l'enfant ne doit être plongé que dans un bain à la température de 25 à 30 degrés centigrades, et n'y rester que cinq à six minutes si le bain est donné chaque jour, comme cela est d'usage dans beaucoup de familles.

Dans tous les cas, je donnerais la préférence au bain du soir, avant le dernier repas. 11 calme l'enfant avant son sommeil ; cette précaution est surtout importante dans les mauvais temps, car souvent on n'exposerait pas les enfants, sans inconvénient, à un air extérieur, humide ou froid, au sortir du bain. C'est cependant ce qui aurait lieu si le bain était pris le matin, à moins qu'on ne prive l'enfant de la promenade qui lui est si salutaire.

Soins relatifs à la taille. — L'attention de l'accoucheur doit se porter avec une extrême sollicitude sur les circonstances qui peuvent influer sur le développement régulier du squelette, surtout chez les jeunes filles. Le bassin, en particulier, doit être surtout l'objet de cette sollicitude, à cause des conséquences fâcheuses qui peuvent en résulter dans l'âge adulte.

Les petites filles, surtout si elles ont de la disposition au rachitisme, devront être soustraites aux pressions qui peuvent agir sur la circonférence du bassin. Pour cela, l'enfant devra être couché dans des attitudes variées la nuit, et seulement aux heures du sommeil du jour et sur un lit de fougère; il ne devra jamais être porté du même bras. On sait que les nourrices ou les bonnes ont l'habitude de porter l'enfant du bras gauche, pour se réserver l'usage du bras

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droit. On se gardera de faire marcher les enfants de trop bonne heure, surtout s'ils ont beaucoup d'embonpoint et par conséquent un poids non encore en rapport avec la force du bassin et des membres inférieurs.

Et celte précaution devra être religieusement observée, quand bien môme l'enfant paraîtrait désirer de marcher, étant soutenu pardessous les aisselles; ce ne sera que par degré et à mesure que les forces s'accroîtront, qu'on lui permettra de faire quelques pas, encore devra-t-on avoir soin de le soutenir sous les bras avec les mains, non pas avec cette lisière en usage dans les campagnes, qui seulement empêche l'enfant de tomber en avant et abandonne tout le poids du corps sur le bassin et les membres inférieurs. Avant que l'enfant ait acquis assez de force pour faire quelques pas,Ml devra être abandonné sur un lapis à terre, et continuer à s'y rouler, jusqu'à ce que ses forces puissent lui permettre de se relever seul, et de marcher avec un peu d'aide.

Il ne faut pas croire qu'en agissant ainsi, on prive l'enfant d'un exercice salutaire, il n'en est rien : l'exposition au grand air, au soleil même, la tête étant couverte d'un chapeau, lui sera bien plus favorable que ce prétendu exercice que l'enfant prend en faisant quelques pas, et compensera très-bien la promenade, l'enfant étant porté, dans le cas où la disposition au rachitisme obligerait à le priver d'exercice.

Dis coupures de la peau. — Les enfants gras, et qui ont la peau fine, se coupent dans les plis de la peau; il faut, dans ce cas, ne faire usage d'aucun corps gras, cérat ou autres ; les ablutions fréquentes à l'eau de guimauve et la poudre de lycopode sont bien préférables.

On évite quelquefois ces accidents au cou de l'enfant, en lui faisant porter un petit collier à gros grains très-rapprochés les uns des autres.

Des garde-robes et des lavements. — Les garde-robes des enfants bien portants sont jaunes, liées et légèrement consistantes; elles se renouvellent en général deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures pendant le premier âge.

' Des grumeaux blancs de lait caillé non digéré, et surtout la coloration verte des matières, indiquent un état de souffrance de l'enfant.

La fréquence, la liquidité, la fétidité des selles, sont autant de circonstances qui doivent aussi éveiller la sollicitude.

Il en est de même de la constipation.

La coloration verdâtre, qui se lie presque toujours à la liquidité

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