BAINS, TOILETTE, ETC
des selles, peut dépendre d'une alimentation artificielle de mauvaise nature ou trop substantielle. Elle peut résulter aussi d'une foule d'incommodités de la nourrice, du retour prématuré des règles, et surtout de l'altération du lait, quelle qu'en soit la cause.
SI les selles verdâtres sont peu liquides et peu abondantes, si surtout cet état n'est que passager et ne se renouvelle pas souvent, il suffira de réduire un peu l'alimentation pendant ce temps, et d'administrer à l'enfant quelques petits lavements.
Mais si la diarrhée était abondante, l'enfant devrait se contenter exclusivement du sein; toute alimentation étrangère devrait être supprimée. On fera usage de cataplasmes sur le ventre, de petits lavements à l'eau de guimauve seulement ou avec un peu d'amidon, une demi-cuillerée à café ; mais l'usage de la décoction de tête de pavots devra être proscrit, par suite delà difficulté qu'on éprouve à doser ce médicament; le laudanum de Sydenham à la dose d'une goutte par lavement serait bien préférable.
La diète ne devra pas être rigoureuse, absolue; les boissons délayantes qui suffiraient à un adulte, en pareil cas, seraient tout à fait insuffisantes pour l'enfant.
La diète lui ferait souvent plus de mal que la maladie elle-même. Dans aucun cas l'enfant ne devra être tout à fait privé du sein. Seulement on éloignera un peu ses repas.
Enfin, il faudra s'assurer si cette altération dans la santé de l'enfant ne dépend pas de celle de la nourrice. Si rien chez elle ne peut expliquer cette diarrhée^etsi elle persiste malgré les remèdes que je viens d'indiquer, il faudra craindre que cette disposition de l'enfant ne soit entretenue par un état particulier et inappréciable du lait de la nourrice, et recourir, pour s'éclairer, à un changement de lait.
Il suffit souvent de cette précaution pour faire cesser tous les accidents; elle indique alors la conduite à suivre ultérieurement.
La constipation, quoique plus rare que la diarrhée, se rencontre souvent dans les premiers jours qui suivent la naissance. Une cuillerée à café de sirop de chicorée^ donné pur ou dans un peu d'eau sucrée, suffît pour vaincre cette incommodité.
Plus tard, quand elle se manifeste, le même moyen peut être employé avec succès ; on y adjoindra avec avantage le choix des aliments : quant aux lavements, il faut en user avec réserve^, dans la crainte d'y habituer l'enfant *. Je préfère un remède de nourrice,
1 Cependant, chez les enfants sujets aux coliques, ou qui poussent des cris sans qu'on puisse connaître la cause de leur chagrin, j'ai presque toujours remarqué que le lavement était un calmant par excellence : aussitôt qu'il est administré, l'enfant s'apaise et s'endort.
10 52 SOINS INDISPENSABLES A LA SANTÉ DE L'eNPANT.
que j'ai presque toujours vu couronné de succès, l'introduction dans l'anus d'une queue de feuille de poirée trempée dans l'huile, ou un petit suppositoire de savon.
La constipation, ainsi que la diarrhée, peut dépendre d'une altération particulière du lait inappréciable; le changement de lait est encore là un moyen d'épreuve qu'il faut employer, pour le continuer s'il est couronné de succès.
Du sucre, des bonbons et des gâteaux. — L'usage modéré du sucre dans les aliments ne peut avoir aucun inconvénient pour l'enfant; quant aux bonbons en sucre, quelle que soit leur nature, ils doivent être proscrits : la plupart contiennent des liqueurs excitantes dont l'usage ne pourrait qu'altérer les fonctions digestives. Les dragées proprement dites n'auraient pas en général le même inconvénient; mais elles en auraient un bien plus redoutable : leur forme, leur consistance, les rend difficiles à fondre, et pendant leur séjour dans la bouche de l'enfant, elles peuvent être aspirées par les voies aériennes et déterminer les accidents les plus graves.
Le seul bonbon qui doive être, à mon avis, accordé à l'enfant, est la petite pastille de chocolat pur. Elle fond immédiatement, et n'a que des propriétés salutaires.
Pour les gâteaux, quand l'enfant est plus âgé, la plupart se digèrent mal : les échaudés, les biscuits, les pâtes sèches, sont presque les seuls qu'on doive excepterions vêtements. — Les vêtements des enfants, tels que l'usage les a consacrés d& nos jours, réunissent tous les avantages. Leur nature varie suivant les saisons, et leurs formes laissent à l'enfant cette liberté de mouvements qui lui est si nécessaire.
Je n'aurai donc à fixer l'attention du médecin que sur quelques précautions particulières; jamais la tête de Tenfant ne devra être exposée au soleil sans qu'elle soit couverte d^un chapeau. Le col et le haut des bras doivent être tenus chaudement en cas de froid, surtout le matin et le soir. Il sera donc indispensable de ne jamais sortir à la promenade sans être muni de cravates, de manches, afin d'en faire usage si le temps venait à changer, ou si l'on se trouvait attardé; quant aux jambes et aux avant-bras, ils peuvent être dégarnis dans la belle saison; mais, dans la mauvaise, et dansnos climats oïl la température est si variable, les bras surtout doivent être recouverts.
L'usage de la flanelle sur la peau, â moins d'une nécessité absolue, doit être proscrit pour les enfants; elle entretient la peau dans une moiteur continuelle, qui fatigue et épuise souvent l'enfant.
Mais, s'il devient nécessaire de garantir l'enfant contre les chan-