‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 259 sur 287 · DU SEVRAGE · texte numérisé non relu

DU SEVRAGE

gements trop brusques de température, s'il s'enrhume facilement, ce moyen pourra être mis en usage avec avantage.

Toutefois, il sera nécessaire de changer cette étoffe chaque jour, et de la faire laver convenablement; car elle s'imprègne des émanations corport^lles qu'elle conserve autour du corps de l'enfant, et l'on comprend combien cette circonstance pourrait lui être nuisible.

Du soin de latête. — Les nourrices, et par suite les mères, regardent comme très-dangereux pour la santé de l'enfant de dégarnir sa tête de la crasse qui s'y développe, et cependant les mères ne se résignent qu'à regret à la respecter. Leur amour-propre souffre de voir leur enfant perdre un de ses avantages; mais qu'elles se rassurent, elles peuvent en sûreté de conscience entretenir latête de leur enfant parfaitement propre, sans craindre pour sa santé. Chaque matin, on aura donc le soin de lui laver la tête avec de l'eau tiède, et après qu'elle sera bien essuyée, on la brossera légèrement avec la petite brosse de chiendent que tout le monde connaît; par ce moyen, on ne s'opposera pas au développement de cette crasse, mais on la détruira, à mesure qu'elle se manifestera.

Si cette précaution n'avait pas été prise, ou si, malgré tous les soins, latête et le fronts'étaienl couverts d'une couche plus ou moins épaisse de cette crasse, il faudrait la détruire petit à petit; car souvent, sous ces couches épaisses, le cuir chevelu s'ulcère, et il s'établit une suppuration qui met l'enfant mal à l'aise, et qu'alorson doit respecter, surtout si elle s'est établie depuis longtemps^ jusqu'à ce qu'on lui ait ouvert une autre voie vers le derrière des oreilles. En outre des moyens que je viens de conseiller, on userait d'un autre qui m'a toujours réussi : il consi ste à humecter la tête de l'enfant avec de l'huile ou de la pommade de concombre plusieurs heures avant de la brosser et de laver avec l'eau tiède savonneuse.

§ 3. — Bu sevrage.

Pendant toute la première année, l'enfant ne doit pas cesser de teter, quand bien même les aliments qui lui sont donnés, conjointement avec le lait de femme, seraient bien digérés, et pourraient suffire seuls à son alimentation. Car ce qui peut faire reculer devant un sevrage précoce, c'est bien moins la difficulté d'alimenter l'enfant artificiellement, que les dangers que lui fait courir ce sevrage, s'il vient à être malade.

En effet, chacun sait que les afi'ections des jeunes enfants ont bien moins de gravité, quand ils ne sont pas sevrés, que lorsqu'ils sont privés du sein, le lait de la mère servant à l'enfant de tisane et

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