‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 260 sur 287 · SOINS INDISPENSABLES A LA SANTE DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

SOINS INDISPENSABLES A LA SANTE DE L'ENFANT

de nourriture. Quand il est tourmenté par le travail de la dentition, qu'il refuse toute boisson, toute alimentation étrangère, il se laisse calmer avec le sein, et y puise des éléments réparateurs; tandis qu'il n'est pas rare de voir des enfants sevrés, dans les mêmes conditions, périr victimes des progrès de la maladie et d'inanition.

Il faut donc, avant de le séparer de sa nourrice, que l'enfant ait dépassé l'époque de la première dentition, qui est, en général, la plus orageuse ; et cela n'a lieu qu'après l'apparition des incisives d'en haut et d'en bas, vers dix à douze mois environ, souvent plus tard; et dans ce dernier cas, le sevrage doit être différé : bien entendu que l'enfant aura dû être habitué petit à petit, et de bonne heure, à prendre une nourriture étrangère avant qu'on entreprenne de le sevrer. En procédant ainsi, on ne met pas toujours l'enfant à l'abri des accidents de la dentition : mais il est certain qu'on atténue, qu'on neutralise souvent les fâcheux effets de ce travail.

La saison pendant laquelle on sèvrera l'enfant n'est pas tout à fait indifférente : le printemps et l'automne doivent être préférés. Cependant, si l'enfant se porte bien, on peut le sevrer en hiver, en prenant toutes les précautions propres à le garantir des rigueurs de la saison. Toutefois l'été devra être préféré à l'hiver.

Quelques enfants se sèvrent pour ainsi dire d'eux-mêmes, et quelquefois de très-bonne heure, sans que leur santé en soit altérée; et cela se conçoit, ce sevrage prématuré n'ayant lieu spontanément que chez les enfants forts, et chez lesquels la dentition s'est avancée prématurém.ent.

D'autres continueraient à teter volontiers après le douziènie mois, mais ils se laissent priver du sein sans trop de regrets, quelquefois môme sans s'en apercevoir.

Il suffit alors, pour sevrer l'enfant, de le distraire, loin de sa nourrice ou de sa mère, pendant les intervalles de l'allaitement, qu'on aura soin de rendre de plus en plus longs, la nuit d'abord, .puis le jour jusqu'à ce qu'au bout de cinq ou six jours on soit parvenu à supprimer tout à fait le sein.

Le sevrage n'exige pas, chez la plupart des enfants, d'autres préparations, il suffira de leur faire boire de l'eau sucrée, du lait coupé indépendamment des autres aliments, quand ils manifesteront le désir de teter.

Enfin d'autres enfants ne se laissent priver du sein qu'avec de grandes difficultés, ils refusent obstinément toute nourriture, toute boisson étrangère, et réclament, par des cris violents et continuels, le sein dont on les a éloignés. Faut-il, dans ce cas, persévérer, et opposer à l'entêtement de l'enfant une fermeté impassible? Nos,

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