DU VAGIN
Le vagin est un conduit membraneux qui s'étend de la vulve à l'utérus ; il est tout à la fois, et l'organe de copulation de la femme, et le canal destiné d'une part au passage du sang menstruel, et de
'autre, à celui du produit de la conception. Ce canal commence en haut, à la jonction du tiers supérieur avec les tiers inférieurs du co! de l'utérus, qu'il entoure^ et autour duquel il forme une rainure circulaire,dont laprofondeurestenraisondelasaillieque fait lecolutérin. Cette rainure est, comme je l'ai dit en parlant du col, plus profonde en arrière qu'en avant. Le plus grand diamètre du vagin est à sa partie supérieure, ce quiest surtout très-remarquable cliezles femmes qui ont eu beaucoup d'enfants. De là,levagindescendversla vulve, ayant en arrière de lui le rectum, dont il est séparé, dans son cinquième supérieur seulement, parle cul-de-sac postérieur du péritoine ; tandis que dans les quatre cinquièmes inférieurs, ses rapports avec l'intestin sont presque immédiats : une couche de tissu cellulaire lamelleux que M. Cruveilhier nomme dartoïde, les unit. En avant et un peu audessus, se trouve la vessie, qui lui est unie par le tissu cellulaire filamenteux serré. Cette adhérence est intime ; aussi, dans la formation des fistules vésico-vaginales,n'observe-t-on jamais d'infiltration urineuse entre les parois correspondantes de ces deux cavités ; l'étendue des parois antérieure et postérieure du vagin est fort différente : la première n'a que les deux tiers de la seconde. La directon de ce canal est la môme que celle de l'axe du détroit inférieur et de la vulve combinés.
L'extrémité vulvaire du vagin est sensiblement rétrécie : cette ouverture est garnie généralement d'un repli muqueux, plus ou moins saillant et de forme semi-lunaire ; quelquefois constituant une sorte de diaphragme, percé d'une ouverture supérieure, et qui^ parfois, peut oblitérer complètement le vagin et s'opposer à l'écoulement des règles. Ce repli prend le nom de membrane de l'hymen; quelquefois aussi il offre de si faibles dimensions, qu'on en aperçoit à peine les traces. On a prétendu que de ces débris, après la défloration, résultaient des espèces de tubercules auxquels on a donné le nom de caroncules myrtiformes. M. Ph. Rigaud est convaincu que ces caroncules ne sont point le résultat de la déchirure de l'hymen, mais bien des replis muqueux existant constamment derrière cette membrane.
A l'extérieur, le vagin donne insertion, par ses parties latérales et supérieures, aux ligaments larges. Ce canal est affaissé sur luimôme, excepté en haut où le col de l'utérus tient ses parois écartées. La paroi antérieure, refoulée en bas, se présente à la vulve. On y remarque un raphé médian, bien plus prononcé que sur la paroi postérieure, et de chaque côté duquel partent des rides ou stries transversales, d'autant plus nombreuses et d'autant plus prononcées qu'elles s'approchent plus de l'orifice vulvaire.