G DE LA CONCEPTION
intime elle exerçait sur le germe de la femme, et comment de cette action il résultait un nouvel être; mais on n'a pu encore pénétrer ce mystère qui paraît devoir rester toujours impénétrable.
Aussi je me contenterai d'exposer aussi brièvement que possible les diverses théories plus ou moins ingénieuses qui sont le plus généralement admises sur ce sujet.
Suivant les uns, pendant le rapprochement des deux sexes, le principe fécondant de l'homme, pénétrant dans Tutérus par le col de la matrice, cheminerait le long de la trompe jusqu'à l'ovaire i, et, arrivé là, féconderait l'ovule, qui, comme je l'ai dit, se trouve tout formé dans l'ovaire. Selon d'autres auteurs, parmi lesquels nous citerons MM. Gendrin et Raciborski, Pouchet^, etc., une ponte périodique, coïncidant avec l'époque menstruelle, s'effectuerait chez la femme aussi bien hors de l'influence du rapprochement des deux sexes que pendant ce rapprochement, et l'ovule, séparé de l'ovaire par la rupture de la vésicule de Graaf, et saisi par la trompe, rencontrerait le principe fécondant de l'homme, soit dans la trompe, ou dans l'utérus même, quand l'ovule aura eu le temps d'arriver dans la cavité de cet organe avant le rapprochement.
Quant à l'action exercée par ce principe sur l'ovule, elle est expliquée de différentes manières.
Cette action est attribuée à la présence de petits corps qu'on rencontre dans la liqueur fécondante de tous les animaux mâles capables de se reproduire, petits corps qui se meuvent avec une très-grande rapidité dans les premiers moments de l'émission du liquide, et qui cessent de se mouvoir ensuite ; qui sont très-petits chez l'homme, où ils ne dépassent guère un vingt-cinquième de millimètre ; ovales, un peu aplatis et transparents, et n'apparaissant, dans l'espèce humaine, qu'au moment de la puberté.
Pour les uns, ces petits corps sont des animalcules appelés Syoermatozouires, qui concourent directement à la formation de l'embryon. Ainsi un de ces animalcules s'introduirait dans l'ovule, et, s'y développant, constituerait l'embryon même, ou tout au moins son système nerveux. Pour d'autres, Valisneri, Bory-Saint-Vincent, Valentin, Bis-
^ Bischoff [Traité du, développement, p. 22), aperçut pour la première fois des spermatozoaires sur l'ovaire d'une jeune chienne, le 22 juin 1838. Il y en avait aussi dans le vagin, la matrice, les trompes, les franges de la trompe, et dans la poche péritonéale qui entoure l'ovaire. Ces petits corps étaient doués de mouvements très-vifs. Wagner, Barry, au dire de Bischoff, ont depuis constaté le même fait.
2 Théorie positive de rovulation spontanée et de la fécondation dans l'espèce humaine et les mammifères. Paris, 1847.