ET DE LA GROSSESSE
choff 1, ces petits corps ne seraient destinés, par leur mouvement, qu'à maintenir la composition chimique de la liqueur prolifique, jusqu'à ce qu'elle ait eu le temps de se mettre en contact avec l'ovule. Il en serait pour cette liqueur comme il en est pour le sang, qui perd ses propriétés chimiques quand il cesse d'être en mouvement.
Quoi qu'il en soit, c'est bien à la présence de ces petits corps qu'est due la fécondation ; car toutes les fois qu'on est parvenu à en priver la liqueur prolifique, elle est devenue impropre à la fécondation; et d'ailleurs, que l'ovule- soit fécondé dans l'ovaire même pendant son trajet dans la trompe, ou dans l'utérus, il est toujours saisi par le pavillon de la trompe au moment où il sort de la vésicule de Graaf, parcourt la trompe sous l'influence des contractions péristaltiques de ce conduit, et arrive à son orifice utérin vers le dixième ou douzième jour environ.
Immédiatement après la conception commence le développement du produit ou la grossesse, qui se term-ine par Taccouchement deux cent soixante-dix jours ou neuf mois après Tiraprégnation.
La grossesse est simple, quand l'utérus ne contient qu'un produit normal ; elle est composée, quand plusieurs produits sont renfermés dans la matrice; elle est compliquée, quand une tumeur se développe en même temps que le produit; enfin, la grossesse est anormale quand le fœtus s'est développé en dehors de la cavité utérine (grossesse extra-utérine).
1 Traité du développement de r homme et des mammifères, p. 31.
ARTICLE P
MODIFICATIONS DE l'UTÉRUS ET DU PRODUIT.
Les modifications nombreuses qui se passent dans l'utérus et le produit, depuis la première imprégnation jusqu'à terme, exercent sur toute l'économie des réactions sympathiques qui se traduisent à l'extérieur par des signes à l'aide desquels on peut constater l'existence de la grossesse.
Quelques-unes de ces modifications peuvent être perçues directement sur l'utérus, et constituent par elles-mêmes des signes qui permettent aussi de diagnostiquer la grossesse, et môme d'en préciser l'époque.
Certaines modifications de l'utérus ne sont donc manifestes que par leurs effets, véritables réactions sympathiques, telles que la coloration de l'auréole, le trouble des fonctions digestives et du système nerveux, etc., dont le caractère anatomique nous échappe pendant la vie, tandis que d'autres peuvent être directement appréciées pendant la grossesse et sur l'organe même, soit médiatement à travers les parois abdominales, soit immédiatement par le toucher vaginal (modifications du col et du corps de l'organe), etc.
C'est l'appréciation de ces modifications et celles des réactions sympathiques qu'elles déterminent sur l'économie qui constitue le diagnostic de la grossesse.
Toutefois, comme l'appréciation de l'âge des produits avortés, et aussi l'appréciation exacte de l'époque de la grossesse après la mort, sont d'une utilité incontestable en médecine légale, il sera nécessaire de joindre à l'étude des modifications de l'utérus et du produit qu'on peut apprécier directement, et qui constituent essentiellement le diagnostic de la grossesse, l'étude des modifications qui, n'étant manifestes que par leurs effets, ne peuvent être appréciées directement que sur la femme morte ou le produit avorté. Aussi, à chaque époque de la grossesse, j'étudierai les modifications qui caractérisent chaque époque, que ces modifications soient appréciables ou non pendant la vie; puis je passerai au diagnostic établi sur les signes sensibles fournis par ces modifications. Cette marche donnera un