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Nœud du cordon

Fig. 58.

. Quand l'insertion du cordon se fait au centre, !e placenta est plus ou moins rond, et ressemble pour la forme à un champignon ; mais quand elle a lieu près du bord ou à la circonférence, l'organe prend une forme elliptique qui le fait ressembler plus ou moins à une raquette ou à un rein. Quelquefois, au lieu d'être aplati et d'une épaisseur égale, il est beaucoup plus épais au centre, et va en s'amincissant vers les bords, de manière à présenter la forme d'un cône; d'autres fois, enfin, au lieu de ne former qu'une seule masse, il se divise en plusieurs lobes. Cette disposition, au moment de la délivrance, a le grand inconvénient de permettre à quelques parties du placenta de rester dans la cavité utérine, quelles que soient d'ailleurs les précautions apportées dans la délivrance.

Le diamètre ordinaire du placenta est de 15 à 18 centimètres. Ces dimensions s'exagèrent quelquefois, et l'on en a vu qui avaient jusqu'à 25 centimètres de long sur 14 centimètres et demi de large. Dans ce cas, l'étendue se fait aux dépens de l'épaisseur, qui, dans l'état normal, est habituellement de 2 centimètres et demi à 3 centi-

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mètres et toujours plus considérable au point d'insertion du cordon ombilical.

Le poids du placenta, variable en raison de ses dimensions, est ordinairement de 500 grammes et 1 kilogramme.

La couleur est d'un rouge grisâtre; cette teinte est plus ou moins foncée, selon que l'organe est plus ou moins gorgé de sang.

On distingue au placenta deux faces : l'une externe ou utérine ; l'autre interne ou fœtale.

La face externe, plus ou moins convexe, selon la concavité de l'utérus, adhère aux parois de cet organe, mais seulement médiatement; car il existe entre elle et l'utérus la caduque inter-utéro-placentaire (tissu aréolaire intermédiaire de M. P. Dubois) et de nombreux vaisseaux artériels et veineux qui se portent de la surface interne de l'utérus dans le placenta, en traversant seulement le tissu suivant les uns, en s'y abouchant directement suivant M. P. Dubois (voy. p. -122). Au moment de la délivrance, elle présente des anfractuosités qui résultent de la séparation des cotylédons qui composent l'organe. Cette séparation s'est effectuée, parce que la membrane cellulo-vasculaire, qui couvre toute la face externe et la rend parfaitement unie, s'est déchirée.

La face interne ou fœtale est concave, plus ferme, plus lisse et plus polie que l'externe; on y remarque un plexus vasculaire qui donne naissance aux vaisseaux du cordon ombilical. — Cette face, lisse, est recouverte par l'amnios et le chorion.

La circonférence du placenta est en rapport avec le repli de la caduque ; on rencontre en cet endroit un cercle vasculaire appelé sinus coronaire du placenta (fig. 58). Ces vaisseaux communiquent, d'une part avec l'utérus, et de l'autre avec le placenta, dans lequel ils pénètrent par les anfractuosités qui séparent les cotylédons.

Structure. — Le placenta est formé par l'agglomération de lobes ou cotylédons, séparés entre eux par des sillons auxquels on a donné le nom de sinus placentaires, et dans lesquels s'engage la membrane cellulo-vasculaire dont nous avons parlé plus haut. C'est à tort qu'on a voulu nier l'existence de ces sinus. En effet, après l'expulsion du placenta, il est facile de distinguer entre chaque cotylédon la membrane interlobulaire, surtout entre ceux qui n'ont pas été désunis par la contraction utérine; c'est cette membrane qui, dans les cas d'injection partielle, ne permet pas à celle-ci de passer d'un cotylédon à un autre.

Le placenta se compose de vaisseaux sanguins, de tissu cellulaire, et de filaments blanchâtres qui semblent être une expansion du chorion, et qui ont pu être l'objet d'une méprise pour les anatomistes

qui prétendent que le placenta contient des nerfs. Les vaisseaux qui entrent dans la composition de cet organe appartiennent au système vasculaire fœtal et maternel.

D'après les recherches laites par M. Bonamy, ces vaisseaux seraient des artères et des veines.

Ainsi, des injections de couleur différente, poussées par cet habile anatomiste dans le système veineux et artériel de l'utérus, et dans la veine et dans l'une des artères ombilicales, firent voir, en décollant avec précaution le placenta, une assez grande quantité de petits vaisseaux partant de l'utérus, traversant le tissu inter-utéro-placentaire, et plongeant dans le tissu du placenta. A la couleur de l'injection, quelques-uns de ces vaisseaux purent être reconnus pour des veines, d'autres pour des artères. Il en fut de même des vaisseaux du placenta.

De plus, les injections les plus fines ne purent passer des vaisseaux de la mère dans ceux du placenta, d'où l'on doit conclure qu'il n'y a pas de communication entre ces deux ordres de vaisseaux, qui n'ont que des rapports de contiguïté, et forment, en s'entremêlant, une espèce de feutrage inextricable. Enfin, d'après les recherches de MM. Jacquemier et Bonamy, les artères utérines se continuent avec les veines du même nom dans l'intérieur du placenta, au moyen d'un réseau capillaire très-délié. Il en est de même des vaisseaux ombilicaux.

L'insertion du placenta peut avoir lieu sur tous les points de la cavité utérine; mais c'est particulièrement près de l'orifice de l'une ou de l'autre trompe qu'elle a lieu le plus souvent : il s'insère aussi quelquefois sur le col ; mais, quel que soit le lieu où cette insertion se fasse, elle s'effectue toujours dans le point où l'ovule a été en contact immédiat avec l'utérus, après avoir refoulé la caduque.

Le placenta est souvent le siège d'altérations morbides ; le ramollissement, le squirrhe, le passage à l'état cartilagineux, l'ossification même d'une certaine portion, le développement de kystes de différente nature, sont des accidents qu'on y rencontre assez fréquemment, et qui, lorsqu'ils sont considérables, peuvent nuire au développement du fœtus et en déterminer l'expulsion prématurée.

Les fonctions du placenta sont de concourir à la nutrition et à la respiration du fœtus. I

Dans les cas de grossesse multiple, le nombre des placentas est ordinairement en rapport avec celui des fœtus, et dans ce cas ils sont intimement unis; il est très-rare qu'il n'y ait qu'un seul placenta.

Il est encore bien plus rare de rencontrer deux placentas pour un seul produit. Cependant, tout récemment, deux faits de cette na-

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