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Respiration

D'après quelques auteurs, en très-petit nombre, il est vrai, les phénomènes que je viens de décrire sous le titre de nutrition du fœtus par le système utéro-placentaire constitueraient la respiration fœtale elle-même ; mais, pour le plus grand nombre, la nutrition et la respiration du produit seraient intimement liées, et constitueraient un phénomène complexe déterminé par la circulation utéroplacentaire.

Ainsi donc, la respiration fœtale, telle que nous la comprenons, c'est-à-dire la revivilication du sang fœtal au contact médiat du sang maternel, s'effectue sans le secours des poumons du fœtus, et quoiqu'elle concoure au même résultat, elle est toute différente de celle de l'adulte.

La nécessité de l'accomplissement de cette fonction est prouvée par les accidents graves que détermine chez le fœtus la compression du cordon, qui^, en interrompant la circulation utéro-fœtale, le fait périr asphyxié ; si le cordon n'était destiné qu'à la transmission d'éléments nutritifs, la mort ne serait pas la conséquence immédiate de cette compression. Elle est aussi mise hors de doute par ce qui se passe au moment de la naissance : en effet, le cordon ne cesse de battre que lorsque l'enfant a respiré, parce qu'alors la respiration par les poumons remplace celle qui avait lieu par la circulation utéro-placentaire : c'est dans ce moment que l'accoucheur doit opérer la section du cordon.

De môme, l'enfant peut vivre pendant un certain temps sans respirer, tant que les liens vasculaires qui l'unissent à sa mère ne sont pas interrompus.

Entîn, après que cette section a été opérée, si l'enfant respire bieU;, le sang cesse de couler par le cordon, tandis qu'il coule de nouveau si la respiration s'arrête.

D'après Béclard, pendant toute la durée de la vie intra-utérine, l'eau de Tamnios, pénétrant dans les poumons par les voies aériennes, modifierait le sang du produit. L'opinion émise depuis par M. Geoffroy Saint-Hilaire se rapproche de celle-ci : ce serait encore l'eau de l'amnios qui servirait à modifier le sang ; mais seulement le fœtus, plongé au milieu du liquide amniotique, absorberait par la surface du corps, et au moyen des fentes branchiales qui existent de chaque côté du cou, l'air contenu dans cette eau.

M. Bischoff 1 ne partage pas cette opinion. Suivant lui, l'appareil

* Traité du développement de l'homme et des mammifères. Paris, 1843. In-8.

branchial des animaux n'a aucun rapport avec les fentes qui existent de chaque côté du cou de l'enfant, et qui n'ont reçu le nom de fentes branchiales qu'à cause de leur ressemblance extérieure, et non parce qu'elles présentent la même organisation intime que les branchies. A mon sens, il ne faut voir encore chez l'homme, dans ces fentes branchiales, que la trace de l'accomplissement d'une de ces lois générales qui régissent tous les êtres d'une même classe dans le commencement de leur développement.

Enfin, parmi ceux qui acceptent que cette modification du sang foetal soit opérée par le sang maternel, les uns admettent que la respiration ne commence qu'au moment où le développement du placenta est complet; d'autres pensent que cette fonction s'accomplit dès que l'embryon commence à se développer, et que, dans les premières semaines avant la formation du placenta, l'absorption du gaz vivifiant s'effectue au moyen des villosités du chorion. En résumé, quelque ingénieuses que soient ces hypothèses sur le mode de respiration et sur la forme de l'appareil qui l'accomplit, ce ne sont que des hypothèses.

Il n'en demeure pas moins très-probable que le produit absorbe un gaz vivifiant à toutes les époques de la vie intra-utérine. Voilà ce qu'il importe d'établir.

Cependant le placenta seul ne paraît pas destiné à débarrasser le sang des matériaux impropres à la nutrition dont il s'est chargé pendant son cours : le foie partagerait avec lui ces fonctions, et c'est avec ces éléments que serait constituée la bile.

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