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ÉTAT NERVEUX

On conseilleraauxmalades atteintes de chloro-anémie, l'eau deSpa, l'eau ferrée, préparée avec la boule de Nancy, aux repas, et coupées avec le vin; le sous-carbonate de fer, seul ou uni à la gentiane, au quassia, au gingembre, suivant les cas^, à la dose de 25 à 30 centigrammes répétés deuxfois par jour; un régime substantiel de l'exercice, la campagne, etc.

§ 5. — Etat nerveux.

La chloro anémie engendre et complique assez fréquemment l'état nerveux, et il n'est pastoujours facile d'établir, dans touslescas une démarcation tranchée entre les symptômes et le traitement de ces deux états morbides. Il existe cependant entre eux des différences assez marquées, pour que je doive consacrer quelques lignes spéciales à l'état nerveux.

Les femmes nerveuses se reconnaissent à une irritabilité extrême, qu'un rien, un mouvement, une parole suffisent pour faire éclater. Elles sont promptes k se passionner, à s'attendrir; elles sont en général tristes et moroses. Ce qui les caractérise par-dessus tout, c'est une mobilité extrême dans leurs sentiments et dans leurs sensations, sous l'influence des moindres causes morales ou physiques. A ces dispositions morales se joignent des troubles fonctionnels variés. Tantôt c'est la tête qui est le siège de vertiges, de serrements^ de battements, de lourdeur et de fatigue. Tantôt, c'est la vue, l'ouïe ou l'odorat, dont les sensations sont exaltées, abolies ou perverties. Le tact devient obtus ou nul dans certains organes ; ou bien, au contraire, il y acquiert une susceptibilité exagérée. A ces symptômes s'ajoutent les irrégularités de la puissance musculaire, l'inégale distribution de la chaleur, les troubles de la respiration et de la circulation. Un des phénomènes les plus constants, les plus tenaces, est la dyspepsie : c'est lui qui tient presque tous les autres sous sa dépendance, et qui appelle la plus sérieuse attention dans le traitement *.

Les femmes nerveuses sont, parmi les femmes enceintes, celles qui présentent les troubles fonctionnels les plus intenses, les plus difficiles à surmonter : tels que vomissements, cardialgies, palpitations, aigreurs, troubles, sur lesquels nous reviendrons dans l'article suivant.

Toutes les causes qui appauvrissent le sang, qui épuisent les forces, qui surexcitent le système nerveux, donnent lieu à l'état ner-

^ Voyez l'excellent chapitre du Traité des maladies nerveuses, par M. le docteur Sandras.

veux. L'aclioa de ces divers ordres de causes est d'autant plus puissante qu'elles combinent leurs efforts. Ici viennent se ranger une nourriture insuffisante, un allaitement trop prolongé, les pertes de sang trop considérables et trop répétées, les maladies de longue durée ; puis les affections morales tristes, les excès de veilles, de travail ou de plaisir.

L'éloignement des causes qui ont produit l'état nerveux, une alimentation réparatrice, sans être stimulante, une habitation saine, le séjour à la campagne, les distractions physiques et morales, combattront avec avantage cette disposition fâcheuse. Les bains généraux, tièdes, les antispasmodiques, les narcotiques eux-mêmes, viendront en aide aux agents de l'hygiène si les accidents sont trop pénibles ou menacent d'interrompre la grossesse. La dyspepsie appellera l'attention d'une manière spéciale, ainsi que je l'ai déjà dit. Les bonnes digestions font le bon sang, et le sang est le modérateur des nerfs. Toutes les fois que la chlorose compliquera l'état nerveux, les ferrugineux, les amers^ le quinquina en première ligne, feront, de toute nécessité, partie des moyens thérapeutiques.

ARTICLE IL

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