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DE LA DYSPEPSIE

de ces derniers, lors môme qu'ils sont bien indiqués, dans la crainte de donner lieu à des efforts nuisibles au produit de la conception ? La pratique de Stoll doit apporter quelque restriction à une proscription aussi absolue. Toujours est-il qu'il faudra les éviter autant que possible chez les personnes nerveuses, faibles ou qui ont déjà eu des avorlenients. Les flatuosités qui gênent beaucoup certaines femmes, et sont môme quelquefois très-douloureuses, surtout après les repas, seront combattues par Tinfusion de fleurs de camomille, de petite centaurée, de semence de fenouil, le vin de Malaga, d'Alicante, etc., etc. Quant à la pléthore, j'ai dit plus haut comment on doit la faire cesser. En général, il ne faut nullement s'effrayer de l'anorexie chez les femmes enceintes, lorsqu'elle n'est que passagère, et qu'on ne soupçonne pas un état maladif des organes digestifs; il faut même ne contrarier en rien le goût des malades, et ne pas les contraindre à manger les aliments pour lesquels elles montrent quelque répugnance.

§ 3. — Oes aigreurs.

Des renvois d'un goût acide très-prononcé se manifestent souvent le matin ou après le repas. On les corrigera facilement à l'aide des infusions amères et aromatiques, telles que celles de chicorée sauvage associée à la feuille d'oranger ou à la camomille ; les pastilles de Vichy, la magnésie, réussissent parfaitement dans ce cas. La dose, pour les pastilles, sera de trois ou quatre par jour ; celle de la magnésie variera entre 1 gramme et 4 grammes.

§ 4. — Ujj pîca ou des envies.

Le pica, ou envies, accompagne quelquefois l'anorexie; il consiste en des désirs plus ou moins vifs de manger des aliments ou des choses extraordinaires et même dégoûtantes. On cite maints exemples d'appétits dépravés de cette nature chez les femmes les plus délicates et les plus difficiles en état de santé; ils sont ordinairement de peu de durée, et ne demandent aucun traitement spécial lorsqu'ils ne proviennent pas d'anorexie. Il faut se contenter d'empêcher la femme de manger les objets qui pourraient évidemment lui être nuisibles, et la satisfaire quanta ceux qui contiennent quelques principes nutritifs.

§ 5. — i>e la dyspepsie.

Les digestions lentes et laborieuses, ou la dyspepsie, s'accompa-

gnent presque toujours d'un certain degré de constipation qu'il faut d'abord s'attacher à combattre ; mais si la dyspepsie persistait après qu'on aura détruit la constipation, on prescrira une alimentation de facile digestion, et prise en petite quantité à chaque repas, sauf à multiplier les repas suivant le besoin. La malade usera, du reste, de tous les moyens propres à faciliter la digestion, tels que la promenade au grand air, l'eau de Seltz aux repas, les pastilles de Vichy.

§ 6. — De la cousti|tatîosi.

La constipation, très-fréquente pendant la grossesse, doit être attribuée surtout à la compression que l'utérus, plus ou moins développé, exerce sur le rectum ; elle peut provenir aussi des troubles digestifs dont nous avons parlé plus haut, ou même les occasionner; elle exige qu'on y fasse attention, en ce sens que l'accumulation quelquefois très-considérable des matières fécales dans la partie moyenne du rectum, les efforts d'expulsion qu'elles exigent peuvent exciter la matrice à entrer en contraction, et par suite causer l'avortement. Aussi est-il nécessaire de prévenir la constipation par l'usage des remèdes, ou par un régime délayant suivant les indications. Dans le cas où, les lavements étant insuffisants, il faudrait recourir à un autre moyen, on devrait s'abstenir des purgatifs énergiques : l'huile de ricin à la dose de io à 20 grammes, l'eau de Sedlitz, la limonade gazeuse au citrate de magnésie, un verre ou deux au plus, ou tout autre laxatif doux, seront seuls employés. ^

§ 7. — ne la diarrliée.

La diarrhée se rencontre plus rarement; elle peut provenir tantôt delà sympathie exercée par l'utérus sur les intestins, tantôt d'une irritation légère de ces derniers, quelquefois enfin elle dépend de l'état saburral. Dans le premier cas, les antispasmodiques suffiront pour la dissiper ; dans le second, on emploiera des boissons d'abord adoucissantes, puis l'eau de riz gommée, sucrée avec le sirop de coing ou de grande consoude, et les lavements amidonnés, dans lesquels on ajoutera cinq à six gouttes de laudanum de Sydenham. Le régime de la malade se composera de crème de riz, de potages maigres, et surtout pris en petite quantité. La diarrhée bilieuse cédera aux minoratifs.

§ 8. — Du ittyalisiuc.

Le ptyalisme, ou sécrétion abondante de la salive, s'observe plus

DU PTYALISME. 167

particulièrement dans les premiers temps de la grossesse. Il est ordinairement peu abondant, de peu de durée et ne présente aucune indication particulière. Cependant il peut se prolonger pendant tout le temps de la grossesse, et prendre un caractère vraiment inquiétant.

M. Devilliers fils m'a rapporté une observation de ce genre que M. Danyau avait communiquée à la Société médicale du douzième arrondissement. Une dame eut, à sa première grossesse, un ptyalisme abondant jusqu'au sixième mois. A sa seconde grossesse, cet accident se prolongea jusqu'à l'accouchement, et même quelque temps au delà. Devenue enceinte pour la troisième fois, la salivation s'est encore renouvelée. On évalue à un litre la quantité de salive qu'elle rendait, et dont elle mouillait de trente à quarante mouchoirs par jour. Aucun remède n'a pu arrêter cette sécrétion abondante ; l'eau glacée a paru seule la supprimer une fois, mais en donnant lieu à des étouffementsviolents qui ont contraint à y renoncer.

Doit-ontenter la suppression duptyalisme sympathique de la grossesse ? Baudelocque a dit, dans ses leçons, avoir connu une jeune dame qui eut une salivation abondante à sa première grossesse sans rien perdre de son embonpoint. Bouvartet Baudelocque furent longtemps pressés par la famille pour l'arrêter; ils s'y refusèrent constamment. Le ptyalisme ne cessa qu^à l'époque de l'accouchement. A la seconde grossesse, la salivation se manifesta de nouveau. Bouvart étant mort, on appela un autre médecin et un autre accoucheur, qui arrêtèrent la salivation. Le lendemain, cette dame fut frappée d'apoplexie.

Il convient d'abandonner à la nature un flux de salive qui ne dérangerait pas les digestions, n'affaiblirait pas la malade et ne compromettrait pas son existence.

S'il déterminait des accidents graves, il faudrait chercher à le modérer, pourvu que la chose fût possible sans accident fâcheux. L'iodure de^potassium a réussi à M. le docteur Lemaistre i.

On a recommandé le cumin, le petit cardamome mâché à jeun, les infusions de camomille, de mélisse, de véronique ; la gomme arabique, le sucre candi tenus dans la bouche; des fragments de glace, une faible solution d'alun, d'acétate de plomb ; les purgatifs à petite dose, les sels de quinine, l'extrait de cannelle, l'opium. Je me suis souvent très-bien trouvé de l'usage de noix sèches.

1 25 août 1857.

§ 9. — Be la toux.

La toux, qu'elle soit étrangère à la grossesse ou qu'elle en soit une conséquence, peut avoir sur celle-ci une fâcheuse influence ; les secousses fréquentes qui en résultent pour l'utérus peuvent déterminer l'avortement. Lorsque la toux est la conséquence de l'état pléthorique, la saignée en est le remède ; lorsqu'elle est nerveuse, les narcotiques, et spécialement la belladone, sont indiqués. Si la toux dépend d'une affection pulmonaire, son traitement sera celui de la maladie qui la produit.

M. le docteur Gunning Bedford ^ dit que la toux peut dépendre uniquement du refoulement du diaphragme par l'utérus, dans les derniers mois de la grossesse ; et il invoque, comme preuve de cette assertion, la cessation de cette toux dans le courant du neuvième mois, alors que l'utérus s'affaisse sous son propre poids.

J'ai quelquefois constaté la vérité de cette assertion chez les femmes qui avaient déjà eu des enfants, parce que chez elles cet abaissement de l'utérus a souvent lieu ; mais j'ai vu bien plus souvent, chez les primipares surtout, la toux ne cesser qu'après l'accouchement.

§ 10. — ne la dyspnée.

La dyspnée peut reconnaître pour cause la gêne que le diaphragme, refoulé par l'utérus, fait éprouver aux poumons. Elle ne survient alors qu'à une époque avancée de la grossesse, et ne cesse qu'après l'accouchement. Dans les premiers mois, elle se rattache plus volontiers à la chlorose et à l'état nerveux. Elle peut encore être le résultat d'une congestion pulmonaire ; conséquence elle-même de la pléthore ou de l'albuminurie : cette dernière détermine plutôt l'œdème du poumon. Indiquer les causes de la dyspnée, c'est indiquer son traitement.

§ 11. — 9)es palpitations.

Les palpitations se rencontrent souvent dans la grossesse, sans qu'on soit en droit d'en accuser une lésion organique du cœur. Elles se lient tantôt à la pléthore, tantôt à l'anémie, tantôt enfin à un état nerveux particulier qui nous échappe complètement, et qui ne présente aucune gravité. Le traitement des deux premières espèces est le même que celui des états généraux, dont elles sont le symptôme.

} Page 94 de la traduction anglaise de cet ouvrage, en note. 8^ édition.

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