Anatomie pathologique
A l'autopsie, on ne trouve aucune lésion qui puisse expliquer la nature intime de4a maladie.
Ainsi, quand la femme a succombé quelque temps après le dernier accès, si le raptus n'a pas été considérable, on ne trouve abso-
lument rien. Si elle a succombé pendant l'accès, quand la congestion cérébrale a été énergique, on trouve les méninges injectées, et des épanchements plus ou moins considérables. Mais qui ne verra dans ces lésions la conséquence de l'éclampsie bien plutôt que sa cause première !
Cependant M. Stoltz regarde la congestion cérébrale comme la cause première de l'éclampsie : aussi insiste-t-il sur l'usage des émissions sanguines. Le même conseil est donné aussi par les auteurs qui considèrent l'éclampsie comme une névrose (P. Dubois) ; mais, dans ce cas, la saignée est bien plutôt conseillée pour remédier aux conséquences du raptus du sang vers le cerveau, que dirigée contre la maladie elle-même. Au reste, quelle que soit l'opinion qu'on se forme de la cause prochaine de l'éclampsie, il est évident pour tout le monde qu'elle résulte de la surexcitation nerveuse, que cette surexcitation soit déterminée par la congestion cérébrale, ou par les sympathies utérines. Alors la saignée doit être employée, car elle est aussi un excellent sédatif du système nerveux, en même temps qu'elle prévient les conséquences de l'éclampsie. Son usage est donc avec raison consacré dans le traitement, soit préventif, soit curatif, de cette affection.